Archive for Coups de gueule

Saint-Denis, le PS et le racisme.

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Au début j’ai cru à un faux, à un fake. Puis, après m’être frotté les yeux plusieurs fois, je me suis rendu à l’évidence : le Parti socialiste de Saint-Denis s’est essayé à une leçon d’antiracisme à l’encontre de la municipalité de Saint-Denis.

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Issy-Les-Moulineaux, foyer du communautarisme ?

 

Pas un jour sans qu’on nous parle d’islam ou des musulmans dans le pays. A tel point qu’une sénatrice centriste propose un hashtag #UnJourSansParlerDeLIslam. Chiche !

On peut effectivement toujours rêver. Dans cette France aux dizaines de nationalités, le mot « communautarisme » est toujours lié aux musulmans. Deux musulmans qui prennent un verre, c’est un repli communautaire.

Concernant le rapport entre élus et citoyens, on entend encore beaucoup de choses à propos des « Molenbeek » français. Notamment sur le clientélisme supposé avec la communauté musulmane, pour acheter la paix sociale en finançant des associations de musulmans intégristes dans les quartiers.

Maintenant scénario fiction : imaginons un instant que je sois moi élu délégué à la communauté musulmane de Saint-Denis. On aurait droit à un tollé, à des pétitions, à des appels à la démission, et à des dénonciations d’un clientélisme municipal.
C’est pourtant le cas à Issy-Les-Moulineaux, mais rassurons nos concitoyens, la communauté musulmane de cette ville n’est en aucun cas choyée. L’inénarrable André Santini, Député-Maire de cette ville depuis trop d’années pour que je puisse compter, a désigné deux adjoints en charge de deux communautés : l’un en charge de la communauté juive l’autre en charge de la communauté arménienne. L’une sur la base religieuse, l’autre sur la base de l’origine.

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Conclusion : soit la République est Une et Indivisible et alors il faut que toutes les communautés soient traitées à égalité – à moins que les musulmans, les maghrébins, les portugais etc… aient déserté la ville – soit on ne différencie pas les gens selon leur origine ou religion et à ce moment-là ces délégations sont nulles et non avenues.

Il est évident qu’un élu en charge des musulmans n’aurait pas fait long feu, en cohérence et toute logique avec le racisme et l’islamophobie qui rongent la République.

 

Les élu-e-s socialistes de Saint-Denis contre les parents mobilisés pour l’école

 

Hier, un mouvement important a eu lieu dans les écoles du 93. 200 écoles bloquées au niveau départemental, et plusieurs localement à Saint-Denis. Personnellement je me suis rendu dans 3 écoles, et à chaque fois j’y ai vu des parents attachés à leur école, mais révoltés par le mépris que leur témoigne l’Etat concernant les effectifs et les non remplacements.

Dans ces mobilisations, il y avait des parents, des enseignant-e-s, des habitant-e-s, et des élu-e-s. Mais il manquait pas mal d’élu-e-s à l’appel. Notamment les élu-e-s socialistes de Saint-Denis. On aurait pu attendre que sur une question aussi cruciale que l’avenir des enfants, ces élu-e-s qui se jurent de gauche, se mobilisent. Mais rien. Aucun élu socialiste n’a été vu dans les nombreuses écoles occupées et bloquées à Saint-Denis.

Quel mépris pour ces parents en lutte, quel mépris pour les quartiers populaires et les familles qui réclament juste le droit au respect et à la dignité.

Le député Hanotin lui était en déplacement à Haiti. Rien ne l’empêchait de soutenir ce mouvement, notamment via les réseaux sociaux. Voici la preuve qu’il était connecté et qu’il aurait donc pu témoigner sa solidarité :

Quant aux autres élu-e-s, rien, wallou, nada. Sûrement trop occupés à rédiger un énième tract ou courrier sur les rroms, ou pour dénoncer le manque de sécurité, compétence de l’Etat si ça devait être rappelé.

Espérons que les familles à qui le Parti socialiste témoigne son mépris s’en souviendront en temps utiles.

Féministe ou islamophobe, il faut choisir

 

 

Je dois avouer que ça fait un moment que je me dis qu’il faut écrire ce billet.

Puis on passe à autre chose, on oublie, on écrit sur autre chose et vlan, ça vous revient en pleine tronche.

Faut dire qu’il n’y a pas un jour qui passe sans que l’islam est les musulmans en prennent pour leur grade.

On va même arrêter de prendre le train.

D’aucuns vous diront qu’il n’y a pas de fumée sans feu.

Comme les abrutis qui vous disent que si une femme est violée c’est qu’elle l’a cherché.

Donc attardons-nous – un peu – sur la question du voile et de la liberté de la femme.

On assiste a une mise au ban des musulman-e-s, y compris de ceux qui sont considérés comme modérés – 2 prières et demi par jour – .

Cette déferlante islamophobe a ses relais politiques et médiatiques.

Jusque-là tout est « normal ».

Les musulmans, avec les musulmans d’apparence, ne sont plus les seuls à prendre la défense des musulmans.

Cet été nous avons assisté à une attaque venue de l’intérieur, une cinquième colonne comme la qualifierait Christian Estrosi.

En effet, cet été nous avons assisté à une offensive antivoile.

Pas antivoile à l’école, au travail, à la fac, à la piscine, à Auchan.

Non, antivoile tout court.

Cette attaque est venue d’un collectif d’Aubervilliers, ville populaire, il se nomme les Femmes sans voile.

Ces femmes, revendiquent dans le même temps avec fierté leurs origines maghrébines, leur culture musulmane, dénoncent pour certaines le racisme antimusulman…

Mais voilà. Le collectif se bat donc contre le voile, qu’il soit porté de plein gré ou pas. Partant du principe qu’il n’y a aucune bonne raison de le porter.

Ce collectif – répétons-le – de féministes, se bat donc pour les droits des femmes, sauf pour celui de porter le voile.

Ce collectif ne souhaite pas qu’une femme puisse témoigner de sa confession en se voilant, même si c’est son choix.

Ceci est de l’islamophobie, sous teinté de féminisme, je vous le concède, mais ça reste de l’islamophobie.

Avec d’autres on avait le racisme, sous couvert de laïcité. Cette variante nous change un peu.

Comment peut-on prétendre se battre pour les droits des femmes et écrire ceci dans un appel à manifester pour une journée mondiale des femmes sans voile ?

« Nous, femmes sans voile d’Aubervilliers (France), adhérons totalement à l’action lancée par des femmes sans voile au Québec, qui appellent, le 10 Juillet 2014, à une journée sans voile, afin de dénoncer la condition des femmes qui sont voilées, peu importe où elles sont, qui elles sont, ou la raison pour laquelle elles portent le hijab, le niqab, la burqa, le tchador etc. »

Dans une déclaration plus détaillée, elles affirment tranquillement : « le voile est une discrimination ».

Oui, vous avez bien lu.

Toutes les femmes voilées que je connais ou fréquente, à commencer par mes soeurs seraient de parfaites femmes soumises, incapable d’autonomie et d’émancipation ?

Les femmes de ce collectif, n’ont-elle rencontré aucune femme voilée à Aubervilliers qui porte le voile de manière volontaire et assumée ? Non. Evidemment. Uniquement des femmes soumises aux fourneaux qui préparent de quoi satisfaire leurs barbus de maris.

Quel mépris ! Elles dénoncent à juste titre le patriarcat mais infantilisent elles aussi des milliers de femmes qui ont fait des choix différents des leurs.

Si des femmes sont bafouées dans leurs droits élémentaires, et ça ne concerne pas que les femmes musulmanes, alors oui il faut le dénoncer et les aider, mais ceci mérite mieux qu’un amalgame rance permettant aux plus racistes et islamophobes de s’exprimer comme l’UFAL ou Ni Putes Ni Soumises associations signataires de cette manifestation et qui ne sont pas suspectes d’empathie envers l’islam et les musulmans.

Féministe ou islamophobe, il faut choisir.

 

 

 

Réponse à Jérémie Breaud et à sa lettre à #Ahmed8ans

Cher Jérémie. Vous souffrez, j’ai mal pour vous.

Il est indéniable que les faits que vous reprochez à Ahmed sont graves, mais je suis là pour vous aider.

Vous partez du principe, malgré l’usage du conditionnel, qu’Ahmed a tenu ces propos, qu’il n’a pu le faire que sous l’influence de parents dont l’adn contient des traces de jihadisme.

Votre présupposé est inacceptable, nauséabond. Culpabiliser les parents revient en fait à dire à Ahmed que ses parents sont de dangereux terroristes en puissance, qu’il est en danger avec eux. Une question ? Connaissez-vous Ahmed et sa famille ? Leur avez-vous parlé ? Ah ben non faut pas déconner, faudrait pas s’intéresser à sa vie non plus, il vaut mieux condamner d’emblée ses parents hein. D’ailleurs ils ne peuvent qu’être pétris de haine, leur gamin s’appelle Ahmed et les parents seraient semble-t-il musulmans, au moins d’apparence.

Encore une fois, étiez-vous présent lors de ces événements ? Non, pas plus que moi.

Le couplet sur les morts pour la France, c’est beau. Beau mais pas crédible. Oui beaucoup de gens sont morts pour la France, c’est vrai, notamment des gens dont on parle peu, des soldats venus des anciennes colonies, des anciens protectorats. Avec la reconnaissance que l’on sait, des chibanis aux harkis en passant par les foyers de migrants. Dont un paquet de musulmans, vous savez ces gens qui ont une religion incompatible avec les valeurs de la République.

Vous reprochez à Ahmed de se cacher derrière la liberté d’expression. C’est d’un courage et d’un haut niveau de réflexion… Ahmed a 8 ans, et vous lui parlez comme si c’était Dieudonné. Je vous recommande décrire directement à ce dernier, vous gagnerez du temps et un peu de crédibilité. Quant à la liberté d’expression, elle est vous le savez à géométrie variable, et on en reparlera quand l’islamophobie sera elle aussi un délit. Liberté, Egalité, Fraternité, c’est valable aussi pour les musulmans, non ?

Je ne suis pas d’accord avec vous sur un autre point. L’équipe éducative, en faisant appel aux autorités, n’est pas allée assez loin. A mon sens ils auraient dû attacher Ahmed à un radiateur et lui confisquer son pistolet à eau en attendant leur arrivée. Plus sérieusement, en appeler à la police, aux médias, pour ce qui aurait dû être réglé dans l’intelligence collective, montre que l’intelligence et le discernement ne sont pas l’apanage de tous. Si le gamin s’était appelé Hugues, ou tiens Jérémie, on aurait appelé ses parents et on aurait discuté.

Vous en venez à la fameuse caricature. Vous demandez à Ahmed de dire à son père que ce n’était pas méchant. Avec un ton moralisateur, paternaliste. Le papa d’Ahmed vous a-t-il présenté une carte de musulman ? Beaucoup ont vécu cette caricature comme une violente provocation qui plus est inutile contre les musulmans. Vous défendez la liberté d’expression, souffrez donc qu’on puisse dénoncer et combatte cette caricature, sans faire de ces gens-là des terroristes en puissance, la cinquième colonne.

Vous demandez ensuite à Ahmed d’aller à l’école de façon régulière et suivie. C’est charmant de vous préoccuper de son avenir, mais pour information, il a déjà des parents et nul besoin de tuteur moral.

Vous pensez qu’Ahmed vous a attendu pour aller à l’école assidûment, que ses parents sont trop stupides pour mesurer l’importance que revêt l’éducation, même si celle-ci est loin d’être nationale, en tous points du territoire ? Votre morale, votre ton paternaliste me font penser aux postures des colons : « tiens-toi bien et tout ira bien ».

Avant de faire la leçon aux autres, apprenez non pas à les mépriser mais à les respecter.

 

Halal à la cantine : faux problème, vrai écran de fumée.

Au moment où Marine Le Pen promet de mettre fin aux dispositions religieuses dans les cantines scolaires gérées par son parti, quelques rappels de bon sens sont nécessaires.

Rappeler d’abord qu’il n’existe pas de dispositions religieuses dans les écoles publiques, tout au plus des aménagements, comme nous allons le voir.

Le service public de restauration scolaire, comme tout autre service public, se doit d’assurer l’égal accès de toutes et tous à ce service.

Cet égal accès est aussi valable pour les musulmans (oui, oui).

Ce qui signifie que des enfants de parents musulmans ne sauraient être discriminés sur la base de leurs choix culturels, dont découlent des habitudes alimentaires.

La pause méridienne est un moment important dans la journée d’un enfant.

Parmi les centaines de parents croisés pendant la dernière campagne électorale, seul un parent m’a dit qu’il ne verrait pas d’un mauvais œil qu’on puisse manger halal à l’école.

Ce à quoi j’ai répondu qu’il n’en était pas question et qu’on était assez intelligent pour être capable de donner à tous les enfants français, y compris les musulmans, un repas complet et équilibré sans pour autant qu’il soit confectionné selon des rites religieux, ce qui contreviendrait aux dispositions de la Loi de 1905.

Entre le tout halal et la non prise en compte des différences culturelles, il y a un entre-deux, qui s’appelle le bon sens.

Le déjeuner est un moment de sociabilisation, il garantit aussi que l’enfant aura eu dans la journée au moins 1 repas équilibré, ce qui n’est pas un luxe, notamment et surtout ans les quartiers populaires.

Ce qui signifie que dans les limites fixée par la loi de 1905, les municipalités doivent garantir un repas équilivbré aux enfants, quels que soient leur religion (musulman, juif, bouddhiste) ou les choix alimentaires (végétarien…).

Aussi, si un enfant ne mange pas de viande, il faut qu’il puisse manger autre chose, il faut que l’apport calorique (protéines, lipides glucides) soit le même que celui d’un enfant qui mange de la viande.

Si l’enfant ne manque que halal ou casher, alors il faut là encore que le repas qui lui soit servi soit équilibré.

Même chose pour les végétariens…

Le jour où du porc est servi, les enfants doivent pouvoir faire un repas complet, et mangera du porc qui voudra.

Les parents français de confession musulmane ne demandent qu’une chose : que leurs enfants mangent correctement, comme tout autre enfant, et qu’on ne contrevienne pas à leurs préconisations culturelles ou à leurs choix alimentaires. On appelle ça le respect.

Le service public de restauration scolaire est facultatif. Il reste néanmoins un service public.

Marine Le Pen a tenté de lancer une fausse polémique. En effet le plat de substitution n’est pas une nouveauté, le porc est déjà servi dans l’immense majorité des communes, notamment celles amenées à être gérées par le FN…

Encore une tentative de salir les musulmans en les faisant passer pour des ennemis de l’intérieur.

Vous noterez que Marine Le Pen ne trouve rien à redire à la présence de poisson le vendredi dans de très nombreuses écoles.

La vigilance est de mise tant cette polémique aurait pu prendre à droite, comme à gauche.

 

Le PCF a rencontré le CRIF : une grave faute politique

On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui.

C’est la première réaction que j’ai eu quand j’ai appris que la direction du PCF avait rencontré le CRIF pour « renouer le dialogue ».

Un dialogue rompu, mais pourquoi ?

Le CRIF est depuis très longtemps le bras politique du gouvernement israélien en France.

Il est aussi le fidèle relais de la propagande israélienne, et participe à l’entreprise de délégitimation massive des palestiniens.

Ce groupuscule, très droitier, a toujours justifié les crimes commis par l’armée israélienne contre les civils palestiniens.

Je vais pendant un instant tenter de comprendre pourquoi le PCF a pu avoir envie de discuter avec le CRIF, vous voyez que je ne suis pas borné.

D’abord, Richard Prasquier et Roger Cukierman, respectivement ancien et actuel présidents du CRIF, ont par ailleurs toujours eu des propos apaisants envers les musulmans. Florilège.

Richard Prasquier, lui, soucieux de ne pas attiser la haine et de ne pas monter les communautés les unes contre les autres, a tenu ces propos emprunts d’amour : « l’islam radical est le nouveau nazisme ». Amen.

Roger Cukierman quant à lui, rend hommage aux femmes musulmanes : « il faut que les femmes juives et chrétiennes, autrement dit non musulmanes, fassent beaucoup d’enfants, sans quoi la France sera envahie par ces gens-là dont la natalité actuelle est un danger pour « l’environnement politique et social dans lequel nous vivons ». Le lien du discours a depuis été retiré du site du CRIF.

Si avec ça juifs et musulmans ne se font pas des bisous, c’est à n’y rien comprendre.

Je vous passe les propos de Cukierman – déjà président du CRIF à l’époque –  là encore pleins d’empathie lors de l’arrivée du FN au second tour en 2002. Il analysait ce résultat comme « un message aux musulmans leur indiquant de se tenir tranquilles »

Et puis, vraiment, je vois pas pourquoi on ne discuterait pas avec des gens pour qui toute remise en cause de la politique israélienne vaut de se voir affubler de la sympathique étiquette « ennemi des juifs et d’Israël ».

Je ne vois pas non plus pourquoi Pierre Laurent, que j’ai pourtant croisé à Jerusalem en juin dernier, ne discuterait pas avec quelqu’un qui accusait récemment encore le PCF de faire le jeu de l’antisémitisme en participant notamment aux actions de boycott des produits issus des colonies juives de Palestine.

Après tout, il est cohérent pour le PCF de faire campagne pour la libération de Marwan Barghouti, d’avoir participé à faire libérer Salah Hamouri, quand le CRIF continue de les considérer tous les deux comme des terroristes.

Vous voyez, aucune raison de ne pas discuter avec eux, c’est pas comme si le CRIF ne représentait qu’une poignée d’extrémistes juifs en France.

 

 

 

Rabia agressée par des skinheads. On n’en parle pas : elle est française mais musulmane

Rabia, 17 ans a été agressée à Argenteuil le 20 mai dernier et le premier article dans la presse date d’aujourd’hui 6 juin dans le Parisien.

Cela s’est déroulé une quinzaine de jours avant le meurtre de Clément par des néonazis. Leur seul lien, la violence des néonazis que les autorités tolèrent dans notre pays.

Mon intention n’est pas de hiérarchiser les agressions.

D’une part, parce-que Clément est décédé, et Rabia est heureusement toujours en vie.

D’autre part, parce-que l’émotion et la rage suscités par la mort de Clément sont légitimes, et je les partage complètement.

La question est de montrer que le traitement médiatique est différencié selon que tu sois né judéo-chrétien ou arabe.

Le scandale réside dans le fait que l’agression de Rabia n’a suscité quasiment aucune émotion, et que seuls des sites communautaires ont relayé l’information, alimentant le discours visant à établir que tous les médias sont discriminatoires, voire islamophobes.

Pourtant, sur Facebook notamment, le père de la jeune fille a alerté comme il le pouvait, ceux qu’il connaissait, sans résultat.

Ce mépris est d’une violence sans nom, car il signifie que l’agression de sa fille est tout sauf un acte abjecte et condamnable.

Clément était militant antifasciste et avait une famille soudée autour de lui, et tout de suite, s’est manifestée une indignation quasi-générale, sauf à l’UMP et au FN.

Rabia, elle, n’avait aucun moyen de faire le buzz, et le fait que son histoire soit publiée dans les pages locales du Parisien, 15 jours est significatif. Harlem Désir n’a toujours pas ouvert la bouche.

Rabia raconte sa violente agression : « j’ai croisé deux personnes d’environ 30 ans. L’un d’eux m’a insultée. J’ai accéléré le pas car j’ai eu peur, mais les hommes ont fait demi-tour, l’un d’eux a arraché mon voile, m’a mise à terre puis m’a rouée de coups tout en me traitant de sale arabe, de sale musulmane, raconte cette étudiante en bac pro comptabilité. L’autre homme rigolait ».

Le père a déposé plainte, Rabia a eu 7 jours d’ITT.

Tout ceci est significatif du climat anti-musulman dans ce pays, celles et ceux qui pratiquent cette religion sont vus par beaucoup comme des sous-citoyens.

Toute médaille à son revers. Laisser la lutte contre l’islamophobie, aux seuls musulmans est une erreur majeure, qui pousse a segmenter les luttes au lieu des les rassembler, pour le plus grand bonheur de celles et ceux qui en dehors de la lutte contre l’islamophobie, ne luttent contre aucune autre discrimination.

La lutte contre le racisme ne saurait être la propriété de tel ou tel groupe organisé ou non, mais l’affaire de toutes et tous.

Ce faisant, encore une fois, les pouvoirs publics favorisent le repli communautaire et religieux, et on entendra que tout le monde est raciste et que personne n’aime les musulmans, ce qui évidemment est complètement faux, sans nier le climat nauséabond et la libération de la parole raciste.

Les médias et les responsables politiques sont responsables de cet état de fait et ne veulent pas intégrer qu’on peut être citoyen de ce pays, et musulman.

il va falloir qu’ils s’y fassent.

Le Parti de Gauche et l’islam : chronique d’une haine ordinaire ?

Aux lecteurs et lectrices : je suis élu Front de gauche, même si ça se voit pas tout de suite. Je me suis demandé si je devais dénoncer des postures et des pratiques que je condamne, y compris quand elles émanent de mon propre camp. Je me suis posé la question 15 secondes. 

Le billet se compose en deux parties, parce-que le sujet est inépuisable, alors take your time.

Dans un précédent billet – je sais ça fait genre le mec qui écrit – je suis revenu sur le silence complice de nombreux responsables et militants du Front de gauche sur l’islamophobie larvée qui mine notre beau pays.

Je disais qu’il fallait débattre. Ne pas le faire c’est prendre le risque de céder – encore –  aux raccourcis chers à la droite, à l’extrême droite, mais aussi à une partie de la « gauche ».

Dernier épisode de la série « l’islamophobie primaire » :  la sortie du conseiller de Paris (PG) Alexis Corbières qui dénonce la construction de salles de prières dans le futur agrandissement de l’Institut des Cultures d’Islam, en plein quartier de la Goutte d’Or à Paris.

Un projet soutenu et financé par la ville de Paris.

Qui peut nier qu’un tel institut permet déjà de dévoiler au grand public la richesse culturelle de l’islam et plus largement des pays où cette religion est pratiquée ?

Qui peut nier qu’un tel équipement permet déjà d’ouvrir davantage ce quartier de la capitale au este de Paris et même au-delà ? Moi, banlieusard jure y être déjà allé plusieurs fois.

L’élu en question va pourtant déraper, en prenant la question du financement et la loi de 1905 comme prétextes.

Il combat ce projet en rejetant le financement des salles de prière par la ville. Or, si la ville va en effet construire ces salles, qui seront donc des locaux nus une fois achevés, il est prévu que celles-ci soient revendues, justement, aux fidèles qui en assureront la gestion.

Ainsi, ils seront les interlocuteurs privilégiés des pouvoirs publics. Plutôt une avancée.

Au final donc, la ville n’aura financé aucun culte puisqu’elle récupérera les deniers publics investis.

L’élu enfonce le clou en refusant que les lieux cultuels soient dans la même enceinte que les futurs lieux culturels. Ma première réaction était : « mais qu’est-ce que ça peut te f*** ? « .

Puis, je me suis dit qu’il avait raison. Imaginons en effet qu’un musulman transmette sa foi à un-e impie en serrant la main ou en claquant la bise ?!

Je suis transi d’effroi à cette simple pensée.

En effet, pourquoi pas des dialogues entre croyants et non-croyants ou pire des rencontres entre les différentes religions ?

Non, l’entre soi est une valeur bien plus progressiste et porteuse d’avenir.

A quoi bon vouloir s’ouvrir aux autres, à plus forte raison quand l’autre est musulman ?

Au final, cet élu s’oppose à ce que les musulmans aient – enfin – des lieux de culte décents pour justement mettre fin aux prières dans les locaux indignes et dans la rue dont les tous les musulmans, d’apparence ou non, sont les premières victimes.

Ces prises de position ne sont pas dignes d’un élu de gauche, qui ne sait plus comment manifester sa haine des religions et particulièrement de l’islam.

Un islam bien côté sur le marché du buzz, à condition qu’on tape dessus et ça, lui comme les autres, l’a bien compris.

En tenant ces propos, Alexis Corbière s’est fait malgré lui l’allié objectif de la droite et de l’extrême droite, comme des fascistes tendance Riposte Laïque.

J’y vois du rejet, j’y décèle de la haine, j’y trouve du mépris.

Voici comment Alexis Corbière concluait déjà son intervention au conseil de Paris du 12 juillet 2012 : « Le respect de la laïcité nous concerne tous. Il est un des enjeux majeurs du 21e siècle à Paris comme dans le reste du Monde ». 

Moi, benoîtement je ne pensais pas que c’était du même niveau que la spéculation financière, la pauvreté, le chômage et qu’à Paris les vrai problèmes, c’est la spéculation immobilière, le manque de logements sociaux….

Le 22 avril dernier, il a voté contre le projet de la ville. Il faut qu’il assume jusqu’au bout, ce vote lourd de significations.

Je vais maintenant vous faire une confidence, étant donné qu’on est seuls ici : mon article cité en début de billet a aussi été écrit en réaction à un communiqué du Parti de Gauche qui condamnait, tout comme Manuel Valls et Marine Le Pen, la décision de la Cour de Cassation dans l’affaire Babyloup.

Je continue donc de croire que beaucoup de responsables politiques et de pseudos intellectuels brandissent l’étendard de la laïcité pour dissimuler une haine de l’islam non assumée et donc, honteuse.

La laïcité est alors bien pratique, une sorte d’alibi pour éviter de se voire taxer de racisme anti-musulman.

On laisse subtilement entendre dans le discours ambiant bien relayé par les médias, que la cohésion nationale est menacée par l’islam et que les demandes de la communauté musulmane seraient à ce point exponentielles et dérogatoires du droit commun qu’elles seraient en passe de briser le pacte républicain.

De fait, montrer du doigt une et une seule communauté en raison de sa seule appartenance religieuse, c’est du racisme.

Je dis une seule, parce-qu’à gauche de la gauche – j’attends plus rien du PS depuis que je sais compter – peu de voix se font entendre quand d’autres religions font le siège de la République.

Aussi, personne ou presque n’a trouvé à redire sur les nombreuses prières de rue que l’on doit subir pendant le débat sur le mariage homo.

Le 21 avril dernier encore, place des Invalides au cœur de Paris, des centaines de catholiques intégristes ont pu prier contre le mariage pour tous et pour l’homophobie, avec la bénédiction de la police républicaine du ministre socialiste Manuel Valls.

Quand les catholiques prient, sur l »espace public, la République le tolère, voire l’encourage par un étrange silence, le tout relevé d’un soupçon de complicité.

Imaginez un instant que des musulmans se soient mis à prier au même endroit….

Je n’ose même pas imaginer le déferlement médiatique et raciste auquel on aurait eu droit. Tous les médias se seraient mis en mode pain au chocolat.

Le souci réside bel et bien dans le traitement différencié réservé à l’islam. C’est un peu la religion des pestiférés, de ceux qu’on montre du doigt pour mieux les châtier, les exclure.

Aussi, a force de marginaliser les musulmans, ils sont irrémédiablement poussés vers une radicalisation pourtant pourfendue par les ultralaïcards.  Ensuite, les UMP et FN n’auront qu’à se baisser pour ramasser le gros lot.

Avec la complicité active d’une partie de la gauche et de prétendus « camarades », qui ne se précipitent pas lorsque d’autres religions que l’islam prennent véritablement possession, elles, de l’espace public.

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Pour l’UMP et le PS le problème c’est l’Islam et les musulmans. La preuve par les crèches Loubavitch

Il y a un j’écrivais un article sous le titre : « Pour l’UMP, le problème c’est l’Islam et les musulmans. La preuve par les crèches Loubavitch »

Je le reproduis ici un an après, tant le pseudo débat sur la laïcité vient nous rappeler que loin de vouloir assurer la coexistence des communautés, nos élites politiques souhaitent mettre au bas les musulmans de cet pays.

Sur le financement des crèches Loubavitch, pas une réaction de Manuel Valls, Jean-François Copé ou Harlem Désir. 

A Paris, deux millions d’euros ont été versés à 14 crèches confessionnelles juives, dont certaines, d’obédience orthodoxe.

A l’époque, peu de remous, sauf en interne au Conseil de Paris.

Vu que tout le monde à le droit de savoir, voici les votes :

Le PS, l’UMP et le NC ont voté pour ces subventions. Les élus PCF/PG ont voté contre et les Verts se sont abstenus.

Peu importe pour la majorité parisienne, que ces crèches ferment le vendredi après-midi, où qu’elle ne soient pas ouvertes à toutes les familles.

Sur ce coup-là, il y a une union sacrée dans une conception toute particulière de la laïcité, à la parisienne….

Certaines crèches mettent en évidence des signes ostentatoires au dessus des berceaux. Tant d’abnégation pour l’équilibre des enfants est touchant.

D’autres crèches, malgré les subventions, refusent d’attribuer un quota aux mairies d’arrondissement….

Je suis personnellement opposé à ce que l’argent public finance quelque culte que ce soit.

Néanmoins, lorsqu’on prend connaissance de dérives telles que celle de Paris, on se dit que finalement le problème, pour le gouvernement, la droite et l’extrême droite, n’est pas le financement des cultes par l’argent du contribuable, mais bien le financement de la religion musulmane et d’elle seule.

Islamophobie, quand tu nous tiens….