Archive for décembre 2012

Harlem Desir perd son calme : on continue

On a beau rappeler au PS, et ce, toutes les semaines, qu’il n’est pas à la hauteur des exigences populaires, ce dernier continue de se convaincre que les actions menées depuis l’accession de Hollande à la fonction suprême vont permettre de relever la tête.

On comprend bien la gêne que ressent le PS : après avoir tant promis, il n’est pas facile d’assumer d’avoir déjà tant déçu.

Personnellement, je ne suis pas déçu car je n’avais pas d’attentes au regard de ce gouvernement. En déjeunant avec un ami hier, je lui disais que les promesses du candidat n’avaient déjà rien d’exaltant, c’est dire…

Le PS espérait que le Front de gauche, qui avec ses 4 millions de voix a permis – hélas ?- l’accession de Hollande au pouvoir, se taise, se couche, écoute, applaudisse, acquiesce.  Bref se range tel un toutou auprès de son maître.

Harlem Desir pousse son honnêteté à l’extrême puisqu’il met le Front de gauche et la droite dans le même sac sans préciser pourquoi les parlementaires du Front de gauche ne souhaitaient pas voter des textes qui allaient à l’encontre de leurs convictions.

Sauf que le Front de gauche, ce n’est pas que les élus et les dirigeants, mais c’est surtout les centaines de milliers de militants, et tous d’origine incontrôlable.

Du coup, la colère que suscitent les mesures prises par le PS, et les nombreux renoncements sont forcément traduits sur le terrain par une vraie colère de ces militants, surtout chez ceux qui ont voté Hollande au second tour.

Le PCF vient de rappeler dans une vidéo, que j’ai d’ailleurs postée hier, que ce gouvernement est celui du renoncement, et ce, images à l’appui.

Preuve que le PCF a visé juste, Harlem Desir, qui met très longtemps à dégainer quand il s’agit de Palestine ou d’islamophobie, s’est fendu d’un communiqué pour dire en gros que le PCF faisait le jeu de la droite et que le Front de gauche devrait aider le gouvernement à réussir.

Cher Harlem, c’est justement ce qu’on fait, vous rappeler à vos engagements, vous énumérer vos renoncements. Vous signifier vos errements.

il faut que le PS assume l’impéritie patente de ce gouvernement qu’aucune opération de com’ que ce soit à Rungis ou aux restos du coeur, ne pourra masquer.

Quand le PC carbonise Hollande

Juste parce-que c’est super bon


2013, rallumons les étoiles par CN-PCF

Lettre ouverte à Charb (RIP Charlie Hebdo)

Cher Charb,

Je vais te tutoyer, comme à chaque fois que je l’ai fait à la Fête de l’Huma.

Charlie Hebdo a jusque longtemps été une référence politique. Je me marrais avec Maurice et Patapon, les dessins de Luz, et les chroniques économiques de Bernard Maris qui était aussi l’un de mes profs à Paris 8, enfin un peu de contre-pensée.

J’ai décroché au fur et à mesure, grâce à Philippe Val qui de position de merde en position de merde, a tué la crédibilité de ce canard. Le soutien de Val à l’intervention de l’OTAN au Kosovo étant évidemment l’épisode le plus gerbant -Charlie devenant un sous-traitant de l’OTAN – avec le lynchage de Siné.

J’ai donc résilié mon abonnement et me suis sevré avec d’autres publications, restées, elles, à gauche.

Cette lettre, cher Charb, pour te dire qu’en tant que directeur de Charlie, tu n’as pas évité les écueils que naguère tu reprochais à ton ex-patron, ledit Philippe Val.

Le départ de Val devait ouvrir une nouvelle période, on devait pouvoir retrouver la pertinence, le ton et la singularité de Charlie Hebdo, un hebdo donc, mais de gauche, vraiment, sans concessions.

C’était sans compter sur ton nouveau poste de chef. Tu ne devais plus te contenter de dessiner, écrire.. Il te fallait gérer, et gérer c’est vendre.

Tout ça pour dire que j’ai vraiment pas pu accrocher de nouveau au journal. L’avenir allait me donner raison.

En tant que mécréant assumé, mais respectueux de toutes les religions tant que celles-ci restent à leur place, j’ai été profondément choqué par la dernière une islamophobe que tu as décidé de publier.

La France connait une islamophobie d’une violence jamais atteinte. Tout le monde tombe sur les musulmans : médias, élus, partis politiques… Et personne, à part les musulmans eux-mêmes ne prend leur défense.

Ceci n’est imaginable pour aucune autre communauté.

Ce que je veux te dire, c’est qu’un journal de gauche aurait du cracher sur cette campagne de haine contre les musulmans, au lieu de l’encourager comme tu l’as fait.

Un journal de gauche aurait du dire que les musulmans ne sont pas un danger pour la République, mais sont aussi la République.

Un journal de gauche aurait du dénoncer les passerelles honteuses entre l’UMP et le FN, et leur haine de l’étranger.

Un journal de gauche aurait ouvert ses colonnes pour que les citoyens musulmans puissent exprmer leur dégoût envers cette campagne de dénigrement systématique.

Tiens, rêvons, Charlie aurait aussi pu donner sa chance à un chroniqueur de quartier, tu l’as bien fait avec un médecin ! Tu as fait appel à un médecin people pour assurer des chroniques de société, parce-qu’un médecin urgentiste connu, ça fait un peu comme si George Clooney avait rejoint la rédac de Charlie, et ça peut plaire à la ménagère.

Un journal de gauche aurait condamné sans attendre les nombreux amalgames et les Unes honteuses des médias du Parti de la Presse et de l’Argent.

Plus récemment, Siné a gagné son procès contre le lynchage dont il a été victime.

Et là encore, tu démontres que ton canard n’a plus rien de drôle.

La Une illustrant Siné, malade, alors qu’il l’est vraiment et gravement est juste à vomir.

Ton journal, parce-que c’est ton jouet, n’est plus que méchanceté et aigreur, pour le plus grand bonheur de tes lecteurs de « gauche » qui pensent que quand même la France a changé, qu’on n’est plus chez nous, que l’islam fait peur…. Et qu’on peut rire de tout, et en l’occurrence avec n’importe qui.

Charlie Hebdo n’est plus un journal de gauche.

RIP Charlie Hebdo. Mes condoléances.

Tu comprendras que je ne te salue pas. Je lève jamais le bras.

Interdire les coupures d’énergie : voilà une mesure de gauche

Ce n’est pas un scoop mais c’est peut-être moins connu du grand public. Si t’as pas de thunes, on te coupe ton accès à l’énergie, à savoir au gaz et à l’électricité.

Depuis 2000, le prix du gaz a pratiquement doublé. Concernant l’électricité, elle a augmenté de 5% entre 2009 et 2011 et de 6% entre 2010 et 2011. De janvier à juin 2012, le prix de l’électricité a augmenté d’au moins 2,9%.

On sait déjà que la facture d’énergie augmentera de 50% d’ici 2020.

L’augmentation de 3 centimes d’euro du smic horaire ne va hélas rien changer…

Au même titre que l’eau, l’énergie est vitale. On en a besoin pour se chauffer, se nourrir…

Aussi, à ce titre, l’énergie devrait être un droit dont nul ne saurait être privé.

Il y a un an déjà, j’écrivais ceci suite à la mort d’une personne dont on avait coupé l’accès à l’énergie.

On se souvient tous de Jeff Duval, cet agent EDF mis à pied pour avoir refusé de plonger une famille dans le noir.

Dans la ville dont je suis élu, plusieurs personnes sont décédées après avoir utilisé des bougies, faute d’électricité. Un réseau anti-coupures avait vu le jour avec la participation d’agents EDF-GDF qui rétablissaient l’énergie aux foyers signalés.

Des maires, tous communistes, ont pris des arrêtés anti-coupures d’énergie, systématiquement attaqué par l’Etat. L’un d’eux, à Champigny-sur-Marne a été validé.

Un gouvernement de gauche digne de ce nom ne se contenterait pas d’une trêve hivernale.

La précarité tue 12 mois sur 12.

Hollande se fait rappeler à l’ordre par ses propres députés

LOL est le mot qui vient à l’esprit si on nous demande ce qu’on pense de la cohérence de l’action gouvernementale.

Chaque semaine, nous avons droit à un nouvel épisode de la crise que traversent le Président, le gouvernement, ainsi que les parlementaires socialistes.

Le dernier épisode en date est celui de Mittal, duquel Montebourg sort sur les genoux.

On a dans la foulée appris que le SMIC n’allait pas augmenter plus que l’inflation.

Ce matin, Bartolone, pour se rassurer qu’il était de gauche, regardait ce qu’avaient le PSOE (le PS social libéral espagnol) et le PASOK (son homologue grec).

Le gouvernement a réussi l’exploit suivant : se faire tacler régulièrement au Sénat. Dernier tacle en date, samedi dernier avec l’aide de Sénateurs EELV, pour rejeter le cadeau de 20 milliards d’euros aux entreprises.

Le Front de gauche s’est heureusement opposé au texte, et ce gouvernement apparaît de plus en plus comme ce qu’il est : incapable.

C’est tellement vrai qu’une quinzaine de députés viennent d’appeler Hollande à « changer de cap' ».

Des députés socialistes, qui demandent à Hollande d’être de gauche, c’est juste énorme.

On a finalement raison, au Front de gauche, de ne pas participer à cette mascarade qui a fait perdre au PS le peu de crédibilité qui lui restait.

Des bungalows pour les mal-logés : les bidonvilles de demain

Le gouvernement fait comme tous les gouvernements, il noie le poisson pour éviter de prendre des décisions.

Clémenceau disait : « quand je veux enterrer un dossier, je crée une commission ».

On peut aisément remplacer commission par « conférence »,  »assises »…

Le tout est d’enfumer le public et les médias en donnant l’impression de se démener afin de trouver de vraies solutions à de non moins vrais problèmes.

Mais ce petit manège finit par se voir surtout quand les protagonistes de ces grand messes lâchent de vrais missiles.

Aussi, Jean-Paul Delevoye président du CESE a laissé s’échapper de sa bouche un truc qu’on pourrait qualifier d’énormité si ce type était le dernier des demeurés.

Le plus inquiétant, c’est qu’il était super sérieux et que PERSONNE n’a contredit ses propos au sein du gouvernement.

Donc, j’y viens. Il a proposé en marge de la conférence sur la pauvreté, la création -pour parer à l’urgence du manque de logements- d’édifier des villages de bungalows pour les mal-logés.

Oui, moi aussi j’ai arrêté de respirer. Le gars propose ni plus ni moins des sous-logements, à des mal-logés.

Le type propose ni plus ni moins d’ostraciser les mal-logés, en les parquant entre eux.

Ce mec donc, propose ni plus ni moins, avec le silence complice du gouvernement, d’ajouter à la ségrégation sociale dont sont victimes les mal-logés, la ségrégation spatiale.

Car, ne rêvons pas, ces bungalows ne seront pas situés en plein coeur des villes, mais plutôt loin, genre super loin, là où même les transports ne vont pas.

Ces bungalows perdureront, et seront les bidonvilles de demain.

Que ce gouvernement ne permette pas à tous et toutes d’être bien logés, décemment dans de vrais logements, avec monsieur et madame tout le monde, montre bien qu’il a bel et bien renoncé à changer la société.

Législatives partielles : chronique d’une déculottée annoncée

Dimanche 9 décembre se jouaient trois législatives partielles, dont la plus médiatique était celle des Hauts-de-Seine où Devedjian devait à tout prix sauver sa peau.

Dans deux de ces circonscriptions, la droite était sortante. Dans l’Hérault, la candidate socialiste remettait son fauteuil en jeu, avec le FN en embuscade.

Le contexte. Nous avons un Président socialiste élu par défaut, afin de chasser Sarkozy du pouvoir. Ce Président, à défaut de nommer un gouvernement de gauche, constitue un gouvernement avec Jean-Marc Ayrault.

En six mois, nous suivons les aventures pitoyables d’un gouvernement déjà à la dérive : PSA, Florange, TVA sociale, Roms, Droit de vote des étrangers…

La liste des occasions manquées est longue, au moins autant que les couleuvres qu’avalent à tour de bras les ministres EELV.

A droite, on connait le topo. Ils se battent comme des chiffonniers pour avoir la place du calife et le blé qui va avec. Mais ils affichent une forte unité et une inébranlable cohésion quand il s’agit de taper sur le PS.

Ils n’ont pas réussi à se mettre d’accord partout pour le faire. Dans le 94, face au candidat du PS, on avait un candidat UMP et un UDI.

Ce qui signifie que le PS, dans cette circonscription a réussi le tour de force suivant : ressusciter   la droite et faire émerger l’UDI.

La droite arrive en tête partout.

Dans l’Hérault, le PS risque de perdre un siège, là encore c’est logique, la candidate paie l’impéritie gouvernementale. Dans le 94, le candidat socialiste est éliminé au 1er tour, oui au 1er tour.

Non, là franchement, rien à dire. Du grand art.

Le rejet du PS était évident, et tous ceux qui ont conscience de s’être faits volés leur victoire ne sont pas allés voter. Au final la droite est confortée.

Qui peut les blâmer ?

Je note que les Ministres étaient persona non grata dans ces élections. Tu m’étonnes !

Mon camarade Filoche a écrit : « quand on est élu à gauche, il faut faire une politique de gauche, pas « au milieu » car alors c’est la droite qui gagne ».

Le souci, c’est qu’ils n’ont même pas été élus sur un programme de gauche.

Alors oui, une autre majorité est possible !

La maladie et la pauvreté : un business pour l’image

Qui n’a jamais vu une pub du type : « achetez ce produit et 1 euro sera reversé pour combattre la famine en Afrique ».

Ces boites, en faisant cela ont deux objectifs : faire grimper les ventes à moindre frais et se doter d’une image « sociale ».

Que l’eau en Afrique soit moins polluée, ou que les enfants de tel ou tel pays aient une école est le dernier de leur souci, c’est juste du business, du marketing.

Le social, les ONG sont censés le gérer, encore en lieu et place des Etats.

En ce moment, on est en plein Téléthon. Déjà 26 ans que ces maladies rares privent des milliers de personnes d’une vie dite normale.

Dans un pays développé, où la démocratie fonctionnerait, on ne laisserait pas ces malades tenter de récolter de quoi les soigner.

Dans un pays développé, 5 ème puissance économique mondiale, on ne laisserait pas le charity business jouer le rôle de la puissance publique.

Bordel, on parle de santé ! Le 25 ème Téléthon avait récolté près de 90 millions de promesses de dons.

Concrètement, les associations qui récoltent cet argent font de leur mieux.

Mais c’est surtout le reflet du désengagement massif de l’État qui pousse ces associations à se tourner vers les citoyens pour qu’ils cotisent finalement deux fois : une fois via la Sécu, et l’autre sous forme de don direct.

Pour mieux faire passer cette pilule, on fait appel à des people, souvent sur le retour.

Des élus aussi se donnent bonne conscience et participent à cette mascarade annuelle.

Gagnant – gagnant : l’audience monte et ces pseudo artistes et les élus voient leur cote de sympathie grimper.

Notre société est malade, les Restaurants du cœur sont aussi là pour en témoigner.

Qu’une association ait besoin de nourrir une partie de la France montre bel et bien que combattre la précarité n’a jamais vraiment été la priorité des gouvernements.

Je n’entretiendrai jamais ce show médiatico-politique. Les personnes censées être aidées méritent mieux que cette charité larmoyante, ils ont besoin qu’on les prenne enfin en considération parmi la population pas à côté, pas en marge.

Quand l’État décidera de gérer lui même ce qui ne sont que de véritables scandales : maladies, mal-logement, faim….. On aura fait un pas vers la civilisation.

 

 

 

 

 

France : les prisons de la honte

On pensait que tout avait été écrit sur le sujet.

On pensait l’Etat avait pris de conscience de ce que les conditions de détention dans les prisons, sans cesses dénoncées par les détenus, les familles, les associations, ne pouvaient plus rester en état.

Régulièrement, l’Observatoire international des prisons publie communiqués, guides et rapports afin de faire changer cet état de fait.

« La prison doit changer, la prison va changer »  disait le livre co-écrit par le Docteur Vasseur.

Aujourd’hui, la prison des Beaumettes à Marseille est de nouveau tristement sous les feux de l’actualité.

Tristement parce que déjà en 2011, L’Etat avait été condamné pour conditions de détention indigne pour cette même prison des Beaumettes.

Les clichés et ce témoignage sont tout bonnement insupportables, une honte pour la France qui aime s’ériger en pays défenseur des Droits de l’Homme.

Des mesures doivent être prises immédiatement, ces détenus ne doivent pas passer une nuit de plus dans ces taudis insalubres au risque de signifier que ces hommes ne sont pas des être humains

Privés de liberté, ils sont déjà considérés comme des citoyens de seconde zone.

A se demander en effet si Liberté Egalité et Fraternité sont des devises qui s’appliquent aux personnes incarcérées, souvent issues des milieux populaires.

Chalghoumi : Canal + se fout de notre gueule

On ne cesse de se poiler devant l’inénarrable Hassan Chalghoumi, l’imam de Drancy, qui, je le rappelle autant que faire se peut, a le niveau de français d’un enfant qui rentre en maternelle.

Donc, tout a été dit ou presque à propos de l’imposture que constitue Chalghoumi pour les musulmans de France.

Ces derniers, dans leur immense majorité, n’ont pas forcément envie que leur porte-parole ait un accent « live from le bled », sans oublier que cet imam, et c’est bien le problème aussi, est estampillé « certifié par le Crif ».

Les médias sont fans de Chalghoumi, parce qu’il n’a pas seulement le niveau de français d’un enfant de deux ans, il en a aussi le QI.

Du coup, on peut se foutre de sa gueule, sans même qu’il le remarque une fois rentré chez lui.

Ce cirque répond à la vague d’islamophobie actuelle en France. Faire passer les musulmans pour de potentiels ennemis de la République va de pair avec le fait de les présenter comme mal éduqués, analphabètes, bref, complètement désintégrés.

Voici l’un des passages du Grand Journal hier, et franchement, on se marre, mais ce type est une honte, une mascarade vivante, ou pluôt vivonte comme il diri loui.

Après ça, on nous demandera de crier Vive la République.