Archive for mai 2013

Les musulmans, éternels coupables

Mérah, Londres, La Défense, Toulouse, Montauban… Point commun ? Les musulmans.

Quand une personne dite de confession musulmane commet un acte répréhensible soi-disant au nom de l’islam, alors tous les musulmans deviennent co-responsables de cet acte.

Même moi, qui n’a de musulman que l’apparence – merci Nicolas Sarkozy- je suis enrôlé de force, pris dans cette spirale anti-musulmane.

Y’a quand même au moins deux trucs qui clochent.

D’abord, toute personne censée devrait se dire que quelqu’un qui agresse ou tue une ou plusieurs personnes cesse de fait d’appartenir à la communauté des croyants. Et ce, musulman ou pas.

Que de fait, cet individu entre à pieds joints dans la communauté des malades mentaux, des déséquilibrés  et que ces gens là ne sont pas plus croyants ou pratiquants que Nabilla est intelligente.

Ensuite, le traitement de la chose musulmane dans ce pays a quand même de quoi surprendre. Dès qu’un musulman ou quelqu’un présenté comme tel fait une connerie, tout le monde se met en branle pour exiger que tous les musulmans de France et de Navarre s’excusent séance tenante et se désolidarisent du ou des fautifs.

Quand des prêtres ou des évêques sont reconnus coupables d’attouchements sur des enfants, je n’ai pas le souvenir qu’on demande à tous les chrétiens de présenter des excuses officielles et d’endosser une part de responsabilité.

Il en est de même pour les juifs, ce traitement de faveur étant réservé aux seuls musulmans.

C’est surtout révélateur d’un état d’esprit : demander aux musulmans de condamner des actes violents revient à penser que cette religion est intrinsèquement destinée à reproduire la violence à travers des croyants potentiellement dangereux pour la société.

Du coup, ça n’aura pour seul effet que de ressouder les plus extrémistes chez ceux qui se proclament musulmans, et ça fera les beaux jours du Parisien et de BFMTV.

Et si ça c’est pas du racisme….

 

Lettre ouverte de chercheurs dionysiens à Mathieu Hanotin

Je reproduis ci-dessous une lettre ouverte envoyée à Mathieu Hanotin, député de Saint-Denis, bien qu’ayant été élu dans des conditions plus que discutables…

Je ne sais pas s’il aura le temps de la lire, étant donné que contrairement à ses engagements, il continue de cumuler son mandat de parlementaire avec celui de Vice-président du Conseil général du 9-3, et les indemnités qui vont avec soit 9857 euros au total. Bonne journée.

 

Saint-Denis, le 13 mai 2013.

Monsieur le Deputé, Mathieu Hanotin,
Le 22 Mai prochain, vous devrez vous prononcer, selon la procédure du temps législatif programmé, sur le projet de loi relatif à l’enseignement supérieur et à la recherche (ESR). Loin de constituer une rupture avec la politique dictée depuis 10 ans par la Commission Européenne sous le nom de Stratégie de Lisbonne, ce texte plébisicite cette politique et la poursuit jusqu’à l’absurde. Parmi la kyrielle de points alarmants, nous citerons :

L’effet contre-productif de la nouvelle mission « transfert ». Le Code de la recherche publique serait modifié, assignant à celle-ci un objectif supplémentaire : « le transfert des résultats de la recherche vers le monde socio-économique ». A l’heure où le budget de notre ministère est en baisse, cette nouvelle mission ne pourra se faire qu’au détriment des autres, en particulier de la formation de nos étudiants. Elle a déjà été encouragée par les gouvernements précédents et s’est révélée contre-productive : incitées à sous-traiter leur recherche aux laboratoires publics, les entreprises ferment leurs centres de recherche. Dégraissage dans la recherche privée, gel des postes dans la recherche publique, quel étudiant de Master se risquera à entamer une thèse avec une telle perspective ? Les lois LRU et Pacte de la Recherche ont provoqué une explosion de la précarité dans nos métiers ; ce sera l’explosion de la crise des vocations si cette nouvelle loi est votée.
La précarisation de l’emploi scientifique. On compte aujourd’hui 50.000 précaires dans l’ESR. Cette situation est inacceptable d’un point de vue personnel pour les précaires, et elle l’est aussi pour notre mission de création et de transmission du savoir : comment la remplir dans la durée, faute de personnel permanent ? C’est d’une loi de programmation dont nous avons besoin pour résorber la précarité et donner un signal fort à nos jeunes que les débouchés existent dans nos métiers. Le projet de loi actuel est de ce point de vue totalement hors sujet.

La paupérisation de l’ESR. La loi de 2007 sur l’autonomie des universités conduit un nombre croissant d’entre elles au bord de la faillite, obligeant légalement le rectorat à les mettre sous tutelle, soit exactement l’effet inverse de celui annoncé. Au lieu de prendre acte qu’une université n’est pas une entreprise devant gérer des capitaux, le projet de loi ne modifie en rien ce qui provoque ces naufrages. Le budget des organismes de recherche baisse cette année de 16%. Même en restant dans le cadre de l’austérité budgétaire exigée par la Commission europénne, d’autres choix sont possibles mais le gouvernement les dissimule : le ministère de l’ESR n’a en effet pas la main sur les 22 milliards des Investissements d’Avenir, gérés par un Commissariat autonome, ni sur les 5 milliards du Crédit Impôt Recherche, gérés par le ministère des Finances. L’utilisation de ces fonds, décidée par le gouvernement précédent, devrait faire partie du débat parlementaire actuel sur l’ESR, mais il n’en est rien. Autre forme de hors sujet.
La capolarisation de l’ESR. La prétendue excellence prônée par le précédent gouvernement sort renforcée de ce projet. Ainsi, les nouvelles structures au fonctionnement non démocratique telles que les IDEX ou les Fondations de Coopération Scientifique sont perennisées. Les universités sont sommées de se regrouper dans des mégastructures dont le fonctionnement pyramidal et flou dilue la démocratie et instaure une compétition entre personnes et zones géographiques. Ce n’est pas dans ce contexte que peut s’épanouir la créativité scientifique.
Monsieur le Député, c’est en tant qu’enseignant-e-s-chercheur-se-s ou chercheur-se-s dionysien-ne-s que nous vous interpellons. Pour toutes les raisons que nous venons d’évoquer, nous vous demandons de rejeter ce projet de loi et d’exiger de votre gouvernement un projet radicalement différent.
Comptant sur votre soutien,

 

Séverine Chauvel, Docteure en sociologie, ENS-EHESS

Paula Cossart, Maitre de Conférence à l’Université de Lille 3, membre de l’Institut Universitaire de France

Saskia Cousin, Maitresse de conférence à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne,  membre de l’Institut Universitaire de France

Sibylle Gollac, Chargée de recherches au CNRS

Stéphanie Guyon, Maitresse de Conférence, Université d’Amiens

Jean Krivine, Chargé de recherches au CNRS

Audrey Mariette, Maitresse de Conférence, Université de Paris 8

Julie Pagis, Chargée de recherches au CNRS

Etienne Penissat, Chargé de recherches au CNRS

Abdia Touahria-Gaillard, Doctorante, EHESS-ENS-CNRS

Énième dérapage tweet-contrôlé à l’UMP

La crise politique majeure que nous traversons actuellement semble donner des ailes à certains de nos élus.

Alors que beaucoup débattent pour savoir si l’UMP est ou non un parti républicain, un député UMP a décidé de répondre à sa façon, et se fendant d’un tweet que ne renierait pas le plus modéré des néonazis.

Alors que ce qui était censé être une fête en l’honneur du PSG s’est transformé en « casse party », Jean-Sébastien Vialatte, député du très progressiste département du Var a eu ces mots en direction des prétendus casseurs : « Les casseurs sont sûrement des descendants d’esclaves ils ont des excuses #Taubira va leur donner des compensations ». Charmant.

Il dit tout haut ce que beaucoup de gens à l’UMP ruminent à longueur de temps, à savoir que les arabes et les noirs sont génétiquement programmés pour foutre la merde et casser. Le basané, français ou étranger serait la lie de la Nation. Du FN dans le texte.

Le problème, c’est que l’on n’est pas au premier dérapage, et que celui-ci vient compléter la série tristement célèbre des dérapages racistes volontaires commandités à l’UMP.

Le souci est qu’aucune condamnation n’est venue de la part des responsables politiques de droite (logique) comme de gauche (logique ?).

La moindre des choses est de condamner ces propos nauséabonds et de voir si des poursuites sont possibles.

A moins qu’on ne soit que deux dans le pays à considérer qu’avoir un député néonazi qui se fait passer pour républicain est un problème.

Car ces propos incitent clairement à la haine de l’autre et posent tout aussi clairement la question de l’infériorité des ethnies entre elles.

Les excuses du député n’y changeront rien. Il a tenu ces propos avant de s’excuser face à l’indignation suscitée sur les réseaux sociaux. Contraint et forcé.

Comme élu de la Nation, il doit rendre des comptes, y compris aux descendants d’esclaves, qui sont français tout autant que lui, et l’on comprend que c’est bien ça qui le dérange.

 

Le cumul des mandats ou l’art de brasser du vent

MAJ du 13 mai 2013.

Le Sénateur Jacques Mézard, Sénateur PRG de son état propose la chose suivante : interdire le cumul des indemnités. Il ajoute, sans se plier en quatre que les citoyens ne sont pas opposés au cumul des mandats et que si des parlementaires veulent travailler davantage, qu’ils puissent le faire….. Du Sarko dans le texte.

Oui, je sais le titre est un peu provocateur, mais finalement, pas exagéré.

Je n’en peux plus de voir cet affligeant spectacle de nos hommes et femmes politiques qui donnent des leçons de morale et d’austérité au peuple tout en occupant plusieurs fonctions électives et les indemnités qui vont avec.

Je ne supporte plus d’entendre parler de renouvellement de la classe politique par celles et ceux qui précisément, par ce cumul des mandats, font tout pour l’empêcher. A commencer par François Rebsamen, Sénateur Maire cumulard de Dijon, et Président du groupe PS au Sénat.

On a donc, dans notre belle France, des êtres dotés de capacités physiques et mentales supérieures à la normale.

Figurez-vous que beaucoup parviennent à être Députés, Maires, Présidents d’agglomération, tout ça avec des semaines de 7 jours.

J’aimerais qu’on m’explique, car je suis candide voyez-vous, comment un élu fait pour assumer correctement son mandat de parlementaire et son mandat de maire, quand il n’y pas d’autres jetons de présence….

Comment ne pas penser que l’un se fait forcément au détriment de l’autre ?

On me rétorquera que pour le maire il y a les adjoints. Certes, mais le maire a été élu pour être présent pas pour passer la moitié de son temps voire plus, ailleurs que sur le terrain. Ou alors on supprime le maire et on n’élit que des adjoints.

On me rétorquera aussi volontiers que des parlementaires continuent de travailler. Certes mais rarement plus d’une journée et demi par semaine. Par ailleurs, un travail n’occasionne par un flux ininterrompu de réunions forcément chronophages.

Aussi, ces élus cumulent par avidité de pouvoir, mais aussi par cupidité.

Même si la loi plafonne les indemnités au delà d’une certaines somme, les élus qui cumulent le mandat de parlementaire et un exécutif local atteignent facilement les 9857 euros mensuels.

Comment ne pas avoir une pensée émue pour le député de ma circonscription Mathieu Hanotin.

Ce brave homme avait promis qu’en cas d’élection à l’Assemblée nationale, il démissionnerait de son mandat de vice-président du conseil général du 9-3.

Las, il s’est rendu compte que la Seine-Saint-Denis ne pouvait pas se passer de lui, et a décidé de garder sa fonction, qu’on appelle aussi portefeuille.

Montant total de l’opération : 9857 euros mensuels. Mes félicitations.

Bien sûr, vous en trouverez aussi à droite et même au Front de gauche.

Ce cumul pose plusieurs problèmes.

Un problème éthique, dans le sens où plusieurs mandats exécutifs ne peuvent être menés correctement par un être humain. Cette incapacité à mener plusieurs mandats de front se fait au détriment de la population que l’élu trompe alors sciemment.

Elle pose aussi un problème démocratique majeur. A l’heure où la classe politique française n’est qu’à l’image de ses élites, cette volonté de cumuler s’apparente clairement à un refus de voir de nouvelles personnalités émerger, des personnalités notamment issues des quartiers.

Celles et ceux qui cumulent sciemment responsabilités et indemnités devraient donc se faire discrets et éviter de la ramener sur leurs blogs ou plateaux télé, et de nous saouler avec leur prétendue proximité.

Moi, si j’étais eux, je démissionnerais.

Mais pour ça, il faut du courage, et le courage, c’est la seule chose qu’ils ne cumulent pas.