A Saint-Denis, Zahir Amazir invente la préférence locale

On connaissait tous la préférence nationale. Ce concept nauséabond issu de l’extrême droite, repris par la droite et même chez certains à « gauche ». Un concept basé sur l’exclusion d’hommes, de femmes d’enfants sur des critères ethniques et religieux.

La préférence nationale est destructrice, elle vise à opposer les dits nationaux, aux autres. Comprendre les arabes, les noirs, les roms, je vous la fais courte. Finalement, pas tant que ça. Le sentiment d’appartenance à un pays tient beaucoup au fait de se sentir accepté, par ses voisins, mais aussi et surtout, par les responsables politiques, notamment ceux au pouvoir, dans votre ville et à la tête de l’Etat.

Pour le coup, je ne dévoile aucun secret en disant que nos compatriotes étrangers ne sont pas les mieux vus dans ce pays. Pas plus reluisant du côté des français dits issus de. Je vous parle pas des musulmans, on en parle déjà assez, même trop.

Et puis, pour prouver qu’on considère que les étrangers font corps avec la Nation, on peut par exemple, au hasard, leur accorder le droit de vote, là où ils vivent.

Mais ça le Parti socialiste n’en veut pas, il n’a pas le temps. Il préfère faire de la lèche au patronat. Du coup, y’a du taf pour resserrer les liens, c’est plus difficile de la jouer solidaire que d’opposer les uns aux autres, les jeunes aux vieux, les chômeurs à ceux qui bossent, les blancs aux pas blancs etc…

Dans une ville, le sentiment d’appartenance est différent. On est parisien dès lors qu’on habite à Paris. Lillois à Lille…. Promis je vous fais pas les 36 000 communes. C’est pas que j’ai pas envie de vous saoûler, c’est juste par manque de temps.

Donc, logiquement, on est dionysien dès lors, là encore, qu’on vit à Saint-Denis. Nous, habitants de Saint-Denis, nous sommes donc tous dionysiens. Enfin, ça je le pensais, j’en étais convaincu jusqu’à ce que je croise un tract d’un candidat à Saint-Denis.

Il s’appelle Zahir Amazir et est candidat pour le RCI, Rassemblement citoyen indépendant.Son slogan ne laisse pas indifférent, vous êtes prêts ?

PRIORITÉ AUX DIONYSIENS

Oui, moi aussi j’ai buggé.Du coup, après toutes ces années passées à Saint-Denis, je découvre par un tract qu’il n’y aurait pas que des dionysiens à Saint-Denis. Je mène mon enquête, est-ce que des parisiens, des audoniens, voire des marseillais habiteraient à Saint-Denis ?

Potentiellement, des dizaines de personnes seraient installées illégalement dans notre ville : inacceptable. Puis, j’ai lu sa profession de foi

Zahir est né à Saint-Denis, il y a passé 41 ans.

Je ne l’ai pour ma part jamais vu, mais passons. Il nous raconte qu’il est allé à l’école à Saint-Denis, qu’il y a fait du sport….. Peut-être même qu’il y fait ses courses… Suspense… Voilà donc sa définition du dionysien. Quelqu’un qui est né ici, qui y a toujours vécu.

Si je suis ce raisonnement, je dois être un faux dionysien, je n’y suis pas né. Je ne suis donc qu’un squatteur, un usurpateur. Mais alors ? Les gens fraîchement arrivés, notamment d’Afrique, d’Asie, les Roms, sont-ils dionysiens aux yeux de Zahir Amazir ?

S’il répond oui, alors son slogan de campagne est débile.

Si’il répond par la négative, alors son slogan de campagne est raciste.

Nul besoin de diplômes de dionysien ni de brevet, juste des convictions, des valeurs. Saint-Denis est une ville ouverte, la ville aux plus de 100 nationalités. Faudrait quand même rappeler que l’histoire de Saint-Denis, c’est des vagues successives d’immigration, des bidonvilles résorbés, la solidarité.

Pas des vagues successives d’exclusion.

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