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Lutter contre les discriminations homophobes et transphobes

 

 

En cette journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, il est utile de rappeler quelques faits.

 

L’homophobie et la transphobie sont  hélas présentes partout y compris dans les pays dits « civilisés ».

Un peu d’Histoire.

En France, la continuation de l’ordre « moral » ambiant a permis à la loi de 1942 de faire partie des textes maintenus par le Gouvernement de la Libération.

Ainsi l’alinéa 3 de l’article 331 du Code pénal précisait ceci : « Sera puni d’un emprisonnement de six mois à trois ans et d’une amende de 60 FF à 15000 FF quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe mineur de vingt et un ans ».

En 1968, en pleine «libération sexuelle » la France, adopte la classification de l’OMS classant l’homosexualité dans les maladies mentales.

En 60 sous De Gaulle, l’homosexualité est classée « fléau social ».

Sous l’impulsion de Robert Badinter deux avancées : le 12 juin 1981, l’homosexualité ne figure plus dans la liste des maladies mentales.

La loi n° 81-736 du 4 août 1981 pour les amnisties concerne à la fois les outrages publics à la pudeur qui étaient jusqu’alors aggravés pour homosexualité et les actes contre nature avec un mineur de dix-huit ans.

Robert Badinter, souligne alors que « l’Assemblée sait quel type de société, toujours marquée par l’arbitraire, l’intolérance, le fanatisme ou le racisme, a constamment pratiqué la chasse à l’homosexualité. Cette discrimination et cette répression sont incompatibles avec les principes d’un grand pays de liberté comme le nôtre. Il n’est que temps de prendre conscience de tout ce que la France doit aux homosexuels, comme à tous ses autres citoyens dans tant d’autres domaines. La discrimination, la flétrissure qu’implique à leur égard l’existence d’une infraction particulière d’homosexualité les atteint – nous atteint tous – à travers une loi qui exprime l’idéologie, la pesanteur d’une époque odieuse de notre histoire ».

En 1982, la loi du 4 août 1982 abroge l’incrimination « de quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu mineur du même sexe ».

En 1982 nous reviendrons donc  à la situation d’indifférence légale à l’égard de la sexualité, qui avait prévalu de 1791 à 1942.

Aujourd’hui si le fait d’être homosexuel.le bi ou trans n’est plus un délit, les discriminations perdurent bel et bien.

Dans son 21ème rapport remis le 10 mai 2017  SOS Homophobie indique avoir reçu 1 575 signalements en un an, un chiffre en augmentation de 20% par rapport à l’année précédente.

Une augmentation bien réelle des actes homophobes et transphobes.

Combien de personnes rejetées par leur entourage, leurs familles, par leurs parents ? Trop de personnes encore aujourd’hui mettent fin à leur vie en raison du rejet d’une partie de la société, encore trop réactionnaire, homophobe et transphobe.

Dans certains pays elle est encore hélas un délit, et souvent passible de la peine de mort, comme en Arabie Saoudite ou au Soudan.

Dans d’autres, ces derniers sont harcelés, agressés, notamment au Maghreb mais aussi en Tchétchénie.

Pour finir, rappelons que la très progressiste OMS (Organisme Mondial de la Santé) ne supprimera l’homosexualité de la liste des maladies mentales que le 17 mai 1993, date qui sera retenue pour la commémoration de la journée internationale contre l’homophobie.

 

 

 

Quand Emmanuel Macron insulte les habitant.e.s de Saint-Denis.

Macron a beaucoup en commun avec l’immense majorité de ce qu’on appelle l’élite politique : le mépris des quartiers populaires.

Plutôt que de parler des vraies questions, des problèmes qui minent les quartiers : chômage, logement, transports, école, santé….. Macron préfère stigmatiser un peu plus ses habitant.e.s.

Après Le Figaro et Enquête exclusive et France 2, Macron relaie l’un des poncifs les plus stigmatisant et racistes : »les hommes des quartiers -entendre arabes musulmans toussa- empêcheraient les femmes de prendre un café sur les terrasses ».

Dans un entretien à Grazia, au détour d’une question sur la stigmatisation des femmes voilées, il répond qu’il faut la combattre mais que quand même attention quand même attention au salafisme qui gangrène les terrasses de café. Plus exactement il dénonce les « pressions au nom de la religion pour que les femmes ne s’assoient pas aux terrasses de café ».

Non, vous ne rêvez pas.

Saint-Denis Mossoul même combat.

Macron qui est pourtant récemment est venu à Saint-Denis, mais c’est vrai pas dans un quartier, mais à l’Usine, une ancienne usine reconvertie en lieu tendance pour séminaires et autres événements d’entreprises.

Il est donc venu à Saint-Denis le 26 mars en triant les inviter afin de leur demander ce qu’il faut pour les quartiers populaires.

Du respect ?

Non, il n’avait plus de respect en stock du coup il nous a servi du mépris.

Il lance même une accusation grave sur notre ville qui interdirait ses terrasses aux femmes : « allez vous balader à Saint-Denis et essayez de vous installer à une terrasse de café si vous êtes une fille ».

Comme ici au Khedive par exemple ?

Oser dire de tels propos dans une interview qui demandait à Emmanuel Macron comment il entendait lutter contre les stigmatisations contre les femmes voilées est somme toute assez éclairant.

Au-delà de la stupidité des propos, ils témoignent d’une porosité de ce que j’appelle le syndrome de Cologne, des hordes d’arabes avec et sans barbe, qui contrôleraient les tenues et les consommations des femmes aux terrasses des cafés.

Evidemment ça me fait penser à l’entreprise de manipulation initiée par l’Observatoire Local de la Laïcité de Saint-Denis (rien à voir avec l’Observatoire National) et le collectif Sacamain. Et que nous sommes plusieurs à avoir dénoncé.

Macron surfe sur la fausse affaire du PMU de Sevran alors que le Bondy Blog a démontré que tout était bidonné.

Ces propos sont gravissimes, insultants, pour les femmes et pour les hommes de Saint-Denis, qui au-delà des fantasmes et des préjugés, sans jamais nier la réalité refusent de jouer le jeu de la division et du rejet.

Je comprends encore moins que certaines personnes aient cru devoir faire de lui le sauveur des quartiers populaires.

On mérite d’être respecté, le mépris, on leur laisse volontiers.

A Saint-Denis, exigeons d’être respecté.e.s

Encore une fois Bernard de La Villardière nous fait l’honneur d’un reportage sur les quartiers populaires. Ces endroits qu’il fantasme, et où il ne va et vit surtout pas.

Dès le départ on le sait, tous les ingrédients sont réunis pour passer une bonne soirée anxiogène : musique, montage, invité.e.s trié.e.s sur le volet.

J’ai su que nous allions être passé.e.s au karcher lorsque l’une des journalistes demande dans un hôpital si les violences sont « propres à Saint-Denis ». Ça sent pas du tout la question orientée, et si on veut avoir des chiffres, on les demande à celles et ceux qui les fournissent. Non, là elle demande au médecin, qui répond que ce n’est pas « propre à Saint-Denis , mais que c’est très fréquent ». Il  laisse entendre que c’est plus souvent qu’ailleurs se basant sur son ressenti, la journaliste laisse passer.  C’est juste malhonnête.

En passant, demander à un médecin de nous éclairer sur l’insécurité ça revient à m’interroger si on veut connaitre le fonctionnement du système solaire.

Ensuite on a droit à quelques clichés – encore –  sur « le grand remplacement » qui serait opéré par les musulman.e.s de Saint-Denis, comme si  l’immense majorité d’entre eux n’étaient pas français. Comme s’il était interdit d’être français et manger halal ce qui semble déranger alors qu’on peut manger non halal dans d’autres commerces et surtout sur le marché, où s’entassent charcutiers, boucheries chevalines, fromagers, traiteurs etc…

Quand on connait et qu’on aime sa ville, on sait qu’on est loin du péril musulman décrit dans le reportage avec le concours de quelques habitant.e.s.

D’ailleurs, la séquence de la vinothèque semble bien orchestrée afin de démontrer qu’il y a d’un côté les vrais, les habitant.e.s de Saint-Denis les « de souche » et les autres qui sont là mais un peu en trop, et surtout trop nombreux, « on n’est plus dans l’équilibre » entend-on lors de cette séquence.  Faut-il instaurer un quota ? Combien d’arabes de noir.e.s, de rroms ?

J’étais à l’inauguration de la vinothèque, un bel endroit à 100m d’un lieu de culte musulman.  Il m’arrive d’y aller. Et Il m’arrive aussi d’aller chez des commerçants musulmans pour par exemple y acheter de la viande ou de la menthe.  Du coup je suis dans quelle catégorie ? Les bons ou les mauvais ? Je suis un bon dionysien ou un envahisseur ?

Quand il est question des entreprises, là encore c’est sous l’angle sécuritaire avec des salarié.e.s bunkérisé.e.s . Pas un mot sur la charte entreprise territoire signée par des dizaines d’entreprises et qui a permis l’embauche de plusieurs milliers de personnes sur le territoire de Plaine Commune.

Pas un mot sur les milliers de personnes qui réussissent dans leurs études, dans leurs vies professionnelles, dans  leurs différents projets, non rien de tout ça, une négation totale, un mépris incommensurable.

Ce reportage avait un angle clair. Non pas montrer  « les deux visages de Saint-Denis » mais bien un seul d’entre eux. Et déformé qui plus est. On y a parlé de délinquance, de laïcité attaquée, de commerces islamisés, de malheureux propriétaires spoliés par la municipalité…

L’autre visage était donc totalement était absent, celui du monde associatif et des solidarités, celui des politiques municipales en terme de santé, de culture, d’éducation, d’environnement…, celui des citoyen.ne.s et militant.e.s engagé.e.s et attaché.e.s à leur ville.

Non de tout ça il n’a pas été question parce-que dès le départ il n’a jamais été question de montrer Saint-Denis telle qu’elle est. Certes avec ses difficultés, mais aussi avec ses énergies, ses réussites, ce qui la rend à ce point attachante pour des milliers d’habitant.e.s.

Dans ce reportage, certain.e.s des intervenant.e.s qui apparaissent clairement en opposition à la ville telle qu’elle est, apparaissent comme des citoyens lambda. Or, comme l’a rappelé un journaliste de Buzzfeed, ces personnes sont connu.e.s pour être ou avoir été des opposant.e.s politiques notamment proches du PS, dans l’opposition municipale.

M6 a donc  présenté ces militant.e.s comme des citoyen.ne.s lambda. Ces personnes ont le droit de s’opposer à la municipalité, mais il aurait été honnête de préciser leur pedigree, et de ne pas avancer masqué.

Les réactions attristées de certaines personnes proches du PS local posent néanmoins question.

Quand on passe le plus clair de son temps à réduire la ville à un dépotoir et à un coupe-gorge à ciel ouvert, on ne vient pas feindre l’étonnement devant le traitement médiatique qui découle de l’image donnée de la ville.  Ce n’est pas cohérent, et surtout il est trop tard, et ils sont co-responsables de ce matraquage des médias. Le tout alors que le gouvernement, leurs ami.e.s ont sacrifié la ville et notamment ses services publics ; éducation, postes, sécurité…

Parce-que leur seul objectif est de prendre la ville, jamais ils ne la valorisent.

Ce reportage les arrange peut-être, car mis à part la tribune d’un militant PS, que le député a partagée, aucune déclaration des élu.e.s PS de Saint-Denis, ni du député, ni du PS local n’est venu condamner cet odieux reportage. Toujours rien 48h après.

Le communiqué du maire de Saint-Denis lui était connu dès le lendemain de l’émission.

Après ce qu’a vécu la ville, les attentats, l’assaut du Raid, la stigmatisation médiatique et politique… la ville aspirait tout simplement au respect, mais visiblement c’était trop demander.

 

Plainte auprès du Procureur contre un journaliste

 

Les réseaux sociaux sont merveilleux. Y’a le meilleur mais parfois surtout le pire.

Le pire c’est quand on ne se contente même plus de te traiter de « bougnoule » ou d' »islamonazi ».

 

Oui, le pire c’est quand un journaliste demande à qu’on te « neutralise par tous les moyens ». Là tu te dis que ça bascule dans autre chose.

Alors oui je porte plainte, comme je devrais d’ailleurs le faire pour toute insulte à caractère racial ou religieux.

Ce qui m’a surpris c’est l’indifférence quasi générale. Après tout, tu peux être français, élu de la République, pour beaucoup tu es d’abord et surtout un « bougnoule »

 

Réponse à Amar Bellal : l’islamophobie, un racisme comme les autres.

Camarade, je vais te tutoyer car c’est ce qu’on fait entre communistes.

Je t’avoue ma surprise, quand j’ai découvert ta tribune « Un vêtement pas comme les autres », qui a été recommandée par Manuel Valls himself.

 

Tu comprendras que cette recommandation par l’un des responsables de la montée de l’islamophobie en France, m’a causé quelques sueurs froides accompagnées de quelques palpitations.

Puis, je me suis dit, allez c’est dans l’Huma, lis et tu verras.

J’ai lu et wallah, j’ai pas été déçu, j’utilise à escient wallah (je le jure) tant que c’est pas encore un mot qui peut valoir une fiche S.

Je précise avant de te dire ce que je pense de ton texte, que ce dernier se voulait une réponse à celui d’Edwy Plenel « un vêtement comme les autres ».

Dans ton texte tu écris notamment :

« Il y avait plus ou moins (et souvent pas du tout!) tout au plus des pratiques de ramadan, de prières, mais la priorité c’était de s’insérer, de se faire accepter pour le dire vite, de s’intégrer par l’école entre autre, en étant conscient aussi qu’on vivait dans un pays avec une longue histoire, des traditions etc…que de ton temps

Souvent pas du tout de « pratiques du ramadan » ? Dans mon entourage, tous les ados observaient le ramadan, certes pas forcément de manière rigoureuse, mais tous le faisaient, c’était culturel et cultuel. Quant à la priorité de « s’insérer », tu ne prônes rien de plus rien de moins que l’assimilation reprenant une thèse raciste qui veut que l’islam n’est pas compatible avec la République ou alors allégé.

Nos parents on leur a toujours demandé de raser les murs, de se faire petits, de remercier la France d’être là alors qu’ils n’avaient rien demandé et ne cherchaient qu’à offrir un avenir meilleur à leurs enfants.

Ils ont participé à la reconstruction et au rayonnement de la France.

Dois-te je te rappeler à toi, fils d’immigré que pour certains les pays de nos parents ont subi l’oppression coloniale jusqu’à 132 ans pour l’Algérie ?

Au déracinement qu’a représenté le fait de quitter l’Algérie, le Maroc et la Tunisie, pour ne citer qu’eux, il fallait qu’en plus ils effacent tout ce qui pouvait rappeler qu’ils venaient d’ailleurs.

Il n’y a rien de pire que l’assimilation, le rejet d’une partie de soi, de son héritage, de son patrimoine historique et culturel.

Le vrai « retour » dont tu parles dans ton texte de la part de la France, aurait été de faire en sorte que nos parents soient acceptés comme ils étaient, en leur rendant la vie meilleure et plus facile.

Au lieu de ça on les a mis dans des bidonvilles, parqué dans des HLM excentrés…. Sans jamais chercher à les élever socialement, et les conséquences, on les connait.

Tu parles aussi de la « bienveillance » des tes professeurs. Heureusement que tous n’orientaient pas les fils et filles d’immigré-e-s dans les voies de garage, mais c’était, et c’est encore souvent le cas.

Moi aussi j’ai fait de longues études j’ai passé un concours, mais je sais que cela est dû en partie à l’environnement dans lequel j’ai baigné, mes parents n’ont pas toujours pu me pousser.

Je te livre un scoop : on ne naît pas tous et toutes libres et égaux/égales en droits.

Tu ajoutes :

« Ce qui m’‘interpelle aujourd’hui hui, c’est que 20-30 ans plus tard, en 2016, on en est à des revendications incroyables de type Burka et Burkini. »

En précisant :

« Disons le clairement, l’écrasante majorité des musulmans en France ressent ces revendications comme une provocation inutile et dangereuse pour elle même : en effet, c est pain béni pour le FN ce genre de revendications, et le FN, ses idées, sont la première menace. Parfois quand j’entends les arguments de certains tendant à relativiser ces pratiques, croyant ainsi défendre les musulmans, je me dis qu’on se passerait volontiers de ce type de défense…on a même envie de leur dire : « …svp…taisez vous… »

Quelles sont ces revendications de burqa et burkini ? Y’a-t-il eu des manifestations, des pétitions pour réclamer d’imposer à toutes les femmes musulmanes de porter ces habits ?

Quelle source pour dire que la majorité des musulman-e-s le vit comme une provocation ? je crois surtout que ça les indiffère, chaque musulman-e étant libre de vivre sa foi comme il/elle l’entend.

La burqa est interdite, une loi plus que discutable sur ses fondements, ses conséquences et ses réelles motivations.

Mais le burkini non. Les femmes musulmanes sont-elles à ce point soumises qu’elles ne pourraient pas choisir librement de mettre un bikini ou un burkini ?

Faut-il voir derrière chaque burkini la main d’un frère, d’un père, ou d’un mari ?
Cette vision de la femme musulmane ne serait-elle pas un tantinet sexiste, voire néocolonialiste ?

Je crois qu’on est au fond du problème. Tu es un disciple de Cheikh Chevènement, qui demande la « discrétion » aux musulman-e-s.

20, 30 ans plus tard on n’a pas de revendications prosélytes, on a des élites politiques qui continuent d’oeuvrer à l’assimilation la plus abjecte des populations arabo-musulmanes.

Ce que toi et d’autres ne semblez pas supporter c’est que la 2ème et la 3ème génération d’enfants d’immigré-e-s optent pour la visibilité.

La seule revendication finalement est celle-ci : on peut être français-e et musulman-e. Voilée, ou pas, barbu ou pas burkini ou pas, c’est avant tout de ces libres choix dont il est état.

Vouloir à partir de quelques personnes qui peuvent faire de l’islam de certains vêtements un objet de revendications, jeter l’opprobre sur les musulman-e-s de France, français-e-s ou pas est juste inacceptable.

Tu as fait des études, alors tu dois savoir que la laïcité ne s’applique qu’à l’Etat et ses agents, pas aux citoyen-ne-s et à leurs vêtements.

J’ai mon avis sur le burkini sur le topless, sur plein d’habits plus ou moins conventionnels, mais la liberté de tou-te-s doit primer sur l’avis de chacun-e.

A vouloir à tout prix taper sur l’islam parce-que visible vous n’obtiendrez qu’un résultat, une affirmation identitaire exacerbée, qu’ensuite vous vous dépêcherez d’aller condamner.

Je te le dis camarade, ton texte est dangereux, et fera le bonheur des intégristes de la laïcité et de l’extrême droite, sans parler du pouvoir en place qui peut se targuer du texte d’Amar pour taper sur l’islam.

Il y a trois ans, j’écrivais une lettre ouverte à mes camarades du front de gauche, trois ans après elle n’a presque pas pris une ride au pays de l’islamophobie.

À propos d’Orlando

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J’ai comme beaucoup de personnes été saisi d’effroi à l’annonce de cette nouvelle en tant que citoyen mais aussi en tant qu’ élu en charge de la lutte contre les discriminations.

La banalisation de l’homophobie est flagrante elle aussi. Cette haine des homosexuel(le)s des bis et trans peut entraîner des actes de violence et être interprétée comme un appel au lynchage.

Aussi je ne peux m’empêcher de repenser à un article qui avait été écrit au moment du mariage pour tous et contre lequel je m’étais élevé.

Dans cet article les signataires font un lien entre homosexualité inceste et pédophilie…

A cette époque très peu de personnes avaient condamné cet article. La liberté d’expression sans doute.

Aujourd’hui il résonne de manière singulière et devrait amener beaucoup de nos concitoyen(ne)s à réfléchir avant de clouer toute une communauté au pilori.

Si on ne choisit pas son orientation sexuelle on choisit bel et bien d’être homophobe.

Les élu-e-s socialistes de Saint-Denis contre les parents mobilisés pour l’école

 

Hier, un mouvement important a eu lieu dans les écoles du 93. 200 écoles bloquées au niveau départemental, et plusieurs localement à Saint-Denis. Personnellement je me suis rendu dans 3 écoles, et à chaque fois j’y ai vu des parents attachés à leur école, mais révoltés par le mépris que leur témoigne l’Etat concernant les effectifs et les non remplacements.

Dans ces mobilisations, il y avait des parents, des enseignant-e-s, des habitant-e-s, et des élu-e-s. Mais il manquait pas mal d’élu-e-s à l’appel. Notamment les élu-e-s socialistes de Saint-Denis. On aurait pu attendre que sur une question aussi cruciale que l’avenir des enfants, ces élu-e-s qui se jurent de gauche, se mobilisent. Mais rien. Aucun élu socialiste n’a été vu dans les nombreuses écoles occupées et bloquées à Saint-Denis.

Quel mépris pour ces parents en lutte, quel mépris pour les quartiers populaires et les familles qui réclament juste le droit au respect et à la dignité.

Le député Hanotin lui était en déplacement à Haiti. Rien ne l’empêchait de soutenir ce mouvement, notamment via les réseaux sociaux. Voici la preuve qu’il était connecté et qu’il aurait donc pu témoigner sa solidarité :

Quant aux autres élu-e-s, rien, wallou, nada. Sûrement trop occupés à rédiger un énième tract ou courrier sur les rroms, ou pour dénoncer le manque de sécurité, compétence de l’Etat si ça devait être rappelé.

Espérons que les familles à qui le Parti socialiste témoigne son mépris s’en souviendront en temps utiles.

Tous au Tribunal de Montreuil en soutien à Azzedine Taibi

Ce 21 mars, le maire de Stains est convoqué au Tribunal administratif.

Notons que le Préfet est le représentant de l’Etat, et donc du pouvoir socialiste…

Motif ? Soutenir un prisonnier politique palestinien, Marwan Barghouti.

Son portrait figure sur une banderole qui flotte sur l’hôtel de ville depuis 2008.

L’occasion de rappeler le courage de nombreuses villes communistes auprès du peuple palestinien, malgré les énormes pressions.

Je pense aux maires de Saint-Denis, Gennevilliers, Saint-Denis, Allonnes, Chalette Sur Loing… Et à tous les autres.

Face à la volonté du gouvernement et de villes comme Paris, de criminaliser le soutien à la Palestine, une seule réaction possible : résister, encore et toujours aux côtés de la Palestine.

Saint-Denis, le PS et les Rroms.

Pour le PS local, il y a manifestement un problème rrom. En deux ans, les socialistes locaux se sont attaqués deux fois à cette communauté.

La première fois en déposant un recours contre l’inscription de ceux-ci sur les listes électorales pour les municipales.

Oui, un rrom ça a le droit de se faire expulser, pas de voter.

La deuxième fois, récemment, pour attaquer le maire sur le suivi des familles rroms, dionysiennes depuis des années, et qui sont accompagnées par la ville et l’agglomération sur la base de conventions. Un accompagnement sans l’Etat ou presque puisque ce dernier estime que les « rroms ont vocation à retourner chez eux ».

L’interpellation du maire par le PS local fait suite à uen descente de gendarmerie sur le terrain Voltaire, où vivent les familles.

Dans leur courrier les élu-e-s socialistes dénoncent les conditions de vie dégradées sur le terrain depuis leur installation en 2012, et après leur expulsion en 2010, et donc le laxisme du maire.

Des conditions dégradées qui s’expliquent pourtant simplement : impossibilité de travailler pour les rroms jusqu’à janvier 2015 et surtout AUCUNE aide de l’Etat pour ces familles, et donc la ville et l’agglomération sommées de se débrouiller.

En filigrane, y voir un refus de voir s’installer ces familles durablement et une volonté de les voir – encore –  expulsées et stigmatisées.

Pourtant, en 2015 dans un rapport, la CNDH déclarait :

« L’État partie devrait renforcer les mesures prises pour faire en sorte que les migrants Roms, ne soient pas victimes de discrimination dans l’accès aux soins de santé, aux prestations sociales, à l’éducation et au logement. Il devrait par ailleurs mettre un terme aux évacuations forcées des lieux de vie des migrants Roms tant que des solutions alternatives et des propositions de relogement dignes et pérennes ne sont pas assurées, en application de la circulaire du 26 août 2012. Il devrait par ailleurs prendre des mesures pour enrayer la montée des comportements et discours racistes et discriminatoires à l’égard des Roms. »

Dans leur courrier, ils citent l’Etat en exemple alors que ce dernier a failli à ses missions malgré les demandes incessantes du maire de Saint-Denis pour aborder la question rrom à une échelle plus large.

Une table ronde a eu lieu récemment. Aucun maire francilien socialiste présent.

Le PS local accuse tout bonnement la ville d’avoir laissé le terrain à la merci de réseaux mafieux.

En dehors du fait que ces allégations prêtent le flan aux racisme élémentaire :  rroms = voleurs et délinquants, les socialistes locaux ne se sont jamais souciés du sort des rroms de Saint-Denis.

Ils ne connaissent ni les familles, ni le fonctionnement du terrain, ni les difficultés dues notamment à un Etat absent.

Combien de fois se sont-ils rendus sur place ? Pas facile d’aller parler à des familles qu’on ne voulait pas voir voter…

La descente de police qui a eu lieu sur le terrain Voltaire malgré les accusations du PS ne concernent en rien des activités ayant eu lieu sur le terrain.

Comme le rappelle la municipalité :

« Les services de police ont procédé le mardi 2 février à une quinzaine d’arrestations dans le cadre d’une enquête sur un réseau de proxénétisme. Dans le respect du secret de l’instruction, la Ville ne dispose d’aucune information concernant l’identité des personnes arrêtées ou la nature des faits qui leur sont reprochés. »

Le PS voulait seulement jeter les rroms en pâture.

La municipalité a dénoncé cette récupération :

« Les tentatives d’instrumentalisation ou de récupération des élus socialistes sur cette affaire sont tout simplement indécentes. »

Le PS voulait réveiller le réflexe anti-rrom, c’est réussi. Voici le type de commentaires qu’on peut voir sur internet suite à leur prise de position:

« Arrestations multiples pour 1000 vols à la tire. Que fait la Ville de Saint-Denis par rapport à ce terrain passé sous la coupe de mafieux ?

Les socialistes de Saint-Denis dépensent beaucoup d’énergie pour taper sur les rroms.

Ils devraient mettre au moins autant de force pour taper sur leurs amis du gouvernement qui n’ont toujours pas relogé toutes les familles victimes collatérales du terrorisme à Saint-Denis.

Sans parler de l’état d’urgence voté par le député du coin, qui a permis tous les excès et plus particulièrement la stigmatisation sans précédent des musulmans.

Le ressentiment perceptible des socialistes à l’égard des rroms n’est pas surprenant, il est juste dégoûtant.

 

 

 

 

Cantines de Chalons-Sur-Saone : un vote islamophobe

 

 

Après le collier avec une grosse pastille rouge pour ceux qui ne mangent pas de porc et jaune pour les végétariens, la croisade islamophobe continue.

Le maire Les Républicains de Chalons-Sur-Saône a donc fait voter hier une délibération supprimant purement et simplement les repas de substitution les jours de menus avec porc.

Cette décision est loin d’être anecdotique.

Elle vise évidemment à montrer du doigt une communauté en particulier et à réaffirmer que l’islam n’est pas compatible avec la République.

Si les végétariens sont également concernés par ce texte, le public cible reste les familles musulmanes.

Ce que met en exergue cette décision, c’est l’inégalité de traitement de l’usager devant le service public, ici le service public municipal.

Il n’est en effet pas acceptable qu’en fonction de la ville où l’on habite, le service public puisse être assuré totalement ou partiellement.

N’y a-t-il pas rupture d’égalité quand, inscrits dans le même service de restauration scolaire, des enfants ne mangeront pas à leur faim parce-que de religion différente ou d’habitude alimentaire différente ? Que fait-on des enfants qui ne toléreraient pas le porc ou tout autre aliment ?

La ville ne doit-elle pas assurer un service public de qualité, un repas à tous les enfants, sans aucune distinction ou discrimination ?

Le problème c’est que pour scandaleuse qu’elle soit, la décision de la ville de Chalons-Sur-Saône est légale.

Elle signifie donc que les enfants devront soit renoncer à la cantine, soit manger un repas non équilibré car incomplet.

Pour les familles populaires, le repas à la cantine est une garantie de repas équilibré, à Chalons-Sur-Saône, on interdit aux familles musulmanes d’y avoir accès.

La loi doit imposer aux communes de tenir compte des différences culturelles et alimentaires.

En 2002, le Conseil d’Etat a ainsi tranché que l’absence de repas de substitution ne méconnaissait pas la liberté religieuse. Les cantines doivent simplement permettre aux enfants d’apporter un panier-repas s’ils le souhaitent (et s’arranger pour les conserver dans de bonnes conditions d’hygiène).

Cette décision inique dédouane le service public de l’adaptabilité dont il doit à l’évidence faire preuve.

La décision de la ville de Chalons-Sur-Saône est une honte, un véritable scandale.