Archive for octobre 2013

Municipales : ne pas distinguer Paris de la banlieue

A lire la presse et les déclarations des uns et des autres, on a l’impression qu’il y a Paris, et le reste du monde. Le PCF parisien et le Front de gauche.

Bref, que ce qui se joue aux portes de Paris n’a aucune espèce d’importance et que seul compte le sort de Paris et du nombre d’élus communistes parisiens.

Evidemment, ceci est inacceptable autant qu’ incompréhensible.

Ce traitement différencié de Paris et de la proche banlieue à l’occasion des municipales ne peut que rappeler le mépris avec lequel Paris à longtemps traité cette banlieue et ces quartiers populaires.

Les camarades parisiens du Front de gauche et plus particulièrement le PCF et son secrétaire national Pierre Laurent sont bien placés pour savoir ce qui se joue par-delà le périphérique.

La mise en scène de la directions nationale du PCF par reportages interposés, dans lesquels les socialistes sont prêts à toutes les courbettes, a quelque chose d’indécent.

Quand le Parisien titre sur les propos de Pierre Laurent : « A Paris les socialistes nous entendent », j’ai envie de lui dire que le plus important serait qu’ils les écoutent.

Car enfin, il n’est pas possible de taire à ce point des divergences qui ne sont pas que nationales.

En effet comment ignorer la stratégie d’éradication totale des communistes orchestrée par Bartolone et Le Roux ? Comment ignorer l’agressivité et les moyens dépensés contre les communistes alors que le Parti socialiste permet par sa stratégie un enracinement plus important de la droite en Seine-Saint-Denis ?

Comment accepter ensuite que le PCF semble signer un chèque en blanc à l’équipe Hidalgo, en se contentant de vagues promesses sur le logement social ?

Comment concevoir que le nombre d’élus, qui sont aussi des grands électeurs, passe avant l’avenir de milliers de citoyens de Seine-Saint-Denis ?

Comment faire croire que le Parti socialiste est tellement vertueux à Paris qu’il ferait oublier sa politique désastreuse au gouvernement, politique soutenue par l’équipe d’Anne Hidalgo ?

Symboliquement, comment concevoir une alliance avec un parti qui ne présente aucune tête de liste dite « issue de la diversité », soit pire que ce que fait l’équipe de NKM ?

Le Parti socialiste a besoin du PCF pour espérer arriver en tête au premier tour.

Vous remarquerez le peu d’empressement du PS a faire rentrer EELV dans le rang, les écologistes ayant décidé de présenter une liste au premier tour.

Perdre Paris serait évidemment une catastrophe pour la rue de Solférino.

Comment accepter que le PCF fasse alliance sans broncher avec les socialistes à Paris quand à quelques mètres de là, une véritable guerre est déclarée au même Front de gauche, et donc, au PCF ?

Que dire des déclarations de Mahieu Hanotin sur les communistes ? Que dire sur la machine de guerre socialiste ? 

Il est possible de choisir entre la solidarité du Front de gauche et de ses dirigeants envers ses militants et élus où qu’ils soient et l’union à tout prix, pour quelques postes de plus et un peu plus de pouvoir, comme on peut le lire ici ou là.

Les militants vont voter. La consigne de vote de Pierre Laurent ressemble bel et bien, elle, à une pression, toute amicale qu’elle soit.

Il est encore temps de changer la donne, de démontrer que le PCF parisien n’est pas un supplétif du PS, pour ma part, je n’en doute pas un instant.

Il est temps de démontrer à cette occasion que le Front de gauche est un point d’appui pour les luttes à venir, pour résister, pour faire de la politique autrement.

Dans d’autres villes, les camarades ont eu le courage de faire ce choix, au vu des politiques menées au niveau national, mais aussi des stratégies des socialistes au niveau local.

La politique est affaire de rapports de force. Chiche

 

 

 

Leonarda, 15 ans, raflée et expulsée par le Parti socialiste

Depuis l’expulsion de cette jeune collégienne du Doubs, que les médias préfèrent présenter comme Rom Kosovar pour mieux justifier son expulsion, c’est le bal des faux-culs.

Tout d’abord, je tiens à saluer la vigilance constante du Réseau Education Sans Frontières sans qui cette affaire n’aurait été qu’une expulsion de plus, dans l’indifférence générale.

Dans l’affaire de Leonarda, nous avons sans aucun doute franchi une étape dans l’immonde.

Cette collégienne était scolarisée depuis 4 ans, et c’est pendant une sortie scolaire que le Préfet a intimé au professeur de faire arrêter le bus afin de procéder à l’interpellation de la jeune fille. Son crime ? Etre sans-papiers, Rom, et Kosovar : 3 délits majeurs en République socialiste.

De quoi parle-t-on ? D’un Préfet, représentant de l’Etat, qui procède à une arrestation d’un autre temps, à des fins statistiques permettant de flatter les plus bas instincts des plus racistes de nos concitoyens.

Face à cela, les réactions des dirigeants socialistes sont ahurissantes : à commencer par celle de David Assouline, qui demande « que les responsabilités soient clairement établies ».

Du coup, on va l’aider : les responsables sont le Parti Socialiste, son ministre de l’Intérieur et sa politique ultra-xénophobe.

Alors qu’une jeune femme a été expulsée manu militari, ce haut responsable essaie de nous faire oublier qu’ils sont au pouvoir et que jamais, je dis bien jamais, les expulsions n’ont été aussi nombreuses.

D’autres réactions méritent aussi le détour, comme celle de Stéphane Delpeyrat qui affirme ne pas pouvoir rester dans un parti qui bafoue autant les droits les plus élémentaires.

On lui explique que ça ne date pas d’hier et que feindre l’indignation est tout bonnement insupportable ?

Tous y vont de leur couplet humaniste, comme Razzy Hammadi qui nous explique qu’il « y avait de la place pour l’interprétation de la loi ».

Le problème Razzy Hammadi, c’est la loi, toute la loi.

Je vous passe les Laurence Rossignol, Sandrine Mazetier et autres, qui continueront de soutenir la politique de ce gouvernement malgré ce couac, après avoir versé quelques larmes de crocodile.

Manuel Valls, lui, est franc. Par cette expulsion il dit « veiller scrupuleusement au respect des droits des étrangers ».

Le droit d’un étranger se résume donc à être traqué et expulsé. Bel aveu.

Je ne suis même pas sûr que Sarkozy, Guéant ou Hortefeux aient osé traquer la collégienne de la sorte.

Finalement, ce qui dérange certains socialistes, n’est pas tant que cette collégienne ait été expulsée, ni que ses parents, frères et sœurs, aient été expulsés 48 h avant.

Ce qui les dérange, c’est que les médias en aient fait état.

Le PCF a rencontré le CRIF : une grave faute politique

On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui.

C’est la première réaction que j’ai eu quand j’ai appris que la direction du PCF avait rencontré le CRIF pour « renouer le dialogue ».

Un dialogue rompu, mais pourquoi ?

Le CRIF est depuis très longtemps le bras politique du gouvernement israélien en France.

Il est aussi le fidèle relais de la propagande israélienne, et participe à l’entreprise de délégitimation massive des palestiniens.

Ce groupuscule, très droitier, a toujours justifié les crimes commis par l’armée israélienne contre les civils palestiniens.

Je vais pendant un instant tenter de comprendre pourquoi le PCF a pu avoir envie de discuter avec le CRIF, vous voyez que je ne suis pas borné.

D’abord, Richard Prasquier et Roger Cukierman, respectivement ancien et actuel présidents du CRIF, ont par ailleurs toujours eu des propos apaisants envers les musulmans. Florilège.

Richard Prasquier, lui, soucieux de ne pas attiser la haine et de ne pas monter les communautés les unes contre les autres, a tenu ces propos emprunts d’amour : « l’islam radical est le nouveau nazisme ». Amen.

Roger Cukierman quant à lui, rend hommage aux femmes musulmanes : « il faut que les femmes juives et chrétiennes, autrement dit non musulmanes, fassent beaucoup d’enfants, sans quoi la France sera envahie par ces gens-là dont la natalité actuelle est un danger pour « l’environnement politique et social dans lequel nous vivons ». Le lien du discours a depuis été retiré du site du CRIF.

Si avec ça juifs et musulmans ne se font pas des bisous, c’est à n’y rien comprendre.

Je vous passe les propos de Cukierman – déjà président du CRIF à l’époque –  là encore pleins d’empathie lors de l’arrivée du FN au second tour en 2002. Il analysait ce résultat comme « un message aux musulmans leur indiquant de se tenir tranquilles »

Et puis, vraiment, je vois pas pourquoi on ne discuterait pas avec des gens pour qui toute remise en cause de la politique israélienne vaut de se voir affubler de la sympathique étiquette « ennemi des juifs et d’Israël ».

Je ne vois pas non plus pourquoi Pierre Laurent, que j’ai pourtant croisé à Jerusalem en juin dernier, ne discuterait pas avec quelqu’un qui accusait récemment encore le PCF de faire le jeu de l’antisémitisme en participant notamment aux actions de boycott des produits issus des colonies juives de Palestine.

Après tout, il est cohérent pour le PCF de faire campagne pour la libération de Marwan Barghouti, d’avoir participé à faire libérer Salah Hamouri, quand le CRIF continue de les considérer tous les deux comme des terroristes.

Vous voyez, aucune raison de ne pas discuter avec eux, c’est pas comme si le CRIF ne représentait qu’une poignée d’extrémistes juifs en France.

 

 

 

Pourquoi le PS s’attaque aux villes communistes

Ces dernières semaines, les médias ont porté à notre connaissance les nombreuses candidatures socialistes face à des maires sortants communistes.

La plus médiatique est celle de Mathieu Hanotin qui se présente contre Didier Paillard à Saint-Denis, mais il y a aussi des candidatures à La Courneuve, Villetaneuse, et même à Dieppe.

Tout ça après le sketch d’Harlem Desir sur la nécessaire unité à gauche à la Rochelle, sketch repris par Eduardo Rihan-Cipel, porte-parole des mensonges socialistes.

Cette entreprise de destruction massive a deux têtes : Bruno Le Roux et Claude Bartolone.

L’un est devenu patron du groupe socialiste à l’Assemblée après avoir offert la ville d’Epinay-sur-Seine à la droite. Il a annoncé aujourd’hui qu’il se présentait à Saint-Ouen. Patron du groupe PS à l’Assemblée ne l’occupait pas assez.

L’autre est connu pour avoir obtenu la tête des communistes dans le 93 et pour avoir acquis une modeste demeure estimée à 2 millions d’euros. Les présentations étant faites, allons sur le fond.

Si l’on regarde de plus près les villes gérées par le PS sur le 93, force est de constater que ces villes n’ont de populaire que le nom. Le mètre carré explose, le taux de logement social stagne, et est souvent l’héritage des mandats précédents dont certains maires étaient communistes….. Plus globalement, les politiques sociales ne sont plus prioritaires, ces édiles ayant fait le choix d’accueillir massivement une autre population, moins immigrée, plus jeune, et surtout plus aisée, permettant ainsi d’effectuer un nettoyage social qui ne dit pas son nom.

Un nettoyage social dont se vantent également les maires de droite qui dans certaines villes mènent peu ou prou les mêmes politiques.

Les villes populaires sont le fruit de brassages ethniques et culturels. Des mélanges qui sont autant de richesses. Alors quand Mathieu Hanotin se plaint « de ne pouvoir manger que chinois ou kebab rue de la République », je me dis qu’on ne doit pas avoir la même connaissance de la population, ni la même estime, encore moins la même connaissance de ce territoire et de cette ville. De sa bouche ne sort que mépris.

Les premiers à faire les frais de l’élection de Mathieu Hanotin seraient les plus faibles. Mathieu Hanotin, vice-président du conseil général, a augmenté les tarifs de la cantine pour les collégiens, et supprimé le remboursement de la carte imagine’r.

C’est insupportable quand on connait les difficultés de milliers de famille, des difficultés dont se fiche éperdument ce dionysien de très fraîche date.

S’il était maire, quid des centres de santé ? Quid des politiques tarifaires ambitieuses et garantes de l’accès de toutes et tous aux services publics ? Il mènerait la même politique antisociale s’il était élu maire, une politique contre les couches populaires, qu’il ne côtoie à Saint-Denis que depuis peu de temps, et qu’il s’acharnera à faire partir plus loin, en 2 ème couronne et plus loin encore. Plus loin aussi car le prix du foncier ne sera plus maîtrisé, il laissera l’immobilier s’envoler afin d’empêcher les plus modestes de pouvoir louer ou acheter.

Saint-Denis aurait droit à une cure d’austérité généralisée à l’image de celle que Mathieu Hanotin soutient en accordant sa confiance au gouvernement, un gouvernement qui emmène la France dans le mur.

Alors on comprend mieux pourquoi le PS ne va pas tenter de conquérir des bastions de droite : parce le PS tout comme la droite, mène une politique de classe, pour la bourgeoisie comme diraient certains.

Pour finir, le plus drôle est quand même qu’en étant député et vice-président du CG 93 Mathieu Hanotin trouve du temps pour faire campagne pour un 3 ème mandat. Quel homme !

Il donne tellement d’importance à son mandat qu’il a écopé d’une amende de plus de 5000 euros pour absentéisme chronique à l’Assemblée.

Il méprise les dionysiens au point de leur refuser un maire à plein temps.

Navrant.