Archive for février 2015

Musulmans et juifs de France : l’insupportable inégalité de traitement

 

 

Les récents propos de Roger Cukierman, Président du CRIF, sont la goutte d’eau, les mots de trop.

Il assume ses propos envers la communauté musulmane. Il a dit – entre autres –  que « toutes les violences, et il faut dire les choses, sont commises par des jeunes musulmans ».

Dans le même entretien, il encense Marine Le Pen « irréprochable personnellement », à ce point irréprochable que cette dernière n’a jamais condamné les propos de son père sur les chambres à gaz. Peut-être que ce qu’il apprécie chez elle, c’est surtout son rejet de l’islam et des musulmans, ce qui en effet peut faire d’elle, aux yeux de Cukierman, une personne impeccable.

Imaginons un instant qu’un responsable musulman ait dit la même chose sur Marine Le Pen ou déclaré que le problème en France, ce sont les juifs de France. Tout de suite, et à raison, on aurait dit que cette personne en plus d’être antisémite, soutenait les pires thèses négationnistes et révisionnistes…

C’est là qu’est l’inégalité de traitement, et elle est manifeste.

Les propos de Roger Cukierman auraient dû suscité une vive réprobation de tous les responsables politiques qui se prétendent républicains.

A commencer par le Président de la République et le Premier ministre.

Mais rien, rien dans les médias, ni sur leurs fils twitter respectifs.

A peine Hollande a-t-il balbutié que le racisme c’est pas beau, hier en marge du dîner du CRIF. Mais aucune condamnation ferme des propos de son hôte.

Même Dalil Boubekleur s’est senti obligé de sortir de sa légendaire réserve pour signifier sa consternation.

Même Nicolas Sarkozy a fustigé ces propos dangereux, même si sa réaction est tardive. Il lui fallait rattraper sa déclaration sur les femmes voilées.

C’est de ces absences de prises de position, que naissent frustration et incompréhension.

C’est de là aussi que naissent les fantasmes que certains entretiennent ces fantasmes nauséabonds du style : « y’en a que pour les juifs, quand un musulman est touché, personne ne bouge ».

Comment demander à des personnes du respect quand on ne leur témoigne que mépris ?

Enfin, il faut aussi que le CRIF éclaircisse son rôle. S’il dit représenter une partie des juifs de France, alors il ne peut pas appeler à soutenir Israël pendant que Gaza est sous les bombes et reprocher dans le même temps à certains d’importer le conflit en France…

Finalement, en laissant penser que les juifs contrôlent tout, et ont le pouvoir partout, en ne condamnant par les propos de personnalités juives parce-que juives, on alimente la judéophobie.

Finalement, Cukierman, ou le député pro-israélien Meyer Habib – et quelques autres – ne sont-ils pas à leur manière quelque peu antisémites ?

Imaginons un instant, au hasard, que le CFCM ait appelé à soutenir Gaza en appelant à un rassemblement devant l’Ambassade de Palestine…..

Il faut que cesse ce deux poids deux mesures, cette inégalité de traitement entre musulmans et juifs de France, c’est en instaurant l’égalité et la justice qu’on aura la solidarité et la fraternité.

Sans justice, pas de paix.

Meeting contre l’islamophobie le 6 mars à Saint-Denis

Le 6 mars prochain aura lieu un meeting à Saint-Denis, contre le climat de guerre sécuritaire et pour les libertés publiques.

L’appel au meeting a été publié sur Médiapart.

Dans le même esprit, cet appel contre l’union sacrée, que nous avons été plusieurs à signer.

Nous vous attendons nombreux et nombreuses le 6 mars prochain à Saint-Denis.

 

Meyer Habib la réserve parlementaire et la laïcité

 

 

On connait tous Meyer Habib, vous savez ce truculent député UDI ami de Benyamin Netanyahu et grand ami des colons, qui rêve d’un grand Israël débarrassé des palestiniens.

Ce député qui pendant Gaza défendait à ce point Israël, que Jean Glavany lui a demandé s’il était député français ou israélien.

Pour lui pas de Cisjordanie mais la Judée Samarie, un vrai langage de colons.

On apprend que ce député de la Nation française, a sur sa réserve parlementaire financé un culte, ce qui contrevient évidemment à la loi de 1905, non ? Ou alors ça marche que quand c’est l’islam ?

Il a sciemment fait attention de ne privilégier qu’une communauté, la seule je crois qui compte à ses yeux, la communauté juive.

Il finance pêle-mêle : « le mouvement loubavitch » à hauteur de 4000 euros, « le mouvement Ohavei Tsion » pour 3000 euros, sur le site internet duquel on peut voir des soldats israéliens, les mêmes qui ont massacré à Gaza ?

Il finance aussi l’association les « les 15000 Français en Israël » pour 5000 euros. Dans ces Français, combien vivent dans des colonies ? Non parce-que c’est juste illégal tout ça tout ça…

Sinon, on a aussi « l’Association Mondiale des Israélites de Tunisie », pour 3000 euros… Bref le mieux est d’aller voir sur le site de l’Assemblée nationale pour vous faire une idée.

Il est député d’autres pays, mais sur les autres aides versées, pas une aussi forte connotation religieuse, pour Israël, c’est comme s’il voulait renforcer les plus extrémistes, alors que c’est pas du tout son genre au modéré Meyer Habib .

Que n’aurait-on pas entendu si un député avait financé ici tel centre communautaire, ici telle mosquée……

Réponse à Jérémie Breaud et à sa lettre à #Ahmed8ans

Cher Jérémie. Vous souffrez, j’ai mal pour vous.

Il est indéniable que les faits que vous reprochez à Ahmed sont graves, mais je suis là pour vous aider.

Vous partez du principe, malgré l’usage du conditionnel, qu’Ahmed a tenu ces propos, qu’il n’a pu le faire que sous l’influence de parents dont l’adn contient des traces de jihadisme.

Votre présupposé est inacceptable, nauséabond. Culpabiliser les parents revient en fait à dire à Ahmed que ses parents sont de dangereux terroristes en puissance, qu’il est en danger avec eux. Une question ? Connaissez-vous Ahmed et sa famille ? Leur avez-vous parlé ? Ah ben non faut pas déconner, faudrait pas s’intéresser à sa vie non plus, il vaut mieux condamner d’emblée ses parents hein. D’ailleurs ils ne peuvent qu’être pétris de haine, leur gamin s’appelle Ahmed et les parents seraient semble-t-il musulmans, au moins d’apparence.

Encore une fois, étiez-vous présent lors de ces événements ? Non, pas plus que moi.

Le couplet sur les morts pour la France, c’est beau. Beau mais pas crédible. Oui beaucoup de gens sont morts pour la France, c’est vrai, notamment des gens dont on parle peu, des soldats venus des anciennes colonies, des anciens protectorats. Avec la reconnaissance que l’on sait, des chibanis aux harkis en passant par les foyers de migrants. Dont un paquet de musulmans, vous savez ces gens qui ont une religion incompatible avec les valeurs de la République.

Vous reprochez à Ahmed de se cacher derrière la liberté d’expression. C’est d’un courage et d’un haut niveau de réflexion… Ahmed a 8 ans, et vous lui parlez comme si c’était Dieudonné. Je vous recommande décrire directement à ce dernier, vous gagnerez du temps et un peu de crédibilité. Quant à la liberté d’expression, elle est vous le savez à géométrie variable, et on en reparlera quand l’islamophobie sera elle aussi un délit. Liberté, Egalité, Fraternité, c’est valable aussi pour les musulmans, non ?

Je ne suis pas d’accord avec vous sur un autre point. L’équipe éducative, en faisant appel aux autorités, n’est pas allée assez loin. A mon sens ils auraient dû attacher Ahmed à un radiateur et lui confisquer son pistolet à eau en attendant leur arrivée. Plus sérieusement, en appeler à la police, aux médias, pour ce qui aurait dû être réglé dans l’intelligence collective, montre que l’intelligence et le discernement ne sont pas l’apanage de tous. Si le gamin s’était appelé Hugues, ou tiens Jérémie, on aurait appelé ses parents et on aurait discuté.

Vous en venez à la fameuse caricature. Vous demandez à Ahmed de dire à son père que ce n’était pas méchant. Avec un ton moralisateur, paternaliste. Le papa d’Ahmed vous a-t-il présenté une carte de musulman ? Beaucoup ont vécu cette caricature comme une violente provocation qui plus est inutile contre les musulmans. Vous défendez la liberté d’expression, souffrez donc qu’on puisse dénoncer et combatte cette caricature, sans faire de ces gens-là des terroristes en puissance, la cinquième colonne.

Vous demandez ensuite à Ahmed d’aller à l’école de façon régulière et suivie. C’est charmant de vous préoccuper de son avenir, mais pour information, il a déjà des parents et nul besoin de tuteur moral.

Vous pensez qu’Ahmed vous a attendu pour aller à l’école assidûment, que ses parents sont trop stupides pour mesurer l’importance que revêt l’éducation, même si celle-ci est loin d’être nationale, en tous points du territoire ? Votre morale, votre ton paternaliste me font penser aux postures des colons : « tiens-toi bien et tout ira bien ».

Avant de faire la leçon aux autres, apprenez non pas à les mépriser mais à les respecter.

 

A Aubervilliers, une école en mode « Je suis Charlie »

On avait l’habitude de voir fleurir le « Je Suis Charlie », partout, telle une injonction.

Pour autant, on pouvait encore choisir d’arborer ou non ce signe de reconnaissance, bien qu’il soit toujours difficile de démontrer que même en n’étant pas Charlie, on peut être résolument contre toute forme de racisme, de rejet, d’appels à la haine.

Dans le cas présent, des affichettes « Je Suis Charlie » ont été apposées dans une école, sur les murs d’une salle de classe.

Consigne de l’Education nationale ? Vote au conseil d’école ? Décision unilatérale du directeurs, des enseignants ? Je suis curieux de savoir.

Le problème est que derrière ces trois mots on peut mettre tout et n’importe quoi. Surtout n’importe quoo. Ce genre de procédés on peut ainsi éviter tout débat de fond. On pourrait entendre : « c’est terrible ce qui est arrivé du coup on est tous Charlie » ce qui évidemment ne veut rien dire. Dans cette école, quelle est la position, au hasard, sur l’accompagnement des sorties scolaires par les mamans voilées ?

Peut-on exclure, si c’est le cas, des mamans voilées et s’écrier « Je Suis Charlie » ?

Ce que je crains c’est que cette initiative soit le fait d’individus, et qu’elle n’ait rien de collectif.

Peut-on respecter la liberté d’expression en la limitant au politiquement correct inhérent à ce mot d’ordre du 11 janvier ?

Si un enseignant avait voulu mettre ‘Je Ne suis Pas Charlie » ou encore un autre mot d’ordre, ce dernier aurait-il été accepté ? Rien n’est moins sûr….

Une école n’est pas l’extension de la salle des enseignants ou un local syndical.

Qu’on soit ou non Charlie ceci n’a rien à faire dans une école.