Archive for juin 2010

Communiqué. Vote du SEDIF : retour sur une farce.

Voilà, c’est fait, l’action de Veolia en bourse a le sourire. Grâce à André SANTINI et à sa persévérance, ce contrat, qui revêt une importance économique et symbolique majeure n’échappera pas au mastodonte d’origine française. Cocorico !

Nous avons tout connu pendant ces presque deux années. Après une gestion consensuelle du syndicat pendant des années, la gauche n’a jamais voulu s’opposer à la majorité sortante, alors qu’en démocratie, il m’avait semblé que c’était la règle.

Une gauche, ensuite qui a du mal à assumer un positionnement politique et idéologique, alors que la droite ne se pose aucune question quand il s’agit de combattre la régie publique et de se battre férocement pour que Veolia reste attributaire du marché.

Une gauche toujours, qui hier encore a permis à la droite de sortir largement gagnante…

En prônant l’abstention, la gauche dans son ensemble a raté une occasion de se positionner politiquement et s’est ridiculisée. Les arguments avancés par certains élus pour justifier l’abstention, dont une partie s’est abstenue de manière « positive » font sourire. Le principal argument concerne la baisse du prix consentie « généreusement » par Veolia. Rappelons que cette baisse est d’abord et surtout à mettre au profit de ceux qui ont fermement dénoncé les surfacturations abusives de Veolia.

Les avancées dont se gargarisent les uns et les autres sont un juste retour des choses. Les élus de gauche, s’ils avaient été fidèles aux engagements de leurs partis ou collectivités, auraient tous du voter contre, afin de signifier leur opposition à ce système proprement scandaleux qu’est la privatisation de la gestion de l’eau.

Si je regarde les votes sur le périmètre de Plaine Commune, qui s’est à plusieurs reprises prononcée contre la délégation et pour la régie publique (sans marchés), je dois avouer mon étonnement. Sur les huit délégués, seuls trois ont voté contre, et au moins 4 se sont abstenus.

Or, il ne m’a pas semblé que cette position ait été partagée entre les élus représentant Plaine Commune et l’exécutif de Plaine Commune. La seule position possible était dès lors, de voter contre, aucun débat sur une autre position n’ayant pris place.

Veolia pourra se féliciter de l’abstention de la gauche et même de l’abstention « positive » majoritaire de certains élus, et ainsi se prévaloir d’un vote favorable à une très confortable majorité.

Quel vote au SEDIF pour la communauté d'agglomération Plaine Commune ?

Comme beaucoup, je m’interroge. Seule certitude, je ne veux pas revivre le syndrome post 11 décembre 2008. Cet épisode dans lequel le vote à bulletin secret a permis les plus grandes interprétations et les plus grands doutes sur le vote des élus de gauche lorsqu’il a fallu se positionner sur le mode de gestion pour les 12 ans à venir.

En fait, si l’on regarde de manière pragmatique, le vote des élus qui représentent Plaine Commune – auxquelles toutes les villes qui composent la communauté d’agglomération ont délégué leur compétence eau et assainissement – devrait rejoindre la position prise à maintes reprises par cette collectivité, à savoir que l’eau n’est pas une marchandise, et que seule la gestion publique est souhaitable. En découle évidemment que toute délégation de service public sur ce secteur est à proscrire.

Il se trouve que la position de la ville de Saint Denis, épouse parfaitement celle de Plaine Commune, qui a par ailleurs, tout comme la ville adhéré aux porteurs d’eau. Plaine Commune a également adhéré à l’association EAU (Elus Associations Usagers) dont l’un des objectifs clairs et affirmés, partagé par Plaine Commune, est le retour à une gestion publique de l’eau.

Dans ce contexte, tout à chacun mesure bien que toute distorsion entre les engagements de Plaine Commune et le vote des élus représentant Plaine Commune au SEDIF serait mal comprise, voire incompatible avec la politique défendue par l’exécutif.

Aussi, ce 24 juin quelle que soit leur appartenance politique, le vote des élus siégeant au nom de l’intercommunalité devrait traduire un rejet sans ambiguïté de VEOLIA.

Aussi, à mon sens le seul vote possible ce 24 juin est le vote CONTRE Veolia.

Le seul vote qui réaffirme notre totale opposition à ce que les opérateurs privés gèrent la production et la distribution de l’eau. Toute autre position, et à fortiori le vote favorable à ce délégataire privé, serait un mauvais signe pour l’avenir.

A PROPOS DES RESSORTISSANTS FRANCAIS EN DIFFICULTE A L'ETRANGER. LETTRE AU PRESIDENT EN SOUTIEN A SALAH HAMOURI

 

Monsieur le Président de la République

Palais de l’Élysée

Paris

 

 

Monsieur le Président,

 

Vous n’êtes pas sans savoir qu’un ressortissant français est toujours détenu illégalement à l’étranger.

J’ai adhéré à vos propos le jour où vous avez dit que vous iriez chercher tous les ressortissants français en difficulté hors du territoire national.

L’énergie que vous avez dépensée pour trouver une solution aux cas de Florence CASSEZ, Clothilde REISS, ou encore Ingrid BETANCOURT vous honore. Dans un passé pas si éloigné vous receviez encore les proches de Gilad SHALIT pour leur témoigner toute votre amitié et votre soutien.

Je dois tout de même avouer que persiste une ombre au tableau. Vous ne faites strictement rien (ou presque rien ce qui revient au même) pour Salah HAMOURI.

Ce jeune Français de 25 ans attend de vous les mêmes égards que ceux que vous avez eus avec les personnes citées plus haut.

Salah mérite au moins les mêmes efforts, politiques et diplomatiques, seuls garants d’une égalité de traitement de tous les citoyens.

Vous vous dites attaché à l’égalité, ou à l’équité, mot que vous lui préférez. Je vous demande donc de recevoir les parents de Salah HAMOURI, comme vous l’avez fait pour tous les autres avant.

Je vais même vous y aider. Denise HAMOURI sera en France dès le 22 juin. Je suis certain que vous ne manquerez pas cette occasion de lui témoigner toute votre solidarité et vos efforts pour obtenir la libération immédiate de Salah dont vous n’ignorez pas les circonstances pour le moins iniques qui ont entouré son arrestation et son procès.

 

Recevez, Monsieur le Président de tous les Français, mes salutations distinguées.

 

 

Madjid MESSAOUDENE
Conseiller municipal de Saint-Denis

 

UNE PROVOCATION QUI LAISSE NOS DIRIGEANTS DE MARBRE….

L’initiative "saucisson et pinard" prévu ce vendredi 18 juin dans le quartier de la Goutte d’or à forte communauté musulmane notamment, est clairement une provocation.

Les appels à condamner cette manifestation se font attendre. Or, c’est une déclaration de guerre islamophobe que lance une certaine Sylvie François, qui a visiblement du mal à accepter que la France soit diverse et qu’on puisse être français et pas s’appeler Sylvie.

Les apprentis nazillons de Riposte laïque ou du Bloc identitaire se joignent naturellement à ce « saint » rassemblement. Je n’ai toujours pas entendu la condamnation ferme du Ministre de l’Intérieur qui n’a pas tardé à se jeter sur l’affaire du niqab au volant.

La lâcheté de nos dirigeants quand la communauté musulmane est visée, est décidément patente.

Qu’aurait été la réaction des autorités si cette manifestation avait été programmée pour stigmatiser une autre religion que l’islam ? Nos élites l’auraient déjà condamnée et interdite, et c’est tant mieux.

Évidemment, cette manifestation doit être proscrite et ses commanditaires poursuivis pour incitation à la haine.

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TOUS ET TOUTES A CHOISY LE ROI LE 24 JUIN

Nous avons appris hier par courriel du SEDIF que la séance tant attendue du 24 juin, la bien nommée pour ou contre Véolia, n’aura pas lieu comme prévu initialement à la Maison de l’Amérique Latine, mais bien comme d’habitude, à l’usine Edmond Pépin de Choisy Le Roi, site classé Vigipirate.

Outre l’accès difficile de l’usine, contrairement à la centralité de la Maison de l’Amérique Latine à Paris, l’usine ne permet pas au public d’être dans la même enceinte que les élus, et les citoyens sont donc relégués dans un petit espace au rez-de-chaussée, d’où ils peuvent admirer sur un écran les débats, frasques et envolées lyriques de leurs élus.

Il serait fort malvenu de mettre ce changement de lieu, décidé in extremis, sur le compte d’une quelconque frilosité de l’exécutif du SEDIF, ni de mettre cette décision en rapport avec les articles et nombreux commentaires des activistes d’ultragauche mettant en accusation le processus d’appel d’offre liant le SEDIF et son cher délégataire attitré Véolia.

Non, il ne faut y voir que des convenances matérielles, les fauteuils de Choisy-le-Roi sont bien plus confortables.

J’appelle donc tous les citoyens, usagers, élus, attentifs à la gestion de l’eau à se rendre à Choisy Le Roi afin de suivre les débats, à défaut de s’asseoir sur des sofas, et à vivre en direct la décision qui engagera peut-être notre syndicat dans la gestion privée pour 12 ans…….. A rebours de l’Histoire.

SOYONS TOUS DES PORTEURS D'EAU

La Fondation France Libertés à lancé samedi dernier la campagne des porteurs d’eau. Cette campagne est très importante et marque une étape décisive dans le combat contre la marchandisation de l’eau.

Le combat pour une eau 100 % publique, entendre une gestion directe de cette ressource, se heurte non seulement à une résistance des grands groupes privés, mais aussi à celle d’ élus, toutes tendances confondues, qui pour des raisons que je m’efforce d’ignorer, s’opposent à une réappropriation publique et sociale de ce bien commun de l’Humanité.

C’est le bon sens que de dire que l’eau doit être gérée sans qu’aucun bénéfice ne puisse être fait sur sa gestion, et la seule solution passe par une gestion 100 % publique.

Je me félicite que la ville de Saint Denis, dont je suis l’un des représentants élus, ait adhéré à cette campagne.

En devenant porteurs d’eau, nous devenons des acteurs réels pour le retour en régie de ce droit essentiel.

JEAN LUC MANO PROMU PORTE PAROLE DU CRIF ET DU 1 ER MINISTRE ISRAELIEN

Quand on met les infos et qu’apparaît le très bien portant jean Luc MANO, on tend l’oreille. Et on n’est pas déçu.
Parlant de la flottille attaquée par Tsahal, il dit, en vrac : "ils n’avaient rien d’humanitaires", "ils se sont saisis d’armes blanches, ce qui montre qu’ils sont violents", "la Hamas est à la manœuvre".

Mais il y a mieux : "Israël se bat pour sa survie", "C’est le seul pays qui lutte pour sa survie, entouré de pays qui veulent sa mort" "il se défend, voilà tout".

On croirait entendre Mark REGEV, Ygal PALMOR, ou l’autre guerrier débile Avi PAZNER. Chapeau Jean Luc, reste à savoir comment ils te remercieront……

Je te cache pas Jean Luc que l’envie de t’invectiver est super forte et encore présente au moment où je tapote sur mon clavier.

Retour de Bil’in, village palestinien balafré par le mur de la honte

Voici la tribune publiée dans l’Humanité de ce jour. En ligne également sur le site de l’Huma.

Comment obliger Israël à cesser la colonisation et à quitter la Palestine occupée ?

« L’injustice ». Aux côtés d’« humiliation », « rage », « dégoût » – et de tant d’autres –, il est peut-être le mot qui qualifie le mieux le sort que réservent les gouvernements israéliens successifs au peuple palestinien depuis plus de soixante ans. La situation que vivent les Palestiniens à cinq heures de vol de Paris détonne avec les images véhiculées par les médias français ou dans les discours tenus par l’immense majorité de notre personnel politique.

Je me suis récemment rendu – avec d’autres – à Bil’in afin de représenter la ville de Saint-Denis (93) pour la 5e Conférence internationale pour la paix et la résistance non violente. Bil’in est un petit village de Cisjordanie, situé à 12 kilomètres à l’ouest de Ramallah, qui a perdu 60 % de ses terres quand le mur de la honte est venu poser ses valises en plein milieu de la bourgade.

Le mur, qui balafre le village en deux, est symptomatique de la politique menée par les gouvernants installés à Tel-Aviv. Le mur de l’apartheid, les colonies, les expulsions, les arrachages d’oliviers, les humiliations aux checkpoints sont autant de preuves à charge contre Israël qui ont fini par me convaincre d’une chose  : Israël ne veut pas la paix. Et pourquoi la voudrait-il  ? Puisque la « seule démocratie du Moyen-Orient » peut en toute impunité continuer de mener sa politique raciste et colonialiste  ?

Un Palestinien de Ramallah ne pourra pas se rendre à Jérusalem annexée, où les pèlerins de toutes confessions déambulent dans les rues étroites de la ville et donnent cette étrange impression d’une ville apaisée, où vivraient en harmonie toutes les communautés. Or, ce tourisme religieux à ceci de pervers qu’il s’interdit de voir la réalité de l’occupation en face. On visite donc Jérusalem comme on visite le Vatican, ou Paris et Notre-Dame… Choquant  !

On ne compte plus les drapeaux israéliens qui flottent sur de nombreuses voitures. J’y vois un nationalisme exacerbé tout autant que le sentiment, plus ou moins profond chez nombre d’Israéliens, que la destruction de l’État d’Israël est un objectif pour tous ceux qui soutiennent les Palestiniens dans leur lutte légitime. Comme si la critique d’Israël, salutaire au regard des violations répétées du droit international, était forcément dictée par un antisémitisme savamment relooké…

Les rencontres sur place furent riches et les discussions, surtout avec les plus jeunes, très instructives. Je dois tout de même avouer que règne un pessimisme inquiétant. Certains semblent avoir « accepté » l’occupation comme un fait définitif, non par pure résignation mais comme un corrélat de l’isolement dont est victime ce peuple. L’absence de courage politique des « puissances » de ce monde est vue par les Palestiniens comme une carte blanche à Israël, un permis de coloniser, de détruire maisons et oliviers, de détruire la vie. De nombreux pays s’achètent une « conscience » en participant au financement d’équipements publics, de routes… Autant d’investissements que l’armée israélienne s’arrogera le droit de détruire quand bon lui semblera  ? Ce postulat étant établi – je rappelle que je pars du principe qu’Israël ne veut pas la paix –, Israël doit dès lors tout faire pour empêcher un quelconque accord de voir le jour. Quoi de mieux que de développer les colonies, d’accélérer la judaïsation de Jérusalem, ou encore d’exproprier des familles arabes  ? Quoi de mieux  ? Rien  ! C’est en effet le meilleur moyen d’empêcher les Palestiniens de vivre.

Des Palestiniens souvent contraints, pour beaucoup, d’occuper les emplois les plus pénibles et les moins rémunérés. À la pénibilité des métiers s’ajoute la discrimination salariale. À travail et compétence égaux, un Palestinien gagnera moins. Ils sont par ailleurs souvent contraints de travailler dans les colonies qui ont pour objectif de priver les Palestiniens de terres, souvent fertiles, mais aussi d’empêcher toute perspective d’un État viable avec une vraie continuité territoriale. Je ne peux qu’encourager ceux qui sont attachés aux droits élémentaires et à la justice à se rendre sur place et à constater combien Israël doit « payer » pour ses crimes. L’impunité, l’insolente impunité dont jouit cet État, devient bien plus insupportable lorsqu’on est allé sur place.

Comment donc obliger Israël à quitter la Palestine occupée  ? Les produits issus des colonies sont au cœur de la campagne BDS (boycott, désinvestissement, sanctions). Cette campagne doit encore grandir et permettre de mettre Israël au ban des nations. Le président Abbas vient également d’appeler officiellement à boycotter ces produits. Est-ce que cela suffira  ? Probablement pas. La lâcheté de ce qu’on appelle « la communauté internationale » nous invite à réfléchir à une alternative sérieuse aux réprimandes verbales inopérantes et interprétées par les plus droitiers des Israéliens comme une autorisation spéciale leur permettant de poursuivre leur entreprise de colonisation, destruction, humiliation, désolation.

Le gouvernement israélien vient de montrer une nouvelle fois son vrai visage, fait de violence et de haine.

On l’a vu à Gaza, et on l’a encore vu avec la flotille pacifique victime d’un assaut sanglant.

Au moins dix personnes ont péri sous les balles israéliennes. Dix personnes qui ne voulaient qu’une chose, aider les gazaouis à survivre.