Archive for avril 2013

Grand concours #MurDesCons

Oyez Oyez braves gens  !

Après la tempête dans un verre d’eau causée par les photos du local du Syndicat de la Magistrature, il est temps de montrer notre soutien ferme et non négociable.

Mais comment me direz-vous ?!

En réalisant vous aussi un mur des cons, avec des vrais cons, composés de vrais morceaux de con.

Tous seront publiés et envoyés à Christiane Taubira, à l’UMP et au Syndicat incriminé.

Envoyez vos merveilles à madjid(arobase)madjid.fr

Au boulot !

Le Parti de Gauche et l’islam : chronique d’une haine ordinaire ?

Aux lecteurs et lectrices : je suis élu Front de gauche, même si ça se voit pas tout de suite. Je me suis demandé si je devais dénoncer des postures et des pratiques que je condamne, y compris quand elles émanent de mon propre camp. Je me suis posé la question 15 secondes. 

Le billet se compose en deux parties, parce-que le sujet est inépuisable, alors take your time.

Dans un précédent billet – je sais ça fait genre le mec qui écrit – je suis revenu sur le silence complice de nombreux responsables et militants du Front de gauche sur l’islamophobie larvée qui mine notre beau pays.

Je disais qu’il fallait débattre. Ne pas le faire c’est prendre le risque de céder – encore –  aux raccourcis chers à la droite, à l’extrême droite, mais aussi à une partie de la « gauche ».

Dernier épisode de la série « l’islamophobie primaire » :  la sortie du conseiller de Paris (PG) Alexis Corbières qui dénonce la construction de salles de prières dans le futur agrandissement de l’Institut des Cultures d’Islam, en plein quartier de la Goutte d’Or à Paris.

Un projet soutenu et financé par la ville de Paris.

Qui peut nier qu’un tel institut permet déjà de dévoiler au grand public la richesse culturelle de l’islam et plus largement des pays où cette religion est pratiquée ?

Qui peut nier qu’un tel équipement permet déjà d’ouvrir davantage ce quartier de la capitale au este de Paris et même au-delà ? Moi, banlieusard jure y être déjà allé plusieurs fois.

L’élu en question va pourtant déraper, en prenant la question du financement et la loi de 1905 comme prétextes.

Il combat ce projet en rejetant le financement des salles de prière par la ville. Or, si la ville va en effet construire ces salles, qui seront donc des locaux nus une fois achevés, il est prévu que celles-ci soient revendues, justement, aux fidèles qui en assureront la gestion.

Ainsi, ils seront les interlocuteurs privilégiés des pouvoirs publics. Plutôt une avancée.

Au final donc, la ville n’aura financé aucun culte puisqu’elle récupérera les deniers publics investis.

L’élu enfonce le clou en refusant que les lieux cultuels soient dans la même enceinte que les futurs lieux culturels. Ma première réaction était : « mais qu’est-ce que ça peut te f*** ? « .

Puis, je me suis dit qu’il avait raison. Imaginons en effet qu’un musulman transmette sa foi à un-e impie en serrant la main ou en claquant la bise ?!

Je suis transi d’effroi à cette simple pensée.

En effet, pourquoi pas des dialogues entre croyants et non-croyants ou pire des rencontres entre les différentes religions ?

Non, l’entre soi est une valeur bien plus progressiste et porteuse d’avenir.

A quoi bon vouloir s’ouvrir aux autres, à plus forte raison quand l’autre est musulman ?

Au final, cet élu s’oppose à ce que les musulmans aient – enfin – des lieux de culte décents pour justement mettre fin aux prières dans les locaux indignes et dans la rue dont les tous les musulmans, d’apparence ou non, sont les premières victimes.

Ces prises de position ne sont pas dignes d’un élu de gauche, qui ne sait plus comment manifester sa haine des religions et particulièrement de l’islam.

Un islam bien côté sur le marché du buzz, à condition qu’on tape dessus et ça, lui comme les autres, l’a bien compris.

En tenant ces propos, Alexis Corbière s’est fait malgré lui l’allié objectif de la droite et de l’extrême droite, comme des fascistes tendance Riposte Laïque.

J’y vois du rejet, j’y décèle de la haine, j’y trouve du mépris.

Voici comment Alexis Corbière concluait déjà son intervention au conseil de Paris du 12 juillet 2012 : « Le respect de la laïcité nous concerne tous. Il est un des enjeux majeurs du 21e siècle à Paris comme dans le reste du Monde ». 

Moi, benoîtement je ne pensais pas que c’était du même niveau que la spéculation financière, la pauvreté, le chômage et qu’à Paris les vrai problèmes, c’est la spéculation immobilière, le manque de logements sociaux….

Le 22 avril dernier, il a voté contre le projet de la ville. Il faut qu’il assume jusqu’au bout, ce vote lourd de significations.

Je vais maintenant vous faire une confidence, étant donné qu’on est seuls ici : mon article cité en début de billet a aussi été écrit en réaction à un communiqué du Parti de Gauche qui condamnait, tout comme Manuel Valls et Marine Le Pen, la décision de la Cour de Cassation dans l’affaire Babyloup.

Je continue donc de croire que beaucoup de responsables politiques et de pseudos intellectuels brandissent l’étendard de la laïcité pour dissimuler une haine de l’islam non assumée et donc, honteuse.

La laïcité est alors bien pratique, une sorte d’alibi pour éviter de se voire taxer de racisme anti-musulman.

On laisse subtilement entendre dans le discours ambiant bien relayé par les médias, que la cohésion nationale est menacée par l’islam et que les demandes de la communauté musulmane seraient à ce point exponentielles et dérogatoires du droit commun qu’elles seraient en passe de briser le pacte républicain.

De fait, montrer du doigt une et une seule communauté en raison de sa seule appartenance religieuse, c’est du racisme.

Je dis une seule, parce-qu’à gauche de la gauche – j’attends plus rien du PS depuis que je sais compter – peu de voix se font entendre quand d’autres religions font le siège de la République.

Aussi, personne ou presque n’a trouvé à redire sur les nombreuses prières de rue que l’on doit subir pendant le débat sur le mariage homo.

Le 21 avril dernier encore, place des Invalides au cœur de Paris, des centaines de catholiques intégristes ont pu prier contre le mariage pour tous et pour l’homophobie, avec la bénédiction de la police républicaine du ministre socialiste Manuel Valls.

Quand les catholiques prient, sur l »espace public, la République le tolère, voire l’encourage par un étrange silence, le tout relevé d’un soupçon de complicité.

Imaginez un instant que des musulmans se soient mis à prier au même endroit….

Je n’ose même pas imaginer le déferlement médiatique et raciste auquel on aurait eu droit. Tous les médias se seraient mis en mode pain au chocolat.

Le souci réside bel et bien dans le traitement différencié réservé à l’islam. C’est un peu la religion des pestiférés, de ceux qu’on montre du doigt pour mieux les châtier, les exclure.

Aussi, a force de marginaliser les musulmans, ils sont irrémédiablement poussés vers une radicalisation pourtant pourfendue par les ultralaïcards.  Ensuite, les UMP et FN n’auront qu’à se baisser pour ramasser le gros lot.

Avec la complicité active d’une partie de la gauche et de prétendus « camarades », qui ne se précipitent pas lorsque d’autres religions que l’islam prennent véritablement possession, elles, de l’espace public.

;tg

Les enfants musulmans, juifs, sikhs…. indésirables dans les cantines de Bondy

En ces temps d’islamophobie triomphante, la laïcité vient renforcer l’arsenal répressif déjà important, visant à éliminer l’islam du paysage français. L’islam principalement.

Après les mamans voilées dans les crèches privées et dans les sorties scolaires, on s’attaque aux enfants de confessions musulmane, juive, bouddhiste….

La ville de Bondy, ville socialiste, dont la députée n’est autre qu’Elisabeth Guigou, a décidé d’écarter ces enfants de la restauration scolaire.

La directrice de l’école Jules Ferry a en effet précisé aux parents que « chaque enfant sera servi en viande », et ce conformément au règlement intérieur et au règlement municipal.

En d’autre termes, la ville et l’Education nationale imposent que chaque élève soit servi en viande, quelle qu’elle soit.

Jusque là, on se dit que ça fonctionne presque bien.

Le hic est que ce même mot aux parents précise que les enfants « sont tenus de manger leur viande ».

Pourquoi pas gaver de force les gamins ? On imagine la scène, avec les responsables de la pause méridienne, un pistolet sur la tempe des gamins et un entonnoir pour s’assurer que pas un morceau de viande ne manque dans l’estomac.

Le plus choquant reste à venir : si des parents ont des raisons confessionnelles de refuser que leurs enfants mangent de la viande, alors l’école « n’accepter[a] pas cette situation ».

Donc, si on résume, la ville et l’Etat se mettent d’accord pour contrevenir aux pratiques religieuses des enfants.

Si on résume, on menace ces enfants de ne plus être acceptés dans les réfectoires.

Si on résume, c’est viande et rien d’autre !  Pas de poisson, aucune alternative.

Si on résume, être juif, musulman ou autre – manger casher, halal ou être végétarien par conviction –  dans les cantines de Bondy est un facteur aggravant qui ouvre la voie à une discrimination d’Etat.

Outre que la pause méridienne permet la socialisation des enfants, elle garantit aussi un repas équilibré au moins dans la journée. Ce qui n’est pas du luxe dans les quartiers populaires.

Refuser à ces enfants ce droit à une alimentation équilibrée au prétexte de leur foi, est une forme de racisme.

Elle donnera raison aux parents qui ne jurent que par l’enseignement privé.

La ville de Bondy et l’Education nationale font le jeu de l’école privée, de la droite et du FN en jetant en pâture comme c’est le cas ici, des dizaines de familles, stigmatisées en raison de leur appartenance religieuse.

La laïcité brandie comme étendard pour mieux taper sur les religions et sur l’islam en particulier.

Ces enfants sont accueillis normalement dans 99.9 % des cantines de France.

Là où ça ne fonctionne pas, c’est qu’on ne veut pas de ces enfants là.

Note aux parents : dites que vos enfants sont végétariens, et même si un végétarien ne mange pas de poisson, la directrice n’y verra que du feu vu sa petitesse d’esprit. Et puis c’est pas comme si on servait du poisson le vendredi hein…

La propagande du CRIF ne connait aucune limite

On savait que Hassan Chalghoumi, imam ô combien connu pour ses nombreux spectacles comiques, était un soutien sans faille du CRIF et de l’Etat d’Israël.

Mais Richard Prasquier ne s’arrête jamais en si bon chemin. Après des musulmans de France aux ordres, il lui fallait aussi des musulmans arabes israéliens, histoire de démontrer qu’en Israël, tout va bien pour les palestiniens, qu’ils soient ou non israéliens.

Tous les jours, là bas, un peu comme dans les bisounours, on se fait des bisous, on s’aime, on est des frères à base de Salam et Shalom.

Pour produire sa nouvelle émission Prasquier et Chalghoumi ont cette fois fait venir une délégation d’imams israéliens. Selon le CRIF, « des imams heureux dans un état à majorité juive ». A tous les coups ils ont parlé des obstructions caractérisées et systématiques à l’encontre des palestiniens qui souhaitent aller prier à Jérusalem…

Problème : quels que soient les moyens déployés pour tenter de nous convaincre du caractère irréprochable de l’Etat d’Israël, rien n’y fera.

En effet, Prasquier ne pourra jamais faire oublier que les 20 % d’arabes israéliens sont discriminés à l’intérieur d’Israël.

Richard Prasquier prétend par ailleurs que le problème n’est pas religieux mais ne cesse de vouloir pacser des imams et des rabbins au nom de la paix dans le monde.

Sur son site, le CRIF nous précise également que « tous les membres de la délégation israélienne ont parlé de la localité dont ils étaient originaires, et de la parfaite liberté de culte dont bénéficient les citoyens musulmans du pays ».

Déjà, on rigole encore un peu et ensuite on se demande s’ils sont allés jusqu’à préciser qu’avant l’arrivée des juifs en 1948, ces villages étaient des villages arabes…

Jusqu’à évoquer la Nakba ou comment en 1948 des familles entières ont été chassées de leur terres.

On pourrait en dire beaucoup plus.

Il faut juste ne jamais oublier qu’on trouvera toujours des responsables politiques et religieux pour cautionner l’inacceptable, en l’occurrence, l’occupation israélienne en Palestine.

C’est comme les abrutis qui ici, en France, depuis leur canapé, font le jeu du CRIF en mettant eux aussi la question de la Palestine, sur un plan religieux.

Ce faisant, en ne traitant la question que sous cet angle, et en parlant « des juifs » et des « musulmans », ces personnes se font les alliés objectifs de l’occupant.

 

 

Opposé à la stigmatisation des musulmans, je ne signerai pas la pétition contre l’islamophobie

Vous avez pu lire, ou pas, le texte que j’ai adressé à mes camarades du Front de gauche pour dénoncer justement le climat nauséabond qui règne dans le pays et les attaques incessantes dont font l’objet les musulmans. Texte qui m’a d’ailleurs valu quelques remontrances de certains de mes « camarades », mais c’est le jeu.

Pourtant, je ne signerai pas la pétition contre l’islamophobie.

D’abord parce que ceux qui ont lancé la pétition demandent une commission sur un phénomène maintes fois avéré et confirmé par plusieurs rapports et études. Tout le monde sait par ailleurs que ce genre de commission est surtout connu pour ne jamais aboutir. « Si vous voulez enterrer un problème, nommez une commission », disait Clemenceau.

Ensuite, j’ai un réel souci avec certains de ses initiateurs. Il se trouve très simplement que je n’ai pas envie de retrouver mon nom aux côtés de signataires homophobes.

En effet certains des signataires et instigateurs de ce texte ont délibérément lié homosexualité, pédophilie et inceste pendant le débat portant sur le mariage pour tous. A travers une tribune, relayée sur plusieurs supports, ils se sont livrés à une vaste entreprise publique de stigmatisation à l’encontre des homosexuels.

Or, comment exiger l’arrêt d’une forme d’ostracisme quand dans le même temps on en favorise une autre ?

Comment ne pas se dire que ce genre de procédés décrédibilise une démarche salutaire visant à faire très justement condamner des pratiques discriminatoires ?

Comment ne pas imaginer qu’on puisse renvoyer ces personnes à leurs propres contradictions ?

I have a dream.

J’aurais aimé qu’en plein débat sur le « mariage pour tous », alors que les homosexuels étaient stigmatisés parce qu’homosexuels et différents, que des musulmans prennent leur défense en faisant l’apologie, justement, de la différence.

Au lieu de cela, Frigide Barjot, égérie d’extrême droite, islamophobe notoire (visiblement, elle déteste les Gays bien plus que les Musulmans ! ) et intégriste catholique, à été invitée au dernier Salon des Musulmans du Bourget organisé par l’UOIF. Une tribune exceptionnelle et inespérée d’où elle a pu vomir sa haine des homosexuels aux côtes de la frange la plus réactionnaire de la communauté musulmane.

Oui, l’extrême droite catholique et les musulmans ultra conservateurs convergent sur bien des points. C’est regrettable quand on sait la haine que porte l’extrême droite aux musulmans, quels qu’ils soient.

Je ne signerai donc pas aux côtés de celles et ceux qui pensent que la lutte contre les discriminations pourrait souffrir d’exceptions. J’ai toujours soutenu les luttes contre les discriminations quelles qu’elles soient : sans-papiers, roms, homosexuels, musulmans, etc…. Elles sont, selon moi, indissociables.

La lutte pour l’égalité des droits impose l’universalité. L’égalité ne se discute pas.

Enfin, à celles et ceux qui ne manqueront pas de me dire que je mélange tout je réponds ceci : oui, je mélange tout, tous, et toutes.