Archive for novembre 2014

Quand un élu « de gauche » de Bagnolet tape sur l’IVG

Vous n’en avez peut-être pas entendu parler, ça vaut la peine d’y revenir.

Un élu donc, genre « de gauche » a tenu lors d’une séance du conseil communautaire d’Est Ensemble, les propos suivants : « L’IVG est un acte barbare ! Un acte que j’assimile à des meurtres ! L’IVG est un accompagnement à la mort. Je veux un accompagnement à la vie ! ».

Charmant n’est-ce pas ? Ces propos d’une infime délicatesse sont ceux de Jimmy Parat élu de la majorité de Bagnolet, présidée par le socialiste Tony Di Martino.

Donc, on a un élu d’une majorité présidée par un maire socilaiste qui tranquillou nous parle comme le feraient Christine Boutin ou Phlippe de Villiers.

Encore une fois, ce genre de personnes ne tient aucunement compte de la détresse et de la souffrance des femmes qui les poussent à interrompre leur grossesse.

Encore une fois, on nous ressort l’argument de l’IVG de confort, comme si on allait avorter comme on va au resto.

En même temps la grande majorité des opposants à l’IVG ne seront jamais enceintes…

Encore une fois, on a des propos de ce genre, car ils visent encore une fois à taper sur les femmes, et on le sait c’est beaucoup plus facile, tant elles sont sous-représentées partout sauf dans le précariat et les statistiques sur les violences sur personnes.

Il y a des valeurs sur lesquelles on ne transige pas, sur lesquelles on ne discute pas, et la liberté de tout être à disposer de son corps en fait partie.

Et n’en déplaise à certains et certaines, les femmes jouissent aussi de ce droit.

Un maire responsable aurait pris des sanctions contre de tels propos qui n’ont rien à faire dans la bouche d’un élu qui se dit républicain. Surtout qu’il n’a pas réagi quand ces propos ont été tenus, et on sait que qui ne dit mot consent…

C’est la vulgate de l’extrême droite, et preuve par ce dérapage qu’on peut être fasciste tout en étant membre d’une majorité dite progressiste.

Une pétition est lancée.

Signez-la !

 

 

Pour une Education vraiment Nationale

Les mots sont importants. Quand on dit national, ça veut dire sur tout le territoire. Oui mais voilà, quand on parle de service public national, ça ne veut pas forcément dire service public national réparti de manière égale ou équitable.

On  a donc un Etat, garant de l’égalité de traitement des citoyens où qu’ils soient, incapable d’assurer une juste péréquation et cette égalité de traitement dans des domaines pourtant fondamentaux.

Pire, par le fonctionnement de certains services publics, l’Etat organise et conforte les discriminations territoriales.

C’est particulièrement vrai pour l’Education « Nationale ».

Le mouvement des Bonnets d’Ânes à Saint-Denis a très justement relevé ce scandale.

Jusqu’à aujourd’hui, l’Education est organisée par académies : pas moins de 30 si on compte les Dom et Tom.

L’Ile de France compte pas moins de 3 académies…..carte_academies_426px_29364

Or, les concours eux aussi sont organisés par académie, chaque enseignant en devenir postule ainsi sur l’académie de son choix.

Au hasard, ils postulent davantage à Paris qu’à Créteil.

Résultat : on a davantage de classes sans enseignants à Créteil qu’à Paris.

Comment ne pas penser que le système actuel est générateur d’inégalités et comment accepter que dans certaines villes des écoles soient moins bien dotées ?

Comment accepter que des enfants voient leur avenir compromis à la faveur d’un système qui les a par avance condamnés ?

Les enseignants, en choisissant délibérément de ne pas passer les concours dans telle ou telle académie ne sont-ils pas responsables eux aussi, malgré eux, de ces déserts éducationnels ?

L’idée selon laquelle les enseignants devraient enseigner partout est-elle si saugrenue que cela ?

Ces constats accablants ne scandalisent pas outre mesure le gouvernement.

Dans cet éditorial du monde et dans cet article  du même journal on peut lire pêle-mêle : « Le système scolaire français se caractérise par l’importance et la persistance des inégalités, au rebours de l’objectif d’égalité des chances fixé par le code de l’éducation. » Ou encore : « En 2010 l’Etat a dépensé 47 % de plus pour former un élève parisien que pour former un banlieusard de Créteil ou de Versailles. 51 % de plus pour former un Parisien qu’un Niçois… »

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Devant la persistance de ces inégalités, des parents ont décidé d’agir et de réclamer égalité et justice.

Ce sont les Bonnets d’Âne à Saint-Denis, qui depuis près de 3 semaines occupent un terrain et mobilisent parents, enseignants, élus autour de ces questions.

Il est temps que l’Education devienne véritablement nationale.

Les bonnets d’âne, mobilisation exemplaire de parents d’élèves à Saint-Denis.

Dans la nuit du 1 er au 2 novembre, des parents d’élèves ont décidé d’occuper une friche à Saint-Denis.

Cette friche se situe près d’une des écoles de la ville.

Pourquoi ? Pour demander à ce que leurs enfants, tous les enfants de Saint-Denis, aient droit à une scolarité normale et digne.

Pourquoi ? Parce-que comme ils le disent  « le jour de la rentrée, dans notre ville, près de 20 classes étaient sans instituteur, 2 écoles sans direction ».

Pourquoi ce terrain ? Ces parents nous expliquent que « c’est un lieu symbolique de mobilisation. Notre Ministère se trouve derrière l’’école Jules Vallès, qui n’a pas de centre de loisirs car ses locaux sont saturés. Une école où certains enfants n’’ont pas de prof, ni même de salle de classe. Sur ce terrain vont être construits des logements qui seront habités par des enfants qui n’auront pas de place à l’école, encore moins d’enseignants ».

En 2014 des parents en sont à demander à l’Education Nationale qu’il y ait un prof devant chaque classe. C’est scandaleux.

Aujourd’hui l’Etat investit deux fois plus sur un enfant de Paris que sur un enfant de Saint-Denis. L’académie de Créteil, qui était en 2006 dans la moyenne nationale pour la dépense par élève dans le primaire, est tombée au 22e rang sur 26. Et c’est la même injustice dans les lycées et collèges. Pour la rentrée 2011, Créteil, qui gagnait 3 836 élèves dans le second degré, a perdu 426 postes, quand l’académie de Paris, qui gagnait, elle, 1 000 élèves, a obtenu 20 emplois de plus.

On ne peut donc que soutenir ce mouvement, être aux côtés de ces parents indignés et mobilisés pour réclamer que l’Etat traite tous les enfants de la République à égalité.

 

Infos et conctacts sur cette mobilisation :

www.facebook.com/Bonnetsdane93
twitter : bonnetsdane93
téléphone : 06.82.15.06.16 (Mach-Houd), 06.16.31.04.80 (Saskia), 07.89.05.16.55 (Sibylle)
En vrai : rue Suger à Saint-Denis, derrière l’Église Neuve; Gare SNCF/RER D/tram 1 station Saint-Denis, ou M° Basilique de Saint-Denis (ligne 13)