Archive for août 2015

Féministe ou islamophobe, il faut choisir

 

 

Je dois avouer que ça fait un moment que je me dis qu’il faut écrire ce billet.

Puis on passe à autre chose, on oublie, on écrit sur autre chose et vlan, ça vous revient en pleine tronche.

Faut dire qu’il n’y a pas un jour qui passe sans que l’islam est les musulmans en prennent pour leur grade.

On va même arrêter de prendre le train.

D’aucuns vous diront qu’il n’y a pas de fumée sans feu.

Comme les abrutis qui vous disent que si une femme est violée c’est qu’elle l’a cherché.

Donc attardons-nous – un peu – sur la question du voile et de la liberté de la femme.

On assiste a une mise au ban des musulman-e-s, y compris de ceux qui sont considérés comme modérés – 2 prières et demi par jour – .

Cette déferlante islamophobe a ses relais politiques et médiatiques.

Jusque-là tout est « normal ».

Les musulmans, avec les musulmans d’apparence, ne sont plus les seuls à prendre la défense des musulmans.

Cet été nous avons assisté à une attaque venue de l’intérieur, une cinquième colonne comme la qualifierait Christian Estrosi.

En effet, cet été nous avons assisté à une offensive antivoile.

Pas antivoile à l’école, au travail, à la fac, à la piscine, à Auchan.

Non, antivoile tout court.

Cette attaque est venue d’un collectif d’Aubervilliers, ville populaire, il se nomme les Femmes sans voile.

Ces femmes, revendiquent dans le même temps avec fierté leurs origines maghrébines, leur culture musulmane, dénoncent pour certaines le racisme antimusulman…

Mais voilà. Le collectif se bat donc contre le voile, qu’il soit porté de plein gré ou pas. Partant du principe qu’il n’y a aucune bonne raison de le porter.

Ce collectif – répétons-le – de féministes, se bat donc pour les droits des femmes, sauf pour celui de porter le voile.

Ce collectif ne souhaite pas qu’une femme puisse témoigner de sa confession en se voilant, même si c’est son choix.

Ceci est de l’islamophobie, sous teinté de féminisme, je vous le concède, mais ça reste de l’islamophobie.

Avec d’autres on avait le racisme, sous couvert de laïcité. Cette variante nous change un peu.

Comment peut-on prétendre se battre pour les droits des femmes et écrire ceci dans un appel à manifester pour une journée mondiale des femmes sans voile ?

« Nous, femmes sans voile d’Aubervilliers (France), adhérons totalement à l’action lancée par des femmes sans voile au Québec, qui appellent, le 10 Juillet 2014, à une journée sans voile, afin de dénoncer la condition des femmes qui sont voilées, peu importe où elles sont, qui elles sont, ou la raison pour laquelle elles portent le hijab, le niqab, la burqa, le tchador etc. »

Dans une déclaration plus détaillée, elles affirment tranquillement : « le voile est une discrimination ».

Oui, vous avez bien lu.

Toutes les femmes voilées que je connais ou fréquente, à commencer par mes soeurs seraient de parfaites femmes soumises, incapable d’autonomie et d’émancipation ?

Les femmes de ce collectif, n’ont-elle rencontré aucune femme voilée à Aubervilliers qui porte le voile de manière volontaire et assumée ? Non. Evidemment. Uniquement des femmes soumises aux fourneaux qui préparent de quoi satisfaire leurs barbus de maris.

Quel mépris ! Elles dénoncent à juste titre le patriarcat mais infantilisent elles aussi des milliers de femmes qui ont fait des choix différents des leurs.

Si des femmes sont bafouées dans leurs droits élémentaires, et ça ne concerne pas que les femmes musulmanes, alors oui il faut le dénoncer et les aider, mais ceci mérite mieux qu’un amalgame rance permettant aux plus racistes et islamophobes de s’exprimer comme l’UFAL ou Ni Putes Ni Soumises associations signataires de cette manifestation et qui ne sont pas suspectes d’empathie envers l’islam et les musulmans.

Féministe ou islamophobe, il faut choisir.

 

 

 

Communiqué de Ensemble! Non à l’expulsion des familles du « Samaritain » à La Courneuve (93).

Depuis la mi-août, plane sur les trois cents résidents du bidonville « Samaritain » à La Courneuve, la menace d’une expulsion demandée par la mairie de La Courneuve, soutenue par le préfet du département, représentant de l’Etat.

80 familles comprenant une centaine d’enfants sont donc à la merci d’une décision de justice prise au début de l’année.

Installée sur ce terrain depuis 2008, ces résidents ont sans cesse eu le souci d’améliorer ce site qui comprend maintenant rues et église, et ce sans aucune aide des pouvoirs publics ni d’aucune collectivité.

Depuis la Fondation Abbé Pierre et Médecins du Monde ont présenté un projet, financé, d’assainissement et de viabilisation, que le maire de la Courneuve refuse à ce jour d’entériner.

En Seine-Saint-Denis, le préfet fait preuve d’un zèle particulier pour traduire en acte la politique du gouvernement à l’égard des Roms et démanteler leurs campements.

La tenue de la COP 21 à proximité n’est sans doute pas étrangère à cette volonté d’expulser les familles du « Samaritain ».

Si cette décision de justice était appliquée ce serait de nouveau la violence d’une expulsion, l’errance des familles, la destruction de tout le travail d’insertion, de scolarisation, la perte du travail pour un certain nombre de résidents.

C’est pourquoi, « Ensemble! » se prononce fermement contre l’expulsion programmée de ce bidonville. Les pouvoirs publics doivent donner leur feu vert aux projets existant pour améliorer les conditions matérielles et de vie sur ce site.

Le 20 août 2015.

Madame Hidalgo annulez #TelAvivSurSeine

On a d’abord cru à une farce, à un hoax. Puis l’information a été confirmée.

Il y aura le 13 août dans le cadre de Paris Plages, une initiative qui s’intitule Tel Aviv sur Seine.

Cette initiative est présentée comme légère et festive.

Elle est au contraire éminemment politique.

Elle vise à donner à Israël l’image que ce pays veut avoir à travers le monde, celle de « seule démocratie du moyen-orient ».

C’était sans compter sur l’intelligence et la vigilance de nombreux citoyens.

Cette opération est en effet inadmissible à plusieurs égards.

D’abord, Paris a signé un accord en 2010 avec Tel Aviv, capitale politique et économique d’Israël, sous l’impulsion de Monsieur Delanoé, poussé par Pierre Shapira, le précédent élu en charge de la coopération décentralisée et des relations internationales, connu pour son soutien indéfectible à Israël.

Un accord que vous avez personnellement confirmé cette année en vous rendant en Israël, et – un peu – en Palestine occupée.

Comment peut-on se lier d’amitié avec la capitale d’un pays qui bafoue les droits élémentaires des Palestiniens et les résolutions internationales ? Comment se lier d’amitié et donc participer à la normalisation d’un Etat qui a commis des crimes de guerre et massacré des centaines de civils à Gaza il y a un an.

Car voilà, au delà de cette faute politique majeure, vous autorisez un rassemblement un an après ces massacres alors que les Palestiniens sont encore en deuil.

#TelAvivSurSeine vise peut-être à célébrer un an après ce terrible massacre ?

Israël ne se résume pas seulement à ses plages et aux mœurs libérales de Tel Aviv. Israël c’est d’abord et surtout les colonies, l’occupation, les massacres, le blocus de Gaza, les humiliations et des palestiniens d’Israël discriminés.

Le fait d’avoir signé des accords similaires avec Jericho et Ramallah ne rendent pas votre décision plus acceptable.

Au contraire, la politique de l’équilibre prônée par votre parti, le parti socialiste, est proprement insupportable. Comme si on pouvait comparer l’Etat occupant spoliateur avec le peuple occupé.

Vous qui avez passé les checkpoints, vu le mur, constaté l’inanité de la politique israélienne, vous n’avez aucune excuse et êtes tenue entièrement responsable de la tenue de cet événement indécent, que vous avez je crois confirmé à Tel Aviv lors de votre récent voyage.

Tel Aviv chère Anne Hidalgo, malgré les apparences, ce n’est pas Ibiza.

A moins d’une heure de la ville avec laquelle vous coopéerez il y a Gaza, les checkpoints, les camps de réfugiés, ces familles chassées par les milices sionistes en 1948.

Chère Anne Hidalgo, comment permettre #TelAvivSurSeine quand les Palestiniens de Cisjordanie n’ont pas accès, eux, à la mer ?

Il est encore temps de renoncer à ce projet qui d’ailleurs ne réunit pas toutes les conditions nécessaires à un bon respect de l’ordre public.