Archive for mars 2015

Départementales : voter PS à Saint-Ouen ?

 

 

Il était une fois une énorme mascarade…

« Gauche rassemblée, battre la droite! ». Voilà ce qu’on entend au lendemain du premier tour des élections départementales dans le 93.

Pourtant, il n’y a pas si longtemps, certains artisans de ce tous ensemble étaient loin de tenir le même discours. Petit rappel.

Nous sommes en 2014. Le département du 93 est dirigé depuis 2008 par le PS, sa stratégie d’éradication du PCF puis du FDG ayant assez bien fonctionné.

Il fallait confirmer avec les élections de 2014 : il fallait en effet mettre un terme à la gestion progressiste d’un certain nombre de villes, notamment en Seine-Saint-Denis.

J’écrivais en octobre 2013 sur les raisons qui poussent le PS à attaquer le FDG plutôt que la droite.

La stratégie du PS n’a pas fonctionné comme les socialistes l’espéraient en mars 2014. Des villes FDG ont été perdues au profit de la droite, mais bien à cause des socialistes, Bruno Le Roux et Claude Bartolone en tête.

L’objectif était notamment de prendre le contrôle de Plaine Commune. Pour cela le PS a dégagé des moyens incommensurables sur 3 villes : Aubervilliers, Saint-Denis et Saint-Ouen. Saint-Ouen à basculé à droite, avec l’assentiment de la direction nationale du PS.

Si l’on revient sur les résultats du 1er tour, on note que la droite est arrivée en tête, suivie de liste FDG puis de celle du PS.

Un vrai danger de droite donc. Mais à l’époque ça n’a pas empêché le candidat socialiste de l’époque, Karim Bouamrane (ex-pc) de menacer de se maintenir au second tour, puis de refuser d’appeler clairement à voter pour la candidate FDG. Le PS a également refusé la fusion.

Résultat, les voix socialistes ne se sont pas reportées comme il l’aurait fallu sur la candidate de gauche. La droite gère aujourd’hui la ville.

Alors quand je vois le tweet de Claude Bartolone lors d’un meeting hier de la « gauche rassemblée », mon sang ne fait qu’un tour…

Surtout que le candidat présenté comme celui de la gauche rassemblée n’est autre que … Karim Bouamrane.

Conclusion : dimanche prochain il faut faire l’union derrière Karim Bouamrane pour faire battre la droite alors qu’en mars 2014 le même Karim Bouamrane a tout fait pour faire perdre la gauche.

Déclaration d’Ensemble Saint-Denis : Pourquoi il fallait se maintenir et affronter le candidat du gouvernement

DÉCLARATION D’ENSEMBLE ! SAINT-DENIS

à la veille du second tour des élections départementales

Pourquoi il fallait se maintenir et affronter le candidat du gouvernement.

Pourquoi il va falloir reconstruire le Front de Gauche

 

Le résultat des élections départementales est sans ambiguïté et l’enfumage médiatique du PS n’y fera rien : dimanche prochain la gauche gouvernementale sera très amplement défaite. La droite et le FN seront les grands gagnants. Dimanche dernier, le peuple de gauche est majoritairement resté chez lui. L’écroulement de la gauche est profond et l’installation durable du FN dans le paysage politique également. Cette situation est en très grande partie le résultat de la politique actuelle menée par le gouvernement Hollande-Valls. Côté face, une politique d’austérité et de régression sociale, inédite pour un gouvernement à majorité socialiste. Depuis 2012, aucune mesure de progrès social et écologique substantielle ; c’est une accentuation des politiques menées par Sarkozy. Pire, une bonne partie des mesures prises, la droite en rêvait : pacte de responsabilité, loi Macron, cadeaux sans contreparties aux entreprises, etc. Côté pile, une politique stigmatisante et agressive contre les immigrés, contre les musulmans, contre les Rroms. Et là aussi, il n’y a pas de rupture perceptible avec la politique raciste que menait la droite. C’est une politique de droite, parce qu’elle est dans sa globalité dirigée contre les droits et les intérêts des classes populaires et moyennes et qu’en revanche elle sert ceux des classes dominantes. Le gouvernement a abandonné le camp de la gauche et il plonge celle-ci dans une crise profonde.

Certes, Troussel et Hanotin ne sont pas Valls et Hollande Toutefois, nous avons vu et nous l’avons dit pendant la campagne : au mieux, la majorité Troussel-Hanotin accompagne la politique d’austérité décidée par Hollande, qui n’a rien négocié auprès de l’Europe, sans s’y opposer fermement. Au pire, elle s’est faite le relais des mesures de régression sociale en direction des jeunes, des séniors, etc. Le non vote du budget du CG 93 par les élus du FG s’explique par ces orientations. Pire, la campagne menée par Hanotin et le PS local contre la municipalité à majorité Front de Gauche n’a rien à envier à un discours de droite. Les écoles sont en difficultés ? C’est la faute de la mairie et pas de l’absence de recrutements d’enseignants au niveau des besoins. Il y a trop de chômage ? C’est encore la faute de la mairie et pas des politiques de cadeaux aux patrons qui ne créent pas d’emplois. Vous avez des soucis liés à la sécurité ? C’est toujours la faute de la mairie et pas du manque criant de moyens pour les politiques de prévention et pour la police nationale. Les élections municipales l’avaient déjà montré : ce PS là est prêt à tout, même à tenter, sans résultat, de faire invalider l’inscription sur les listes électorales des Rroms, pour aller chercher les voix du FN.

Sans oublier leur soutien au projet de Central Park à La Courneuve, qui prévoit de livrer une partie de notre parc Georges Valbon aux promoteurs immobiliers et donc de modifier, à terme, la composition des populations en Seine Saint-Denis.

Valls et Hanotin ont des divergences, mais ils ont également au moins un point commun : chacun, à leur niveau respectif, contribue à ancrer le débat politique à droite et à disqualifier les valeurs constitutives de la gauche. C’est en cela que nos projets et nos orientations sont irréconciliables. C’est pour cela que nous avons bien des adversaires à gauche.

De ce fait, les vieux schémas ne fonctionnent plus. Sur Saint-Denis, 69% des habitants n’ont pas voté. Et ça dure depuis des années. Les logiques d’appareils en lieu et place d’une pratique démocratique de la politique, l’absence de discussion de fond sur l’alternative politique et de mise en pratique concrète, l’opposition souvent trop timorée aux politiques d’austérité, le non renouvellement des élus, le refus de faire une place à ceux qui ne sont pas membres d’un parti, à la jeunesse et aux habitantes et habitants des quartiers populaires, la non prise en charge de problèmes importants pour les Dionysiens comme les discriminations quelles qu’elles soient, la faiblesse des liens tissés avec les mouvements sociaux existants, minent la capacité de mobilisation du Front de Gauche. De surcroît, comment faire croire à la sincérité de nos engagements et à mobiliser avec nous, quand on appelle à battre le candidat du renoncement le mardi pour renoncer à l’affronter le dimanche ? Ceci nous rend peu crédibles et peu audibles. C’est pour toutes ces raisons qu’il fallait se maintenir au second tour des élections départementales et laisser les Dionysiennes et les Dionysiens choisir sur le canton Saint-Denis 1. C’est d’ailleurs l’esprit général qui s’était dégagé de l’Assemblée du Front de Gauche et des militant-e-s qui ont fait la campagne. C’est le chemin que Bally Bagayoko avait proposé dès le lendemain du 1er tour. Une autre voie a été imposée. Nous sommes en total désaccord avec ce choix, qui abandonne celles et ceux qui se battent pour construire une autre société. On ne construit rien en capitulant et en signant des accords avec le PS, dans le secret, sans même en informer les partenaires du Front de Gauche.

On a besoin d’un Front de Gauche qui rassemble, qui donne confiance et envie de faire du collectif pour se battre, résister et imposer d’autres choix au profit de notre camp social.

Au lendemain de ce scrutin départemental tronqué, la tâche qui s’impose à nous est de reconstruire le Front de Gauche à Saint-Denis, sur des bases qui tirent toutes les leçons de cet épisode dévastateur. Nous nous y emploierons de toutes nos forces.

Nous remercions une fois encore les électrices et les électeurs qui ont placé les candidats du Front de Gauche à seulement 126 voix de ceux du PS au 1er tour et nous les appelons au boycott de la mascarade du 2e tour dans le canton Saint-Denis 1. Surtout, nous appelons les Dionysiennes et les Dionysiens à prendre leur part dans les luttes qui nous attendent. Demain, les salarié-e-s de Pitney Bowes, à la Plaine, entameront une grève reconductible pour s’opposer au plan de licenciements de la direction qui prévoit la suppression de 76 emplois à Saint-Denis. Le 9 avril sera une journée nationale unitaire contre l’austérité et la loi Macron, pour l’augmentation des salaires et du pouvoir d’achat.

 

ENSEMBLE ! Saint-Denis,  le 25 mars 2015.

 

 

 

 

 

 

Canton de Saint-Denis 1. Où est passé le Front de Gauche ?

Dans le canton 1 à Saint-Denis,  Mathieu Hanotin sera finalement seul au second tour. Bally Bagayoko​ et Florence Haye​ se sont retirés.

Désistement républicain nous dit-on. Nous n’avions que 129 voix de retard. Ni la droite ni le FN n’ont pu se maintenir. Les Dionysiens avaient le choix entre deux projets, un de gauche et un social libéral.

Comment expliquer à celles et ceux qui ont mené campagne, qu’on se désiste pour celui dont le parti siège dans l’opposition municipale ? Comment expliquer à celles et ceux qui ont mené campagne, qu’on se retire au profit de celui qui pendant plus de deux mois n’a pas dit un mot sur les politiques d’austérité mais s’est acharné sur la mairie Front de Gauche et sur ses politiques de solidarité ?

Comment se retirer au profit de celui qui à peine élu qu conseil municipal, a décidé d’en démissionner ? Comment accepter de se retirer en faveur d’un député plusieurs fois épinglé pour ses absences répétées à l’Assemblée ?

Quel signal donnons-nous avec ce retrait ? Le Parti socialiste mène-t-il au département et dans le pays une politique telle que nous devons la soutenir au point de nous retirer sur la pointe des pieds ?

Je sais que la majorité des militants voulaient se maintenir, se souvenant notamment du maintien éhonté de la candidate soutenue par Hanotin lors des précédentes élections cantonales face à Florence Haye. Elle était pourtant arrivée derrière.

L’assemblée générale du FDG hier à Saint-Denis a fait entendre de nombreuses voix, notamment pour le maintien, pour préparer l’avenir.

Certaines voix se sont fait entendre pour dire qu’en se retirant on serait plus fort….

Les appareils, ou plutôt l’appareil a eu raison du terrain et des convictions, point de lutte des classes, mais vive la lutte des places.

Il fallait sauver tel copain ici, et tel copain là, pour avoir un max d’élus FDG. Quitte à gérer avec le PS qu’on dénonce partout comme la gauche de renoncement ?

Je suis écœuré, triste pour Bally et Florence, triste de donner un blanc seing au PS et à Hanotin, qui aujourd’hui parlent de désistement républicain pour mieux faire campagne contre nous demain.

Je n’oublie pas moi le mépris du PS à l’égard de la population, des plus fragiles, leur absence sur des combats essentiels : école, égalité des droits, Palestine, discriminations…

Je n’oublie pas et je n’oublierai jamais.

Il est plus que temps de construire cette alternative à gauche sur la ville, ce qui est sûr c’est qu’elle ne peut plus se faire avec les vieux schémas et les vieilles antiennes, mais avec les bonnes volontés, et les pépites qu’on a dans nos quartiers.

NB : Ensemble et le PG étaient pour le maintien.

L’égalité sinon rien : tous dans la rue contre tous les racismes samedi 21 mars

Parce-qu’aucune forme de racisme n’est tolérable. Parce-qu’on refuse de hiérarchiser les formes de discriminations. Parce-qu’il est urgent de faire le lien entre toutes les luttes et toutes celles et tous ceux qui sont victimes de ces mises à l’index, il faut être nombreux samedi 21 mars à 15 h à Barbes pour réclamer l’égalité, sinon rien ! A l’appel de dizaines de signataires.

Racisme: islamophobie, judéophobie, homophobie, racisme antiroms, négrophobie, sexisme…

On ne lâchera rien ! Toutes et tous ensemble !

Malek Boutih député de la France rance

 

 

Si je vous dis Malek Boutih, y’a des chances que vous me disiez : opportuniste, faux-cul, inutile.. Depuis hier, on peut rajouter raciste.

Celui qui veut mettre les quartiers sous tutelle, vient à nouveau de déraper, de manière contrôlée, pour faire parler de lui : pari réussi.

Depuis qu’il siège à l’Assemblée, il a décidé de communiquer, c’est plus facile que de militer.

Il avait notamment publié une photo de lui en soutien à l’ex-femen Amina, une photo qui a fait le tour du web, principalement sur les sites humoristiques.

Je vous laisse juger.

boutih

Vous avez bien ri, moi aussi.

Le souci avec Malek Boutih c’est qu’à force de vouloir à tout prix faire parler de lui, il dit beaucoup – voire uniquement – des conneries.

La dernière en date est sa sortie contre Christiane Taubira. Selon lui la Ministre se plaint trop souvent du racisme. Oui vous avez bien lu : il lui reproche une position victimaire face à ce qui en France n’est pas une opinion mais un délit.

Cette sortie infâme intervient au moment où une élue UMP a posté des commentaires aux relents plus que douteux, dont ces propos charmants :  « Elle vient de Cayenne, là où il y avait le bagne, qu’elle reparte là-bas vu qu’elle a toujours détesté la France ». Ces propos ne choquent donc pas Malek Boutih, et ne souffrent aucune discussion.

Il les trouverait donc normaux, à l’encontre d’une Ministre qu’on ramène sans cesse à ces origines, à sa couleur de peau.

Il reproche donc à Madame Taubira de dénoncer le racisme dont elle est en effet VICTIME. Il lui reproche de dénoncer les insultes racistes, la Une de Minute la comparant à un singe…

Et ces montages racistes ? Les dénoncer c’est aussi se poser en victime ?

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Je suis le premier à dire que la place de Christiane Taubira n’est pas dans ce gouvernement de renoncement. Pour autant les attaques dont elle est victime sont insupportables, car racistes.

Par ailleurs, elle se défend, elle est offensive contrairement à ce qu’écrit le laquais Boutih, mais elle le fait subtilement, intelligemment, notamment quand elle parle de Marine Le Pen, avec une belle indifférence.

Je me souviens aussi qu’en 2013 alors déjà victime de racisme, les députés l’avaient ovationnée, sauf ceux de l’UMP. Peut-être trouvaient-il aussi qu’elle jouait déjà trop la victime..

Dernièrement, Gérald Darmanin, maire de Tourcoing avait qualifié la Ministre de « tract ambulant pour le Front National ». A quoi elle avait répondu que ces propos étaient des « déchets de la pensée humaine ». J’ai connu moins « combatif ».

Au moment où le Premier ministre fait campagne contre le danger FN, je trouve scandaleux que personne n’ait repris les propos De Malek Boutih ni envisagé une quelconque sanction contre ces propos que l’on peut aisément mettre dans la bouche d’un militant UMP, d’un militant FN, ou sous la plume d’un éditorialiste de Minute ou de Valeurs Actuelles.

Islamophobie : Jean-Vincent joue Placé

 

 

Il est partout ! Télés, radios, internet, on ne peut pas le rater, il a toujours un avis sur tout, surtout quand on ne lui demande rien.

Une constance, qu’il faut lui reconnaître, toujours politiquement correct, et la même brosse à reluire en toutes saisons, la brosse qui devrait lui permettre – enfin – de décrocher un maroquin.

Concernant la polémique sur le meeting contre l’islamophobie qui a lieu le 6 mars à Saint-Denis, revenons sur les faits.

Aurore Bergé, militante UMP pro-israélienne interpelle Jean-Vincent Placé en lui demandant de se désolidariser de l’organisation du meeting dont son parti EELV était alors signataire.

Il s’est exécuté avec toute la célérité qu’on lui connait.

 

Résultat : EELV retire sa signature pour le plus grand bonheur de l’aile droite du parti représentée par François De Rugy, Barbara Pompili, Jean-Vincent Placé…

Heureusement, chez EELV il y a aussi des militants dont l’engagement est sans faille sur le sujet, et cette tribune permet de remettre les choses à leur place.

J’ai été pour ma part stupéfait du silence d’Emmanuelle Cosse qui aurait dû intervenir sur un sujet aussi important, et visiblement clivant.

Le reproche de la droite d’EELV était que se mélangeaient des organisations avec lesquelles la gauche progressiste ne partage pas l’essentiel ou les fondamentaux.

Une tribune d’Ensemble vient là aussi expliquer que l’essentiel est de se retrouver sur ce combat-là, ce qui n’empêche pas de dénoncer TOUTES les formes de discriminations : sexe, orientation sexuelle, ethnie, religion, handicap…

Mais voilà, Jean-Vincent Placé ne parvient pas à cacher sa duplicité.

En effet, s’il prend ses distances avec le meeting contre l’islamophobie, il n’hésite pas à prendre place aux cotés d’islamophobes.

Le dîner du CRIF est présent tous les ans dans l’agenda du Sénateur, comme un rappel de vaccin.

Cette année, malgré la sortie islamophobe du Président du CRIF Roger Cukierman, il s’est rendu à la convocation annuelle, et a pointé au rendez-vous des inconditionnels d’Israël.

On peut dire qu’il n’a pas été gêné de voir son nom aux côtés de Meyer Habib notamment,qui a déclaré entre autres qu’une « grosse partie des musulmans veulent la disparition de l’occident’, lui qui pose avec son ami Benyamin Netanyahu, le grand démocrate auteur des massacres de Gaza.

Jean-Vincent Placé récidive. Le 8 mars prochain, il participera à un colloque organisé par l’UPJF. Sont invités à ce colloque sur l’international, entre autres les politiques Claude Goasguen, Christian Estrosi, Meyer Habib… Tous connus pour leur pratique de la tolérance, notamment envers les musulmans, des tolérants pratiquement.

Est également annoncée Barbara Pompili, et sur le site de la Ligue de Défense Juive, s’il vous plait !

Sont également conviés, Alexandre Del Valle et Guy Millière, « écrivains » qui sévissent sur le site qui se revendique « néo-conservateur et pro-israélien » dreuz.info.

Pour le coup, c’est pas la place d’EELV au meeting contre l’islamophobie qu’il faut questionner, mais la place de Jean-Vincent Placé et d’autres à EELV.