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Islamophobie : Jean-Vincent joue Placé

 

 

Il est partout ! Télés, radios, internet, on ne peut pas le rater, il a toujours un avis sur tout, surtout quand on ne lui demande rien.

Une constance, qu’il faut lui reconnaître, toujours politiquement correct, et la même brosse à reluire en toutes saisons, la brosse qui devrait lui permettre – enfin – de décrocher un maroquin.

Concernant la polémique sur le meeting contre l’islamophobie qui a lieu le 6 mars à Saint-Denis, revenons sur les faits.

Aurore Bergé, militante UMP pro-israélienne interpelle Jean-Vincent Placé en lui demandant de se désolidariser de l’organisation du meeting dont son parti EELV était alors signataire.

Il s’est exécuté avec toute la célérité qu’on lui connait.

 

Résultat : EELV retire sa signature pour le plus grand bonheur de l’aile droite du parti représentée par François De Rugy, Barbara Pompili, Jean-Vincent Placé…

Heureusement, chez EELV il y a aussi des militants dont l’engagement est sans faille sur le sujet, et cette tribune permet de remettre les choses à leur place.

J’ai été pour ma part stupéfait du silence d’Emmanuelle Cosse qui aurait dû intervenir sur un sujet aussi important, et visiblement clivant.

Le reproche de la droite d’EELV était que se mélangeaient des organisations avec lesquelles la gauche progressiste ne partage pas l’essentiel ou les fondamentaux.

Une tribune d’Ensemble vient là aussi expliquer que l’essentiel est de se retrouver sur ce combat-là, ce qui n’empêche pas de dénoncer TOUTES les formes de discriminations : sexe, orientation sexuelle, ethnie, religion, handicap…

Mais voilà, Jean-Vincent Placé ne parvient pas à cacher sa duplicité.

En effet, s’il prend ses distances avec le meeting contre l’islamophobie, il n’hésite pas à prendre place aux cotés d’islamophobes.

Le dîner du CRIF est présent tous les ans dans l’agenda du Sénateur, comme un rappel de vaccin.

Cette année, malgré la sortie islamophobe du Président du CRIF Roger Cukierman, il s’est rendu à la convocation annuelle, et a pointé au rendez-vous des inconditionnels d’Israël.

On peut dire qu’il n’a pas été gêné de voir son nom aux côtés de Meyer Habib notamment,qui a déclaré entre autres qu’une « grosse partie des musulmans veulent la disparition de l’occident’, lui qui pose avec son ami Benyamin Netanyahu, le grand démocrate auteur des massacres de Gaza.

Jean-Vincent Placé récidive. Le 8 mars prochain, il participera à un colloque organisé par l’UPJF. Sont invités à ce colloque sur l’international, entre autres les politiques Claude Goasguen, Christian Estrosi, Meyer Habib… Tous connus pour leur pratique de la tolérance, notamment envers les musulmans, des tolérants pratiquement.

Est également annoncée Barbara Pompili, et sur le site de la Ligue de Défense Juive, s’il vous plait !

Sont également conviés, Alexandre Del Valle et Guy Millière, « écrivains » qui sévissent sur le site qui se revendique « néo-conservateur et pro-israélien » dreuz.info.

Pour le coup, c’est pas la place d’EELV au meeting contre l’islamophobie qu’il faut questionner, mais la place de Jean-Vincent Placé et d’autres à EELV.

 

Musulmans et juifs de France : l’insupportable inégalité de traitement

 

 

Les récents propos de Roger Cukierman, Président du CRIF, sont la goutte d’eau, les mots de trop.

Il assume ses propos envers la communauté musulmane. Il a dit – entre autres –  que « toutes les violences, et il faut dire les choses, sont commises par des jeunes musulmans ».

Dans le même entretien, il encense Marine Le Pen « irréprochable personnellement », à ce point irréprochable que cette dernière n’a jamais condamné les propos de son père sur les chambres à gaz. Peut-être que ce qu’il apprécie chez elle, c’est surtout son rejet de l’islam et des musulmans, ce qui en effet peut faire d’elle, aux yeux de Cukierman, une personne impeccable.

Imaginons un instant qu’un responsable musulman ait dit la même chose sur Marine Le Pen ou déclaré que le problème en France, ce sont les juifs de France. Tout de suite, et à raison, on aurait dit que cette personne en plus d’être antisémite, soutenait les pires thèses négationnistes et révisionnistes…

C’est là qu’est l’inégalité de traitement, et elle est manifeste.

Les propos de Roger Cukierman auraient dû suscité une vive réprobation de tous les responsables politiques qui se prétendent républicains.

A commencer par le Président de la République et le Premier ministre.

Mais rien, rien dans les médias, ni sur leurs fils twitter respectifs.

A peine Hollande a-t-il balbutié que le racisme c’est pas beau, hier en marge du dîner du CRIF. Mais aucune condamnation ferme des propos de son hôte.

Même Dalil Boubekleur s’est senti obligé de sortir de sa légendaire réserve pour signifier sa consternation.

Même Nicolas Sarkozy a fustigé ces propos dangereux, même si sa réaction est tardive. Il lui fallait rattraper sa déclaration sur les femmes voilées.

C’est de ces absences de prises de position, que naissent frustration et incompréhension.

C’est de là aussi que naissent les fantasmes que certains entretiennent ces fantasmes nauséabonds du style : « y’en a que pour les juifs, quand un musulman est touché, personne ne bouge ».

Comment demander à des personnes du respect quand on ne leur témoigne que mépris ?

Enfin, il faut aussi que le CRIF éclaircisse son rôle. S’il dit représenter une partie des juifs de France, alors il ne peut pas appeler à soutenir Israël pendant que Gaza est sous les bombes et reprocher dans le même temps à certains d’importer le conflit en France…

Finalement, en laissant penser que les juifs contrôlent tout, et ont le pouvoir partout, en ne condamnant par les propos de personnalités juives parce-que juives, on alimente la judéophobie.

Finalement, Cukierman, ou le député pro-israélien Meyer Habib – et quelques autres – ne sont-ils pas à leur manière quelque peu antisémites ?

Imaginons un instant, au hasard, que le CFCM ait appelé à soutenir Gaza en appelant à un rassemblement devant l’Ambassade de Palestine…..

Il faut que cesse ce deux poids deux mesures, cette inégalité de traitement entre musulmans et juifs de France, c’est en instaurant l’égalité et la justice qu’on aura la solidarité et la fraternité.

Sans justice, pas de paix.

Israël déterminé à empêcher toute création d’Etat palestinien

Michel Warshawski, que j’ai personnellement eu l’occasion de rencontrer à plusieurs reprises en France et en Palestine, est l’un ces infatigables militants israéliens contre l’occupation.

Avec une extrême pédagogie, il dissèque minutieusement la politique israélienne et sa propagande. Lui contrairement à d’autres, ne nous assène pas des généralités dans le seul but d’étaler une science qu’ils n’ont pas.

Réflexions suite à une rencontre à Jérusalem, dans les locaux de son association, l’Alternative Information Center.

La thèse ?  Israël ne veut pas la paix. Pour cela, il aborde le processus de paix, la colonisation, et l’éternelle lâcheté de la « communauté internationale »
Selon lui, il n’y a pas de processus de paix même si pendant un laps très court, une partie des dirigeants israéliens en avait fait le pari. Un laps de temps tellement court que rien n’a pe être enclenché.

Pour être précis, c’était la période 1993 1995, qui a donné lieu à l’assassinat de Rabin, précisément qu’ il s’apprêtait à commettre l’irréparable aux yeux des partisans du grand Israël, à savoir œuvrer à la création de l’Etat palestinien, évacuer les colonies…

Rabin pensait qu’il était nécessaire de mettre fin à l’occupation. Il a été tué par un colon, ceux-là mêmes qui sont représentés légalement au sein du Parlement israélien. Quitte à se foutre de la gueule du monde, autant faire ça bien.

Quand Israël ordonne un gel des colonies, celui-ci doit être « discret ». Traduction : aucun gel et jamais, et nulle part.

Si le processus de paix a toujours été un mythe, le processus de colonisation est lui bien réel.

Un processus de colonisation qu’Ariel Sharon théorise dès les années 70.

Ce projet, il le décline en quatre phases dans une interview parue dans Haaretz en 2003.
Ainsi selon lui La guerre d’indépendance d’Israël n’est pas encore terminée (guerre de création), prise de contrôle de l’espace.

Il estime ensuite qu’Israël n’a pas et ne doit pas définir ses frontières, que ces dernières sont là ou « la charrue trace son dernier sillon », afin de marquer le terrain.

Il ajoute que la paix n’est pas à l’ordre du jour pour les 50 prochaines années années. D’ici là il faut « israéliser », « judaiser »…

Aussi la paix sera possible quand la création de l’Etat palestinien sera, elle, impossible.

Après avoir arpenté le terrain, on voit pas trop bien ce qui pourrait ressembler à un futur Etat, les colonies sont partout, tels des kystes.

Si l’on prend le cas de ces colonies, elles ne sont jamais installées au hasard, et visent au moins deux objectifs : casser toute continuité territoriales en Palestine, et inclure ces colonies dans l’Etat d’Israël.

Sharon a décidé de faire des territoires palestiniens, des enclaves. Comme à Jenine, Ramallah, Naplouse……

Pour bien être sûr de rendre la vie  impossible aux Palestiniens, Israël a orné la Cisjordanie d’un joli mur de béton de plusieurs mètres de haut.
Israël ne veut pas de continuité territoriale pour l’Etat palestinien, il lui faut maintenir un lien direct entre Tel Aviv et le Jourdain.

Le pragmatisme israélien ne cessera jamais de m’étonner. La solution trouvée et déjà à l’œuvre consiste à assurer une « contiguïté territoriale à défaut de continuité ».

Aussi ; il est dorénavant possible d’aller de Tel Aviv au Jourdain en « passant sous des villes palestiniennes ». Il existe à cet effet, deux grands tunnels sous Bethleem et Beit Sahour, deux villes palestiniennes, contrôlées par l’Autorité palestinienne.

Donc contiguïté, pour esquiver la réalité. Il ne faudrait pas que les israéliens, notamment constatent de visu les méfaits de la colonisation, surtout quand on sait qu’elle coute chaque année des milliards d’euros aux contribuables de cet Etat colonial.

Comment évoquer ces questions sans pointer l’immense responsabilité des puissances occidentales USA et Europe en tête ?

A défaut d’avoir des couilles, ces pays ont un chéquier et maintiennent, à coup de dollars, la Palestine en état de respiration artificielle.

Israël ne peut pas lever le petit doigt sans l’aval de l’Oncle Sam. Un peu comme un gamin de CP qui voudrait aller pisser.

Pourtant, ce statut d’enfant gâté pourrait prendre un coup, tant « la question de la Palestine et d’Israël ne fait plus la une des journaux. »

C’est pas tant qu’il ne s’y passe plus rien, la colonisation ne s’est jamais portée aussi bien. C’est juste que tout le monde s’en tape, sauf Israël.

Du coup, pour refaire parler d’eux et garder le monopole de la centralité dans la région, on peut craindre une nouvelle aventure belliqueuse.

En même temps, faire la guerre et envoyer des soldats au front est encore ce qu’Israël fait de mieux, ça et faire un gros doigt au reste du monde.

La guerre où ça me direz-vous.

Gaza, reste une valeur sûre : un peuple désarmé, abandonné de tous, à portée de chars et de missiles, excellent rapport qualité prix. Et silence garanti de BHL et ses acolytes.

En poursuivant la construction du mur, la colonisation massive de la Cisjordanie, le blocus sur Gaza et en faisant le pari de la division des factions palestiniennes, Israël démontre jour après jour, que s’il y a bien une chose dont ils ne veulent pas, c’est de la paix et d’un Etat de Palestine.

Après plusieurs séjours sur place, un constat s’impose : il y a trop de colons pour qu’un Etat palestinien puisse voir le jour. Et personne ne parle de les déloger.

Israël parvient pour le moment à maintenir un calme tout relatif, sur la Cisjordanie , mais pour combien de temps encore ?