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Féministe ou islamophobe, il faut choisir

 

 

Je dois avouer que ça fait un moment que je me dis qu’il faut écrire ce billet.

Puis on passe à autre chose, on oublie, on écrit sur autre chose et vlan, ça vous revient en pleine tronche.

Faut dire qu’il n’y a pas un jour qui passe sans que l’islam est les musulmans en prennent pour leur grade.

On va même arrêter de prendre le train.

D’aucuns vous diront qu’il n’y a pas de fumée sans feu.

Comme les abrutis qui vous disent que si une femme est violée c’est qu’elle l’a cherché.

Donc attardons-nous – un peu – sur la question du voile et de la liberté de la femme.

On assiste a une mise au ban des musulman-e-s, y compris de ceux qui sont considérés comme modérés – 2 prières et demi par jour – .

Cette déferlante islamophobe a ses relais politiques et médiatiques.

Jusque-là tout est « normal ».

Les musulmans, avec les musulmans d’apparence, ne sont plus les seuls à prendre la défense des musulmans.

Cet été nous avons assisté à une attaque venue de l’intérieur, une cinquième colonne comme la qualifierait Christian Estrosi.

En effet, cet été nous avons assisté à une offensive antivoile.

Pas antivoile à l’école, au travail, à la fac, à la piscine, à Auchan.

Non, antivoile tout court.

Cette attaque est venue d’un collectif d’Aubervilliers, ville populaire, il se nomme les Femmes sans voile.

Ces femmes, revendiquent dans le même temps avec fierté leurs origines maghrébines, leur culture musulmane, dénoncent pour certaines le racisme antimusulman…

Mais voilà. Le collectif se bat donc contre le voile, qu’il soit porté de plein gré ou pas. Partant du principe qu’il n’y a aucune bonne raison de le porter.

Ce collectif – répétons-le – de féministes, se bat donc pour les droits des femmes, sauf pour celui de porter le voile.

Ce collectif ne souhaite pas qu’une femme puisse témoigner de sa confession en se voilant, même si c’est son choix.

Ceci est de l’islamophobie, sous teinté de féminisme, je vous le concède, mais ça reste de l’islamophobie.

Avec d’autres on avait le racisme, sous couvert de laïcité. Cette variante nous change un peu.

Comment peut-on prétendre se battre pour les droits des femmes et écrire ceci dans un appel à manifester pour une journée mondiale des femmes sans voile ?

« Nous, femmes sans voile d’Aubervilliers (France), adhérons totalement à l’action lancée par des femmes sans voile au Québec, qui appellent, le 10 Juillet 2014, à une journée sans voile, afin de dénoncer la condition des femmes qui sont voilées, peu importe où elles sont, qui elles sont, ou la raison pour laquelle elles portent le hijab, le niqab, la burqa, le tchador etc. »

Dans une déclaration plus détaillée, elles affirment tranquillement : « le voile est une discrimination ».

Oui, vous avez bien lu.

Toutes les femmes voilées que je connais ou fréquente, à commencer par mes soeurs seraient de parfaites femmes soumises, incapable d’autonomie et d’émancipation ?

Les femmes de ce collectif, n’ont-elle rencontré aucune femme voilée à Aubervilliers qui porte le voile de manière volontaire et assumée ? Non. Evidemment. Uniquement des femmes soumises aux fourneaux qui préparent de quoi satisfaire leurs barbus de maris.

Quel mépris ! Elles dénoncent à juste titre le patriarcat mais infantilisent elles aussi des milliers de femmes qui ont fait des choix différents des leurs.

Si des femmes sont bafouées dans leurs droits élémentaires, et ça ne concerne pas que les femmes musulmanes, alors oui il faut le dénoncer et les aider, mais ceci mérite mieux qu’un amalgame rance permettant aux plus racistes et islamophobes de s’exprimer comme l’UFAL ou Ni Putes Ni Soumises associations signataires de cette manifestation et qui ne sont pas suspectes d’empathie envers l’islam et les musulmans.

Féministe ou islamophobe, il faut choisir.

 

 

 

Les déplacements de la Ministre candidate Marie-Arlette Carlotti à Marseille aux frais de la princesse ?

Je vous entends déjà : « on s’en fout, c’est pas important », « ils le font tous donc un de plus un de moins ». TEST

Malgré vos remarques, je vais quand même pousser le coup de gueule.

Marie-Arlette Carlotti est Ministre. Je sais, pour beaucoup, c’est une info.

Elle a donc du boulot, théoriquement je veux dire.

Mais elle trouve du temps pour aller à Marseille, et ce, assez régulièrement.

Certes, elle était conseillère générale et députée avant d’entrer au gouvernement, mais justement, en y entrant, on rompt avec toute fonction élective, incompatible avec l’exercice d’une fonction ministérielle.

Elle était, par exemple, de ces élus qui ont tenu une table ronde pour sceller le pacte national pour Marseille. Elle était sur l’estrade aux côtés du Maire de Marseille. Un plan de com’ pour le tout sécuritaire, UMP et PS, main dans la main.

La question est : à quel titre ?

A moins qu’Ayrault l’ait nommée Ministre du pacte national de Marseille, sa présence n’était aucunement justifiée, pire, elle etait déplacée.

Injustifiée, car elle n’a aucune fonction élective, et que cette réunion rassemblait des élus. Injustifiée, car sa fonction ministérielle n’a rien à voir, ni de près ni de loi avec ladite réunion.

Déplacée, car elle n’avait rien à y faire, comme je viens de le le dire, mais surtout parce qu’elle se sert des drames de Marseille pour faire avancer sa candidature aux primaires du Parti socialiste à Marseille.

Car oui, mesdames et messieurs, Marie-Arlette Carlotti ne peut se montrer à Marseille qu’en sa qualité de candidate à la primaire, tout comme le sont Samia Ghali et Patrick Menucci.

Du coup, la voir éructer aux micros de toutes les radios et télés a de quoi irriter.

Le Premier ministre lui a-t-il donné des congés ou des RTT ?

Le service de protection des personnalités, pour ne citer que lui, ne peut se permettre de ne pas accompagner un Ministre en déplacement, quand bien même ce déplacement ne serait pas ministériel.

Questions simples : qui paie ses déplacements ? Qui la remplace au Ministère pendant ses déplacements de candidate ?

Personne ne s’en émeut, pas même Arnaud Montebourg, alias Mister la Vertu.

Je me rappelle alors des attaques du candidat Hollande contre Sarkozy qu’il accusait de faire campagne sur le dos des contribuables.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais ?

Énième dérapage tweet-contrôlé à l’UMP

La crise politique majeure que nous traversons actuellement semble donner des ailes à certains de nos élus.

Alors que beaucoup débattent pour savoir si l’UMP est ou non un parti républicain, un député UMP a décidé de répondre à sa façon, et se fendant d’un tweet que ne renierait pas le plus modéré des néonazis.

Alors que ce qui était censé être une fête en l’honneur du PSG s’est transformé en « casse party », Jean-Sébastien Vialatte, député du très progressiste département du Var a eu ces mots en direction des prétendus casseurs : « Les casseurs sont sûrement des descendants d’esclaves ils ont des excuses #Taubira va leur donner des compensations ». Charmant.

Il dit tout haut ce que beaucoup de gens à l’UMP ruminent à longueur de temps, à savoir que les arabes et les noirs sont génétiquement programmés pour foutre la merde et casser. Le basané, français ou étranger serait la lie de la Nation. Du FN dans le texte.

Le problème, c’est que l’on n’est pas au premier dérapage, et que celui-ci vient compléter la série tristement célèbre des dérapages racistes volontaires commandités à l’UMP.

Le souci est qu’aucune condamnation n’est venue de la part des responsables politiques de droite (logique) comme de gauche (logique ?).

La moindre des choses est de condamner ces propos nauséabonds et de voir si des poursuites sont possibles.

A moins qu’on ne soit que deux dans le pays à considérer qu’avoir un député néonazi qui se fait passer pour républicain est un problème.

Car ces propos incitent clairement à la haine de l’autre et posent tout aussi clairement la question de l’infériorité des ethnies entre elles.

Les excuses du député n’y changeront rien. Il a tenu ces propos avant de s’excuser face à l’indignation suscitée sur les réseaux sociaux. Contraint et forcé.

Comme élu de la Nation, il doit rendre des comptes, y compris aux descendants d’esclaves, qui sont français tout autant que lui, et l’on comprend que c’est bien ça qui le dérange.

 

Le cumul des mandats ou l’art de brasser du vent

MAJ du 13 mai 2013.

Le Sénateur Jacques Mézard, Sénateur PRG de son état propose la chose suivante : interdire le cumul des indemnités. Il ajoute, sans se plier en quatre que les citoyens ne sont pas opposés au cumul des mandats et que si des parlementaires veulent travailler davantage, qu’ils puissent le faire….. Du Sarko dans le texte.

Oui, je sais le titre est un peu provocateur, mais finalement, pas exagéré.

Je n’en peux plus de voir cet affligeant spectacle de nos hommes et femmes politiques qui donnent des leçons de morale et d’austérité au peuple tout en occupant plusieurs fonctions électives et les indemnités qui vont avec.

Je ne supporte plus d’entendre parler de renouvellement de la classe politique par celles et ceux qui précisément, par ce cumul des mandats, font tout pour l’empêcher. A commencer par François Rebsamen, Sénateur Maire cumulard de Dijon, et Président du groupe PS au Sénat.

On a donc, dans notre belle France, des êtres dotés de capacités physiques et mentales supérieures à la normale.

Figurez-vous que beaucoup parviennent à être Députés, Maires, Présidents d’agglomération, tout ça avec des semaines de 7 jours.

J’aimerais qu’on m’explique, car je suis candide voyez-vous, comment un élu fait pour assumer correctement son mandat de parlementaire et son mandat de maire, quand il n’y pas d’autres jetons de présence….

Comment ne pas penser que l’un se fait forcément au détriment de l’autre ?

On me rétorquera que pour le maire il y a les adjoints. Certes, mais le maire a été élu pour être présent pas pour passer la moitié de son temps voire plus, ailleurs que sur le terrain. Ou alors on supprime le maire et on n’élit que des adjoints.

On me rétorquera aussi volontiers que des parlementaires continuent de travailler. Certes mais rarement plus d’une journée et demi par semaine. Par ailleurs, un travail n’occasionne par un flux ininterrompu de réunions forcément chronophages.

Aussi, ces élus cumulent par avidité de pouvoir, mais aussi par cupidité.

Même si la loi plafonne les indemnités au delà d’une certaines somme, les élus qui cumulent le mandat de parlementaire et un exécutif local atteignent facilement les 9857 euros mensuels.

Comment ne pas avoir une pensée émue pour le député de ma circonscription Mathieu Hanotin.

Ce brave homme avait promis qu’en cas d’élection à l’Assemblée nationale, il démissionnerait de son mandat de vice-président du conseil général du 9-3.

Las, il s’est rendu compte que la Seine-Saint-Denis ne pouvait pas se passer de lui, et a décidé de garder sa fonction, qu’on appelle aussi portefeuille.

Montant total de l’opération : 9857 euros mensuels. Mes félicitations.

Bien sûr, vous en trouverez aussi à droite et même au Front de gauche.

Ce cumul pose plusieurs problèmes.

Un problème éthique, dans le sens où plusieurs mandats exécutifs ne peuvent être menés correctement par un être humain. Cette incapacité à mener plusieurs mandats de front se fait au détriment de la population que l’élu trompe alors sciemment.

Elle pose aussi un problème démocratique majeur. A l’heure où la classe politique française n’est qu’à l’image de ses élites, cette volonté de cumuler s’apparente clairement à un refus de voir de nouvelles personnalités émerger, des personnalités notamment issues des quartiers.

Celles et ceux qui cumulent sciemment responsabilités et indemnités devraient donc se faire discrets et éviter de la ramener sur leurs blogs ou plateaux télé, et de nous saouler avec leur prétendue proximité.

Moi, si j’étais eux, je démissionnerais.

Mais pour ça, il faut du courage, et le courage, c’est la seule chose qu’ils ne cumulent pas.

 

Grand concours #MurDesCons

Oyez Oyez braves gens  !

Après la tempête dans un verre d’eau causée par les photos du local du Syndicat de la Magistrature, il est temps de montrer notre soutien ferme et non négociable.

Mais comment me direz-vous ?!

En réalisant vous aussi un mur des cons, avec des vrais cons, composés de vrais morceaux de con.

Tous seront publiés et envoyés à Christiane Taubira, à l’UMP et au Syndicat incriminé.

Envoyez vos merveilles à madjid(arobase)madjid.fr

Au boulot !

Le Parti de Gauche et l’islam : chronique d’une haine ordinaire ?

Aux lecteurs et lectrices : je suis élu Front de gauche, même si ça se voit pas tout de suite. Je me suis demandé si je devais dénoncer des postures et des pratiques que je condamne, y compris quand elles émanent de mon propre camp. Je me suis posé la question 15 secondes. 

Le billet se compose en deux parties, parce-que le sujet est inépuisable, alors take your time.

Dans un précédent billet – je sais ça fait genre le mec qui écrit – je suis revenu sur le silence complice de nombreux responsables et militants du Front de gauche sur l’islamophobie larvée qui mine notre beau pays.

Je disais qu’il fallait débattre. Ne pas le faire c’est prendre le risque de céder – encore –  aux raccourcis chers à la droite, à l’extrême droite, mais aussi à une partie de la « gauche ».

Dernier épisode de la série « l’islamophobie primaire » :  la sortie du conseiller de Paris (PG) Alexis Corbières qui dénonce la construction de salles de prières dans le futur agrandissement de l’Institut des Cultures d’Islam, en plein quartier de la Goutte d’Or à Paris.

Un projet soutenu et financé par la ville de Paris.

Qui peut nier qu’un tel institut permet déjà de dévoiler au grand public la richesse culturelle de l’islam et plus largement des pays où cette religion est pratiquée ?

Qui peut nier qu’un tel équipement permet déjà d’ouvrir davantage ce quartier de la capitale au este de Paris et même au-delà ? Moi, banlieusard jure y être déjà allé plusieurs fois.

L’élu en question va pourtant déraper, en prenant la question du financement et la loi de 1905 comme prétextes.

Il combat ce projet en rejetant le financement des salles de prière par la ville. Or, si la ville va en effet construire ces salles, qui seront donc des locaux nus une fois achevés, il est prévu que celles-ci soient revendues, justement, aux fidèles qui en assureront la gestion.

Ainsi, ils seront les interlocuteurs privilégiés des pouvoirs publics. Plutôt une avancée.

Au final donc, la ville n’aura financé aucun culte puisqu’elle récupérera les deniers publics investis.

L’élu enfonce le clou en refusant que les lieux cultuels soient dans la même enceinte que les futurs lieux culturels. Ma première réaction était : « mais qu’est-ce que ça peut te f*** ? « .

Puis, je me suis dit qu’il avait raison. Imaginons en effet qu’un musulman transmette sa foi à un-e impie en serrant la main ou en claquant la bise ?!

Je suis transi d’effroi à cette simple pensée.

En effet, pourquoi pas des dialogues entre croyants et non-croyants ou pire des rencontres entre les différentes religions ?

Non, l’entre soi est une valeur bien plus progressiste et porteuse d’avenir.

A quoi bon vouloir s’ouvrir aux autres, à plus forte raison quand l’autre est musulman ?

Au final, cet élu s’oppose à ce que les musulmans aient – enfin – des lieux de culte décents pour justement mettre fin aux prières dans les locaux indignes et dans la rue dont les tous les musulmans, d’apparence ou non, sont les premières victimes.

Ces prises de position ne sont pas dignes d’un élu de gauche, qui ne sait plus comment manifester sa haine des religions et particulièrement de l’islam.

Un islam bien côté sur le marché du buzz, à condition qu’on tape dessus et ça, lui comme les autres, l’a bien compris.

En tenant ces propos, Alexis Corbière s’est fait malgré lui l’allié objectif de la droite et de l’extrême droite, comme des fascistes tendance Riposte Laïque.

J’y vois du rejet, j’y décèle de la haine, j’y trouve du mépris.

Voici comment Alexis Corbière concluait déjà son intervention au conseil de Paris du 12 juillet 2012 : « Le respect de la laïcité nous concerne tous. Il est un des enjeux majeurs du 21e siècle à Paris comme dans le reste du Monde ». 

Moi, benoîtement je ne pensais pas que c’était du même niveau que la spéculation financière, la pauvreté, le chômage et qu’à Paris les vrai problèmes, c’est la spéculation immobilière, le manque de logements sociaux….

Le 22 avril dernier, il a voté contre le projet de la ville. Il faut qu’il assume jusqu’au bout, ce vote lourd de significations.

Je vais maintenant vous faire une confidence, étant donné qu’on est seuls ici : mon article cité en début de billet a aussi été écrit en réaction à un communiqué du Parti de Gauche qui condamnait, tout comme Manuel Valls et Marine Le Pen, la décision de la Cour de Cassation dans l’affaire Babyloup.

Je continue donc de croire que beaucoup de responsables politiques et de pseudos intellectuels brandissent l’étendard de la laïcité pour dissimuler une haine de l’islam non assumée et donc, honteuse.

La laïcité est alors bien pratique, une sorte d’alibi pour éviter de se voire taxer de racisme anti-musulman.

On laisse subtilement entendre dans le discours ambiant bien relayé par les médias, que la cohésion nationale est menacée par l’islam et que les demandes de la communauté musulmane seraient à ce point exponentielles et dérogatoires du droit commun qu’elles seraient en passe de briser le pacte républicain.

De fait, montrer du doigt une et une seule communauté en raison de sa seule appartenance religieuse, c’est du racisme.

Je dis une seule, parce-qu’à gauche de la gauche – j’attends plus rien du PS depuis que je sais compter – peu de voix se font entendre quand d’autres religions font le siège de la République.

Aussi, personne ou presque n’a trouvé à redire sur les nombreuses prières de rue que l’on doit subir pendant le débat sur le mariage homo.

Le 21 avril dernier encore, place des Invalides au cœur de Paris, des centaines de catholiques intégristes ont pu prier contre le mariage pour tous et pour l’homophobie, avec la bénédiction de la police républicaine du ministre socialiste Manuel Valls.

Quand les catholiques prient, sur l »espace public, la République le tolère, voire l’encourage par un étrange silence, le tout relevé d’un soupçon de complicité.

Imaginez un instant que des musulmans se soient mis à prier au même endroit….

Je n’ose même pas imaginer le déferlement médiatique et raciste auquel on aurait eu droit. Tous les médias se seraient mis en mode pain au chocolat.

Le souci réside bel et bien dans le traitement différencié réservé à l’islam. C’est un peu la religion des pestiférés, de ceux qu’on montre du doigt pour mieux les châtier, les exclure.

Aussi, a force de marginaliser les musulmans, ils sont irrémédiablement poussés vers une radicalisation pourtant pourfendue par les ultralaïcards.  Ensuite, les UMP et FN n’auront qu’à se baisser pour ramasser le gros lot.

Avec la complicité active d’une partie de la gauche et de prétendus « camarades », qui ne se précipitent pas lorsque d’autres religions que l’islam prennent véritablement possession, elles, de l’espace public.

;tg

La propagande du CRIF ne connait aucune limite

On savait que Hassan Chalghoumi, imam ô combien connu pour ses nombreux spectacles comiques, était un soutien sans faille du CRIF et de l’Etat d’Israël.

Mais Richard Prasquier ne s’arrête jamais en si bon chemin. Après des musulmans de France aux ordres, il lui fallait aussi des musulmans arabes israéliens, histoire de démontrer qu’en Israël, tout va bien pour les palestiniens, qu’ils soient ou non israéliens.

Tous les jours, là bas, un peu comme dans les bisounours, on se fait des bisous, on s’aime, on est des frères à base de Salam et Shalom.

Pour produire sa nouvelle émission Prasquier et Chalghoumi ont cette fois fait venir une délégation d’imams israéliens. Selon le CRIF, « des imams heureux dans un état à majorité juive ». A tous les coups ils ont parlé des obstructions caractérisées et systématiques à l’encontre des palestiniens qui souhaitent aller prier à Jérusalem…

Problème : quels que soient les moyens déployés pour tenter de nous convaincre du caractère irréprochable de l’Etat d’Israël, rien n’y fera.

En effet, Prasquier ne pourra jamais faire oublier que les 20 % d’arabes israéliens sont discriminés à l’intérieur d’Israël.

Richard Prasquier prétend par ailleurs que le problème n’est pas religieux mais ne cesse de vouloir pacser des imams et des rabbins au nom de la paix dans le monde.

Sur son site, le CRIF nous précise également que « tous les membres de la délégation israélienne ont parlé de la localité dont ils étaient originaires, et de la parfaite liberté de culte dont bénéficient les citoyens musulmans du pays ».

Déjà, on rigole encore un peu et ensuite on se demande s’ils sont allés jusqu’à préciser qu’avant l’arrivée des juifs en 1948, ces villages étaient des villages arabes…

Jusqu’à évoquer la Nakba ou comment en 1948 des familles entières ont été chassées de leur terres.

On pourrait en dire beaucoup plus.

Il faut juste ne jamais oublier qu’on trouvera toujours des responsables politiques et religieux pour cautionner l’inacceptable, en l’occurrence, l’occupation israélienne en Palestine.

C’est comme les abrutis qui ici, en France, depuis leur canapé, font le jeu du CRIF en mettant eux aussi la question de la Palestine, sur un plan religieux.

Ce faisant, en ne traitant la question que sous cet angle, et en parlant « des juifs » et des « musulmans », ces personnes se font les alliés objectifs de l’occupant.

 

 

Opposé à la stigmatisation des musulmans, je ne signerai pas la pétition contre l’islamophobie

Vous avez pu lire, ou pas, le texte que j’ai adressé à mes camarades du Front de gauche pour dénoncer justement le climat nauséabond qui règne dans le pays et les attaques incessantes dont font l’objet les musulmans. Texte qui m’a d’ailleurs valu quelques remontrances de certains de mes « camarades », mais c’est le jeu.

Pourtant, je ne signerai pas la pétition contre l’islamophobie.

D’abord parce que ceux qui ont lancé la pétition demandent une commission sur un phénomène maintes fois avéré et confirmé par plusieurs rapports et études. Tout le monde sait par ailleurs que ce genre de commission est surtout connu pour ne jamais aboutir. « Si vous voulez enterrer un problème, nommez une commission », disait Clemenceau.

Ensuite, j’ai un réel souci avec certains de ses initiateurs. Il se trouve très simplement que je n’ai pas envie de retrouver mon nom aux côtés de signataires homophobes.

En effet certains des signataires et instigateurs de ce texte ont délibérément lié homosexualité, pédophilie et inceste pendant le débat portant sur le mariage pour tous. A travers une tribune, relayée sur plusieurs supports, ils se sont livrés à une vaste entreprise publique de stigmatisation à l’encontre des homosexuels.

Or, comment exiger l’arrêt d’une forme d’ostracisme quand dans le même temps on en favorise une autre ?

Comment ne pas se dire que ce genre de procédés décrédibilise une démarche salutaire visant à faire très justement condamner des pratiques discriminatoires ?

Comment ne pas imaginer qu’on puisse renvoyer ces personnes à leurs propres contradictions ?

I have a dream.

J’aurais aimé qu’en plein débat sur le « mariage pour tous », alors que les homosexuels étaient stigmatisés parce qu’homosexuels et différents, que des musulmans prennent leur défense en faisant l’apologie, justement, de la différence.

Au lieu de cela, Frigide Barjot, égérie d’extrême droite, islamophobe notoire (visiblement, elle déteste les Gays bien plus que les Musulmans ! ) et intégriste catholique, à été invitée au dernier Salon des Musulmans du Bourget organisé par l’UOIF. Une tribune exceptionnelle et inespérée d’où elle a pu vomir sa haine des homosexuels aux côtes de la frange la plus réactionnaire de la communauté musulmane.

Oui, l’extrême droite catholique et les musulmans ultra conservateurs convergent sur bien des points. C’est regrettable quand on sait la haine que porte l’extrême droite aux musulmans, quels qu’ils soient.

Je ne signerai donc pas aux côtés de celles et ceux qui pensent que la lutte contre les discriminations pourrait souffrir d’exceptions. J’ai toujours soutenu les luttes contre les discriminations quelles qu’elles soient : sans-papiers, roms, homosexuels, musulmans, etc…. Elles sont, selon moi, indissociables.

La lutte pour l’égalité des droits impose l’universalité. L’égalité ne se discute pas.

Enfin, à celles et ceux qui ne manqueront pas de me dire que je mélange tout je réponds ceci : oui, je mélange tout, tous, et toutes.

A mes camarades du Front de gauche : cachez cet islam que je ne saurais voir…

En tant que citoyen, élu Front De Gauche, musulman d’apparence et athée, je vous devais, camarades, la sincérité. Je pensais que des responsables du Front de Gauche se seraient manifestés pour saluer la décision de la Cour de Cassation concernant la crèche Baby Loup. Beaucoup se sont manifestés, mais pour tenir le même discours que Marine Le Pen, Manuel Valls, ou Jean-François Copé. Tout ceci a de quoi interroger…

Nous avons un problème camarades. Je me demande encore comment lors de la campagne des présidentielles, il a été possible de célébrer la main sur le cœur la France métissée et le multiculturalisme et dans le même temps, s’aligner sur la droite et l’extrême droite pour bannir les musulmans des sphères publique et privée. Pour beaucoup, un musulman est forcément intégriste. Jamais un raccourci aussi insultant n’a été fait pour les catholiques ou les juifs.

Nous avons un problème, camarades. Vous n’êtes pas sans savoir que l’on parle de l’islam comme de la seconde religion de France. Vous n’êtes pas fan des religions ? Moi non plus. Est-ce à dire qu’il faut les combattre jusqu’à convertir tous les croyants en de parfaits agnostiques ou athées ? Ces personnes de confession musulmane ne vivent pas toutes en vase clos, enfin pas encore. A force de signifier aux musulmans que l’islam est incompatible avec la République, vous allez réussir à les exclure de la société. Comme si l’islam n’était pas déjà la cause de trop nombreuses discriminations, la gauche dite progressiste à décidé de bannir toute visibilité musulmane de notre vue. A rebours des évolutions de notre Nation.

Nous avons un problème camarades. Car de quoi parlons-nous ? Du port du voile dans les services publics ? Loupé. On parle du port du voile par certaines femmes qui travaillent dans le secteur privé, dans lequel jusque-là la loi de séparation des églises et de l’Etat ne s’applique pas. Logique. On parle donc de femmes, qui souvent travaillent avec des enfants en vue de les éduquer et les épanouir. Que vient donc faire l’islam dans cette histoire ? Ces femmes dispensent-elles en cachette aux enfants des cours d’arabe ou de prière ? Ces femmes appelleraient-elles ces enfants avec des prénoms musulmans ? Pire, les obligeraient-elles à manger halal ? C’est ridicule n’est-ce pas ? Vous êtes en effet ridicules.

Nous avons un problème camarades. Il est inconséquent de dénoncer la montée de l’islamophobie et vouloir dans le même temps l’entretenir en signifiant plus particulièrement aux femmes qu’elles doivent choisir l’assimilation ou l’exclusion. Il est inacceptable de faire le lit de la droite et du FN en emboîtant le pas à celles et ceux qui voudraient voir disparaitre l’islam du paysage sociétal. Vous incitez par ces positions, au repli communautaire et religieux que vous dites combattre.  Est-il concevable de s’appeler Mohamed ou au hasard Madjid et être considéré comme étant pleinement français ? Vous développez, camarades, ce qu’on appelle communément le syndrome de l’exclu. Mais je vous l’annonce, les arabo-musulmans de ce pays n’ont plus vocation à être des victimes, il faudra compter avec. A leurs côtés. Ou pas.

Nous avons un problème camarades. La laïcité est trop souvent brandie comme un étendard pour mieux cacher une vraie détestation de l’islam. Or, le vivre ensemble c’est précisément  accepter les religions tant qu’elles ne se font pas oppressantes et qu’elles ne demandent pas à régir la vie politique et publique. Quelles sont les revendications qui vous poussent à rejeter ainsi des millions de personnes de par leur foi ? Allez-vous nous parler du halal à la cantine ? Des piscines mixtes ? Ces arguments repris par les Guéant et autre Hortefeux ? Combien de cas ? Combien ? Oui, le dossier est vide.

Nous avons un problème camarades. En stigmatisant les musulmans dans leur ensemble, vous niez la réalité. Vous niez ces femmes et hommes musulmans qui tous les jours étudient sans combattre la mixité, et ce du lycée à l’université, sans faire montre de leur foi. En s’adaptant donc déjà à la société dans laquelle ils vivent et en y apportant leur contribution. Vous refusez d’admettre qu’on est plus intelligent quand on se mélange culturellement, y compris avec des musulmans. Il m’avait pourtant semblé que le Front de Gauche défendait plus que n’importe quelle autre famille politique, les quartiers populaires, dans toutes leurs diversités. A croire que beaucoup au Front de Gauche les ont désertés au point de les ignorer.

On ne lutte pas contre un prétendu obscurantisme en voulant imposer un autre obscurantisme bien réel celui-là : l’anticléricalisme primaire, sur lequel surfent les plus réactionnaires pour mieux exclure les musulmans de ce pays, étrangers ou français.

Parce-que tout l’arsenal répressif mis en place ne vise que les musulmans, je vous le dis : tout ça va laisser des traces, des traces indélébiles.

Vous avez un problème, camarades.

A Manuel Valls : un fils d’immigré peut en cacher un autre

Je m’attendais à ce que vous soyez un piètre Ministre de l’Intérieur mais je n’aurais jamais imaginé que vous iriez aussi loin.

Aujourd’hui, vous êtes devenu un homme dangereux, qui met en péril la République et ses fondements.

Vous avez en effet une lourde responsabilité dans ce qu’on appelle le positionnement « tous pourris » tant vos discours et prises de positions sont très majoritairement empruntés à la droite la plus réactionnaire quand vous ne flirtez pas avec l’extrême droite.

Vous aimez le pouvoir et vous êtes prêt à tout pour continuer de l’exercer.

Prêt y compris à enfiler le costume d’homme de droite si cela peut vous assurer une réélection ou un maroquin ministériel. Florilège.

Pour un homme de droite, vos obsessions sont d’une navrante banalité : rejet des étrangers et défense inconditionnelle d’Israël.

Les étrangers d’abord.

Qui ne se rappelle pas de l’une de vos envolées lyriques dans votre chère ville d’Evry ? Alors que vous ignoriez être filmé vous avez demandé ni plus ni moins qu’on y mette plus de « blancs. »

Vous avez toujours affirmé votre fermeté à l’égard de celles et ceux qui pour vous n’ont pas leur place en France. La meilleure preuve est que vous avez maintes fois répété que vous ne procéderez à « aucune régularisation massive. » de sans-papiers.

En février dernier, vous avez même refusé de suivre les préconisations d’un rapport qui recommandait la régularisation des sans-papiers dits inexpulsables. Un rapport pourtant commandé par …. Jean Marc Ayrault.

Vous avez, avec la droite et l’extrême droite, contribué à alimenter l’idée que ces femmes, hommes et enfants, sont les indésirables de la République, une charge insupportable pour la Nation.

Un Ministre de gauche aurait au contraire souligné l’apport incontestable de l’immigration tant culturellement qu’économiquement. Ces derniers apportent notamment chaque année « plus de 12 milliards d’euros à l’État. »

Alors que ces personnes n’aspirent qu’à vivre dignement, vous, Manuel Valls, fils d’immigrés espagnols, vous avez décidé de faire de leur vie un cauchemar.

Vous voulez être plus royaliste que le roi, un peu comme si vous vous sentiez investi d’une mission civilisatrice …

Ces étrangers, Manuel Valls, étaient pourchassés sous la droite jusque dans les écoles. Des pratiques que vous ne dénonciez pas personnellement à l’époque.

Vous-même avez renvoyé des lycéens sans-papiers et des étrangers malades.

La peur au ventre des sans-papiers qui se rendent à l’école au travail ou à l’hôpital perdure. Les critères de régularisation, de l’aveu des soutiens aux sans-papiers empêchent la régularisation in fine de familles entières.

Les centres de rétention, symboles de la maltraitance des étrangers continuent de prospérer.

Vous disputez à vos prédécesseurs le titre de champion des expulsions. Comme si tout cela n’était qu’un vulgaire jeu, comme si les sans-papiers n’étaient pas des êtres humains.

J’en veux pour preuve l’entrain avec lequel vous avez annoncé le chiffre des expulsions pour l’année 2012, « un record ». Oui, mais un record de droite.

Pour que ce costume d’homme de droite soit sur mesure, il manquait une retouche : les roms, plus précisément, la chasse aux roms.

Sur ce sujet je vous sens épanoui. Comme un poisson dans l’eau, ou un policier dans un campement rom.

Vous avez expulsé de nombreux campements en prétextant des impératifs de sécurité. Comme si les familles expulsées étaient davantage en sécurité une fois dehors, dans le plus grand dénuement.

Vous avez récemment déclaré que les roms qui vivent dans les campements « ne souhaitent pas s’intégrer » et que les villages d’insertion sont « d’un intérêt limité. »

Vous faites d’ailleurs des émules dans le racisme anti-roms primaire. Votre collègue socialiste de Ris-Orangis les aime tellement qu’il a eu la bonté de scolariser leurs enfants …. dans un gymnase.

Vous jouez sur la peur de l’autre en les montrant du doigt et en les livrant sciemment à la vindicte populaire, flattant au passage les plus bas instincts.

Vous appelez à la stigmatisation, et délivrez un permis de discriminer en assimilant ces personnes à de vulgaires parasites.

Vos propos sont – décidément – dignes de la droite la plus extrême.

Le candidat Hollande jurait qu’il lutterait contre toutes les discriminations et que les expulsions seraient assorties de solutions de relogement…

Venons-en à votre amour indéfectible pour Israël.

Vous rappeliez dans une vidéo que vous avez essayé en vain de faire disparaitre, que par votre femme vous êtes « lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël ».

Imaginons un instant qu’à l’époque, Eric Besson, qui épousait une tunisienne, eut déclaré son attachement « à la Tunisie et à la communauté musulmane ». On aurait eu droit à un tollé immédiat et justifié.

Dans le même temps, en homme de droite, vous affichez votre hostilité à la création de l’Etat palestinien.

Un Ministre de gauche aurait salué l’entrée de la Palestine à l’ONU.

Vous avez donc décidé de hiérarchiser les communautés religieuses.  Avec trois objectifs : marginaliser les musulmans, mépriser ses représentants et faire monter la haine des musulmans.

Ce faisant, vous faites monter la judéophobie que vous prétendez combattre.

Quand vous parlez de radicalité religieuse, elle ne s’applique jamais aux chrétiens et encore moins aux juifs comme ceux que l’on peut trouver à la Ligue de Défense Juive, une milice fasciste que vous semblez protéger avec un zèle qui force le respect.

Oui, vos propos – hélas – ciblent systématiquement les musulmans et les quartiers populaires.

Sous vos coups de boutoir répétés, la devise « Liberté Égalité Fraternité » tend à devenir chaque jour un peu plus une chimère.