Archive for février 2014

La réserve parlementaire de Mathieu Hanotin sert-elle à financer sa campagne ?

Je pose la question. Mathieu Hanotin est député de Saint-Denis, Pierrefitte et Villetaneuse.

Je précise pour Pierrefitte et Villetaneuse, car il y met rarement les pieds. Sûrement un problème de GPS.

Mathieu Hanotin n’est pas vraiment un banlieusard. Il n’est pas vraiment de Saint-Denis. Il a émigré ici comme l’a fait avant lui Christophe Colomb, qui lui était allé à la découverte de l’Amérique. De là à dire qu’il réserve un mauvais sort aux habitants de Saint-Denis comme Colomb aux indiens…

Mathieu Hanotin fait partie de l’aile gauche du parti socialiste. Mais, il n’est pas vraiment de gauche. Il a voté le recul de l’âge de la retraite, l’ANI (Accord National Interprofessionnel)  le traité européen, les cadeaux aux patrons. Mathieu Hanotin doit être gymnaste pour est aussi souple. Mathieu Hanotin n’a aucun ancrage local, pas de militants locaux, du coup, il en importe de tout le département et de Paris, sous l’œil bienveillant du responsable de la lutte anticommuniste du department de la Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone 1er.

Pour devenir maire de Saint-Denis, Mathieu Hanotin a besoin de pognon.

C’est là qu’intervient la réserve parlementaire. 130 000 euros que les députés utilisent comme bon leur semble. Mathieu Hanotin a financé notamment une association sportive à hauteur de 30000 euros. Son président Hervé Borie, est 3ème sur la liste. Sûrement un hasard. Il finance aussi l’association des étudiants algériens de France, dont le président se démène comme un lion pour faire gagner son bienfaiteur (cf photo ci-dessous). Là encore, toute ressemblance avec un heureux hasard est fortuite. tahar

Il finance également l’UNEF à hauteur de 10000 euros…Une association dans laquelle il a longtemps milité et donc certains militants feraient campagne pour lui sur la ville.

Toutes les associations qu’il a financées sont sur Saint-Denis, soit 0 euro pour Pierrefitte, 0 euro pour Villetaneuse, tout sur la ville qu’il convoite. Les habitants des communes concernées apprécieront.

Ces financements ont-il un rapport avec les renforts venus de ces associations pour soutenir Mathieu Hanotin sur le terrain ? Je pose la question.

Non une liste menée par un français « dit d’origine » n’est pas forcément une liste communautaire

A l’approche des municipales tous les coups sont permis.

On assiste à tous les scénarios possibles.

Le plus répandu étant ce qu’on appelle les listes indépendantes, autonomes. Entendre autonomes par rapport aux organisations politiques classiques existantes. Le but étant de s’appuyer sur les citoyens et le réseau associatif, en appuyant sur le fait de ne jamais se classer ni à droite ni à gauche. C’est le cas de Émergence, et de la liste Nous Sommes Bondy.

Je dis que c’est le plus répandu, car des fois, t’as des trucs où le ridicule le dispute à la crédibilité.

Je résiste pas à l’envie de vous narrer une histoire. Ce sera pas long.

Bobigny, Seine-Saint-Denis. Je connais assez bien, je vis à côté. Depuis des années, cette ville est la cible de la droite, qui à déjà ravi Drancy au PCF en 2001. Bobigny étant aussi gérée par le PCF, la droite départementale veut finir le boulot.

Pour ça, ils envoient au charbon des jeunes, chargés de faire passer les élus de Bobigny pour de parfaits autistes, qui plus est hostiles aux jeunes des quartiers, traduire noirs et arabes.

Aux manettes, Jean-Christophe Lagarde, député de Drancy-Bobigny, à l’exécution, des gars de Bobigny, dont le seul fuel est la haine des communistes.

Au final, on a une asso créée de toutes pièces qui mène une campagne de caniveau contre  la ville pour au final soutenir le candidat UDI-UMP de Bobigny aux prochaines élections. Ils ont joué les rabatteurs, alors qu’ils juraient être la jeunesse de Bobigny blablablabla… Ecoeurant.

D’autres sont plus sincères et crédibles. C’est le cas de Karim Chafi à Chauny.

Il se présente contre le maire UDI sortant.

Comme le relate Nadir Dendoune dans l’un de ses articles, ces candidats dits « issus de » sont souvent, pour ne pas dire toujours, taxés de communautarisme.

Cela peut être le cas, j’en reparlerai dans un prochain billet, mais en l’occurrence, en ce qui concerne Karim Chafi, le qualifier de communautaire traduit un mépris, une condescendance qui fleure bon l’esprit paternaliste du colon. Un parfum de racisme.

Comment, en effet, reprocher à des enfants d’immigrés de s’intéresser à la chose publique ? De s’engager ?

Il faut ensuite vérifier les bases de cet engagement, sortez les sortants n’a jamais fait un programme, c’est d’ailleurs un slogan repris par le FN.

En fait, ce qui les gêne, c’est pas cet engagement, c’est que cet engagement puisse se faire à leur détriment.

Beaucoup de partis ont pris l’habitude de compter avec eux des noirs et arabes de service, donc certains sont sur les bancs du Parlement aujourd’hui.

Si certains estiment qu’il faut se faire entendre en dehors des partis, ces mêmes partis devraient pour le moins s’interroger, se remettre en question sur leur façon de faire de la politique et sur la manière dont certains considèrent les enfants basanés de la République.