Archive for Près de chez nous

Féministe ou islamophobe, il faut choisir

 

 

Je dois avouer que ça fait un moment que je me dis qu’il faut écrire ce billet.

Puis on passe à autre chose, on oublie, on écrit sur autre chose et vlan, ça vous revient en pleine tronche.

Faut dire qu’il n’y a pas un jour qui passe sans que l’islam est les musulmans en prennent pour leur grade.

On va même arrêter de prendre le train.

D’aucuns vous diront qu’il n’y a pas de fumée sans feu.

Comme les abrutis qui vous disent que si une femme est violée c’est qu’elle l’a cherché.

Donc attardons-nous – un peu – sur la question du voile et de la liberté de la femme.

On assiste a une mise au ban des musulman-e-s, y compris de ceux qui sont considérés comme modérés – 2 prières et demi par jour – .

Cette déferlante islamophobe a ses relais politiques et médiatiques.

Jusque-là tout est « normal ».

Les musulmans, avec les musulmans d’apparence, ne sont plus les seuls à prendre la défense des musulmans.

Cet été nous avons assisté à une attaque venue de l’intérieur, une cinquième colonne comme la qualifierait Christian Estrosi.

En effet, cet été nous avons assisté à une offensive antivoile.

Pas antivoile à l’école, au travail, à la fac, à la piscine, à Auchan.

Non, antivoile tout court.

Cette attaque est venue d’un collectif d’Aubervilliers, ville populaire, il se nomme les Femmes sans voile.

Ces femmes, revendiquent dans le même temps avec fierté leurs origines maghrébines, leur culture musulmane, dénoncent pour certaines le racisme antimusulman…

Mais voilà. Le collectif se bat donc contre le voile, qu’il soit porté de plein gré ou pas. Partant du principe qu’il n’y a aucune bonne raison de le porter.

Ce collectif – répétons-le – de féministes, se bat donc pour les droits des femmes, sauf pour celui de porter le voile.

Ce collectif ne souhaite pas qu’une femme puisse témoigner de sa confession en se voilant, même si c’est son choix.

Ceci est de l’islamophobie, sous teinté de féminisme, je vous le concède, mais ça reste de l’islamophobie.

Avec d’autres on avait le racisme, sous couvert de laïcité. Cette variante nous change un peu.

Comment peut-on prétendre se battre pour les droits des femmes et écrire ceci dans un appel à manifester pour une journée mondiale des femmes sans voile ?

« Nous, femmes sans voile d’Aubervilliers (France), adhérons totalement à l’action lancée par des femmes sans voile au Québec, qui appellent, le 10 Juillet 2014, à une journée sans voile, afin de dénoncer la condition des femmes qui sont voilées, peu importe où elles sont, qui elles sont, ou la raison pour laquelle elles portent le hijab, le niqab, la burqa, le tchador etc. »

Dans une déclaration plus détaillée, elles affirment tranquillement : « le voile est une discrimination ».

Oui, vous avez bien lu.

Toutes les femmes voilées que je connais ou fréquente, à commencer par mes soeurs seraient de parfaites femmes soumises, incapable d’autonomie et d’émancipation ?

Les femmes de ce collectif, n’ont-elle rencontré aucune femme voilée à Aubervilliers qui porte le voile de manière volontaire et assumée ? Non. Evidemment. Uniquement des femmes soumises aux fourneaux qui préparent de quoi satisfaire leurs barbus de maris.

Quel mépris ! Elles dénoncent à juste titre le patriarcat mais infantilisent elles aussi des milliers de femmes qui ont fait des choix différents des leurs.

Si des femmes sont bafouées dans leurs droits élémentaires, et ça ne concerne pas que les femmes musulmanes, alors oui il faut le dénoncer et les aider, mais ceci mérite mieux qu’un amalgame rance permettant aux plus racistes et islamophobes de s’exprimer comme l’UFAL ou Ni Putes Ni Soumises associations signataires de cette manifestation et qui ne sont pas suspectes d’empathie envers l’islam et les musulmans.

Féministe ou islamophobe, il faut choisir.

 

 

 

Communiqué de Ensemble! Non à l’expulsion des familles du « Samaritain » à La Courneuve (93).

Depuis la mi-août, plane sur les trois cents résidents du bidonville « Samaritain » à La Courneuve, la menace d’une expulsion demandée par la mairie de La Courneuve, soutenue par le préfet du département, représentant de l’Etat.

80 familles comprenant une centaine d’enfants sont donc à la merci d’une décision de justice prise au début de l’année.

Installée sur ce terrain depuis 2008, ces résidents ont sans cesse eu le souci d’améliorer ce site qui comprend maintenant rues et église, et ce sans aucune aide des pouvoirs publics ni d’aucune collectivité.

Depuis la Fondation Abbé Pierre et Médecins du Monde ont présenté un projet, financé, d’assainissement et de viabilisation, que le maire de la Courneuve refuse à ce jour d’entériner.

En Seine-Saint-Denis, le préfet fait preuve d’un zèle particulier pour traduire en acte la politique du gouvernement à l’égard des Roms et démanteler leurs campements.

La tenue de la COP 21 à proximité n’est sans doute pas étrangère à cette volonté d’expulser les familles du « Samaritain ».

Si cette décision de justice était appliquée ce serait de nouveau la violence d’une expulsion, l’errance des familles, la destruction de tout le travail d’insertion, de scolarisation, la perte du travail pour un certain nombre de résidents.

C’est pourquoi, « Ensemble! » se prononce fermement contre l’expulsion programmée de ce bidonville. Les pouvoirs publics doivent donner leur feu vert aux projets existant pour améliorer les conditions matérielles et de vie sur ce site.

Le 20 août 2015.

Madame Hidalgo annulez #TelAvivSurSeine

On a d’abord cru à une farce, à un hoax. Puis l’information a été confirmée.

Il y aura le 13 août dans le cadre de Paris Plages, une initiative qui s’intitule Tel Aviv sur Seine.

Cette initiative est présentée comme légère et festive.

Elle est au contraire éminemment politique.

Elle vise à donner à Israël l’image que ce pays veut avoir à travers le monde, celle de « seule démocratie du moyen-orient ».

C’était sans compter sur l’intelligence et la vigilance de nombreux citoyens.

Cette opération est en effet inadmissible à plusieurs égards.

D’abord, Paris a signé un accord en 2010 avec Tel Aviv, capitale politique et économique d’Israël, sous l’impulsion de Monsieur Delanoé, poussé par Pierre Shapira, le précédent élu en charge de la coopération décentralisée et des relations internationales, connu pour son soutien indéfectible à Israël.

Un accord que vous avez personnellement confirmé cette année en vous rendant en Israël, et – un peu – en Palestine occupée.

Comment peut-on se lier d’amitié avec la capitale d’un pays qui bafoue les droits élémentaires des Palestiniens et les résolutions internationales ? Comment se lier d’amitié et donc participer à la normalisation d’un Etat qui a commis des crimes de guerre et massacré des centaines de civils à Gaza il y a un an.

Car voilà, au delà de cette faute politique majeure, vous autorisez un rassemblement un an après ces massacres alors que les Palestiniens sont encore en deuil.

#TelAvivSurSeine vise peut-être à célébrer un an après ce terrible massacre ?

Israël ne se résume pas seulement à ses plages et aux mœurs libérales de Tel Aviv. Israël c’est d’abord et surtout les colonies, l’occupation, les massacres, le blocus de Gaza, les humiliations et des palestiniens d’Israël discriminés.

Le fait d’avoir signé des accords similaires avec Jericho et Ramallah ne rendent pas votre décision plus acceptable.

Au contraire, la politique de l’équilibre prônée par votre parti, le parti socialiste, est proprement insupportable. Comme si on pouvait comparer l’Etat occupant spoliateur avec le peuple occupé.

Vous qui avez passé les checkpoints, vu le mur, constaté l’inanité de la politique israélienne, vous n’avez aucune excuse et êtes tenue entièrement responsable de la tenue de cet événement indécent, que vous avez je crois confirmé à Tel Aviv lors de votre récent voyage.

Tel Aviv chère Anne Hidalgo, malgré les apparences, ce n’est pas Ibiza.

A moins d’une heure de la ville avec laquelle vous coopéerez il y a Gaza, les checkpoints, les camps de réfugiés, ces familles chassées par les milices sionistes en 1948.

Chère Anne Hidalgo, comment permettre #TelAvivSurSeine quand les Palestiniens de Cisjordanie n’ont pas accès, eux, à la mer ?

Il est encore temps de renoncer à ce projet qui d’ailleurs ne réunit pas toutes les conditions nécessaires à un bon respect de l’ordre public.

 

 

Au cœur de Paris, bar avec vue imprenable sur migrants

 

 

Je pensais avoir fait le tour de l’indécence. C’était sans compter sur l’expérience des maraudes que j’ai vécue avec d’autres samedi 4 juillet dernier.

La maraude était organisée autour de Karima et Leila, qui ont fondé l’association Des Maraudes et des Ailes. Ce jour-là il est prévu d’aller distribuer de la nourriture, mais aussi des kits d’hygiène aux dizaines de migrants qui ont trouvé « refuge » sur le quai d’Austerlitz.

Cet endroit, en plein été est plébiscite par les parisiens : on y boit au bord de la Seine, on y fume on y rit.

Le tout en passant près des tentes de migrants en prenant le soin de ne jamais les voir.

Les lieux sont en cours de réhabilitation et sont très « in » : bars, musique, boules à facettes, le tout sur fond de misère sociale.

Je dois avouer que si je devais m’arrêter à ce moment-là de la description, j’ai déjà de quoi gerber. Mais oui, j’ai encore vu pire.

Sur ces quais, il y a donc plusieurs lieux branchés.

L’un vaut particulièrement le détour : il a vue imprenable sur migrants.

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Tu peux siroter un mojito ou une coupe de champagne en te disant que le monde est injuste ou ne tourne pas rond.

Ou juste t’en foutre complètement, ce qui est cool quand tu peux mettre 30 euros dans un verre, c’est que t’as le choix.

Si tu veux tester ta résistance, tu peux essayer d’avaler un morceau alors que certains soirs les migrants n’ont rien à se mettre sous la dent.

Paris est décidément magique.

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Evidemment, l’accès est interdit aux migrants d’ailleurs un vigile veille à ce que les parisiens, les fêtards et autres bobos en mal d’exotisme ne soient pas trop rattrapés par la réalité.

Plutôt que prendre en charge tous les migrants on les laisse face à eux-mêmes, même les chiens sont mieux traités.

Vive la République et vive la France.

Vidéosurveillance : quand Le Parisien se prend pour Le Figaro

« Saint-Denis adopte enfin la vidéosurveillance » c’est le titre tout empreint de neutralité que Le Parisien a choisi pour son édition du 93 daté du 27 juin dernier pour aborder le débat et le vote sur la mise en place de 41 caméras à Saint-Denis.

Si le titre reflète un certain agacement – bah oui, ils attendaient quoi ces élus pour mettre des caméras partout et ainsi régler toutes les questions d’insécurité dans la ville ? – le début de l’article n’est pas non plus.

Je vous laisse juger : « Il aura fallu plus de deux heures et demie de débat au cœur d’un conseil municipal à rallonge (de plus de neuf heures !), ce jeudi soir, à Saint-Denis, pour que la ville vote enfin [ la mise en place des caméras ]. »

C’est quoi ces élus qui prennent le temps d’échanger sur des sujets de société ? Non mais !

Oui vous ne rêvez pas; Le Parisien est devenu un journal militant. En fait, il l’a toujours été. Ce journal a toujours été le soutien d’une certaine forme de populisme et de démagogie et ne refuse jamais les enchères sécuritaires. Le journal fait son beurre, entre autres sur le fait divers, et les caméras vont permettre de développer ce « business ».

Ainsi, dans un article qui annonçait l’enterrement par la Cour des Comptes de la vidéosurveillance, je journaliste Jean-Marc Manach, spécialiste de la question, écrivait : « Les partisans de la vidéosurveillance trouveront toujours des faits divers pour démontrer l’efficacité des caméras. Mais c’est bien connu : les faits divers, ça fait diversion… la preuve : le rapport du ministère de l’Intérieur censé démontrer l’efficacité de la vidéoprotection des caméras installées sur la voie publique dressait une liste de 18 « faits marquants d’élucidation, grâce à la vidéoprotection »; mais seuls 3 d’entre eux relevaient de caméras installées sur la voie publique et contrôlées par la police, la gendarmerie ou une municipalité : tous les autres concernaient des caméras installés dans des hôtels, bureaux de tabac, supermarchés, etc. On y trouvait même… la vidéo d’un mariage. »

A aucun moment ce journal, dans lequel travaillent – il me semble – des journalistes, n’a interrogé le principe même de la vidéosurveillance, en allant voir notamment là où il y en a, si ça marche vraiment. Pourtant il y aurait matière. Dans le même article de Jean-Marc Manach on apprend « qu’alors que les premières caméras ont été installées, à Levallois-Perret, en 1991, et que le développement de la « vidéoprotection » a un coût, estimé par la Cour des comptes à 300M€ pour l’État, plus 300M€ pour les collectivités, soit 600M€, par an, les magistrats déplorent que, 20 ans après, « aucune étude d’impact, réalisée selon une méthode scientifiquement reconnue, n’a encore été publiée », afin d’en mesurer l’efficacité, et donc la pertinence. »

A aucun moment les journalistes, notamment l’auteur de ce papier militant, n’est allé interroger les élus qui se sont abstenus, ou encore qui ont voté contre, sur les raisons de leur opposition.

Mais nous ne sommes que des gauchistes laxistes qui nous accommodons fort bien de la délinquance urbaine.

Par ce procédé et le ton employé, ils orientent le lectorat et vendent la surveillance généralisée comme une remède miracle pour lutter contre l’insécurité.

Pourtant, l’insécurité mérite mieux que des fausses vraies solutions, mises en place sans véritable débat et sans tirer les leçons des expériences existantes.

Les citoyens méritent de vraies moyens de proximité, de l’humain, tout le contraire du dispositif qui vient d’être voté.

Paul Eluard : le lycée le plus performant de France est à Saint-Denis

La nouvelle a donné lieu à des infarctus dans le camp de celles et ceux qui passent le temps à dire qu’à Saint-Denis rien de bon.

Saint-Denis ? C’est la ville que les socialistes passent leur temps à dénigrer, la ville où les socialistes pensent que quand même trop de pauvres tout ça, ça suffit. La ville où les socialistes voulaient empêcher des roms de voter. La ville où à entendre ceux qui d’ailleurs soit n’y ont jamais mis les pieds soit n’y ont jamais habité, il n’y a qu’échec et vies dégradées.

On ne nie pas les difficultés, de tous ordres, et la merde dans laquelle l’Etat nous laisse patauger, mais nous n’avons jamais nous méprisé ces quartiers, leurs habitants, ces familles, quels que soient les origines et les quartiers.

Le question de l’éducation est cruciale. Pourtant sur des sujets comme sur d’autres l’Etat reste sourd et ne donne pas les mêmes chances aux enfants de Saint-Denis qu’aux enfants de Paris.

Telle école manque d’instits, telle manque d’auxiliaires de vie scolaire etc..

Pas de résignation mais la résistances : enseignants, parents..

Et ça marche comme dans ce lycée où l’intelligence collective est au centre du projet pour ces lycéens.

Quand d’autres renoncent à l’école publique, démissionnent pour le privé, visiblement moins performant que notre grand lycée public.

Saint-Denis ? Je suis fier d’y vivre, d’y être élu.

Le Lycée le plus performant de France est à Saint-Denis, ville monde, et ça c’est une grosse claque aux rageux, aux réacs aux racistes aux déclinistes, socialistes ou pas.

L’avenir s’écrit ici.

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Départementales : voter PS à Saint-Ouen ?

 

 

Il était une fois une énorme mascarade…

« Gauche rassemblée, battre la droite! ». Voilà ce qu’on entend au lendemain du premier tour des élections départementales dans le 93.

Pourtant, il n’y a pas si longtemps, certains artisans de ce tous ensemble étaient loin de tenir le même discours. Petit rappel.

Nous sommes en 2014. Le département du 93 est dirigé depuis 2008 par le PS, sa stratégie d’éradication du PCF puis du FDG ayant assez bien fonctionné.

Il fallait confirmer avec les élections de 2014 : il fallait en effet mettre un terme à la gestion progressiste d’un certain nombre de villes, notamment en Seine-Saint-Denis.

J’écrivais en octobre 2013 sur les raisons qui poussent le PS à attaquer le FDG plutôt que la droite.

La stratégie du PS n’a pas fonctionné comme les socialistes l’espéraient en mars 2014. Des villes FDG ont été perdues au profit de la droite, mais bien à cause des socialistes, Bruno Le Roux et Claude Bartolone en tête.

L’objectif était notamment de prendre le contrôle de Plaine Commune. Pour cela le PS a dégagé des moyens incommensurables sur 3 villes : Aubervilliers, Saint-Denis et Saint-Ouen. Saint-Ouen à basculé à droite, avec l’assentiment de la direction nationale du PS.

Si l’on revient sur les résultats du 1er tour, on note que la droite est arrivée en tête, suivie de liste FDG puis de celle du PS.

Un vrai danger de droite donc. Mais à l’époque ça n’a pas empêché le candidat socialiste de l’époque, Karim Bouamrane (ex-pc) de menacer de se maintenir au second tour, puis de refuser d’appeler clairement à voter pour la candidate FDG. Le PS a également refusé la fusion.

Résultat, les voix socialistes ne se sont pas reportées comme il l’aurait fallu sur la candidate de gauche. La droite gère aujourd’hui la ville.

Alors quand je vois le tweet de Claude Bartolone lors d’un meeting hier de la « gauche rassemblée », mon sang ne fait qu’un tour…

Surtout que le candidat présenté comme celui de la gauche rassemblée n’est autre que … Karim Bouamrane.

Conclusion : dimanche prochain il faut faire l’union derrière Karim Bouamrane pour faire battre la droite alors qu’en mars 2014 le même Karim Bouamrane a tout fait pour faire perdre la gauche.

Déclaration d’Ensemble Saint-Denis : Pourquoi il fallait se maintenir et affronter le candidat du gouvernement

DÉCLARATION D’ENSEMBLE ! SAINT-DENIS

à la veille du second tour des élections départementales

Pourquoi il fallait se maintenir et affronter le candidat du gouvernement.

Pourquoi il va falloir reconstruire le Front de Gauche

 

Le résultat des élections départementales est sans ambiguïté et l’enfumage médiatique du PS n’y fera rien : dimanche prochain la gauche gouvernementale sera très amplement défaite. La droite et le FN seront les grands gagnants. Dimanche dernier, le peuple de gauche est majoritairement resté chez lui. L’écroulement de la gauche est profond et l’installation durable du FN dans le paysage politique également. Cette situation est en très grande partie le résultat de la politique actuelle menée par le gouvernement Hollande-Valls. Côté face, une politique d’austérité et de régression sociale, inédite pour un gouvernement à majorité socialiste. Depuis 2012, aucune mesure de progrès social et écologique substantielle ; c’est une accentuation des politiques menées par Sarkozy. Pire, une bonne partie des mesures prises, la droite en rêvait : pacte de responsabilité, loi Macron, cadeaux sans contreparties aux entreprises, etc. Côté pile, une politique stigmatisante et agressive contre les immigrés, contre les musulmans, contre les Rroms. Et là aussi, il n’y a pas de rupture perceptible avec la politique raciste que menait la droite. C’est une politique de droite, parce qu’elle est dans sa globalité dirigée contre les droits et les intérêts des classes populaires et moyennes et qu’en revanche elle sert ceux des classes dominantes. Le gouvernement a abandonné le camp de la gauche et il plonge celle-ci dans une crise profonde.

Certes, Troussel et Hanotin ne sont pas Valls et Hollande Toutefois, nous avons vu et nous l’avons dit pendant la campagne : au mieux, la majorité Troussel-Hanotin accompagne la politique d’austérité décidée par Hollande, qui n’a rien négocié auprès de l’Europe, sans s’y opposer fermement. Au pire, elle s’est faite le relais des mesures de régression sociale en direction des jeunes, des séniors, etc. Le non vote du budget du CG 93 par les élus du FG s’explique par ces orientations. Pire, la campagne menée par Hanotin et le PS local contre la municipalité à majorité Front de Gauche n’a rien à envier à un discours de droite. Les écoles sont en difficultés ? C’est la faute de la mairie et pas de l’absence de recrutements d’enseignants au niveau des besoins. Il y a trop de chômage ? C’est encore la faute de la mairie et pas des politiques de cadeaux aux patrons qui ne créent pas d’emplois. Vous avez des soucis liés à la sécurité ? C’est toujours la faute de la mairie et pas du manque criant de moyens pour les politiques de prévention et pour la police nationale. Les élections municipales l’avaient déjà montré : ce PS là est prêt à tout, même à tenter, sans résultat, de faire invalider l’inscription sur les listes électorales des Rroms, pour aller chercher les voix du FN.

Sans oublier leur soutien au projet de Central Park à La Courneuve, qui prévoit de livrer une partie de notre parc Georges Valbon aux promoteurs immobiliers et donc de modifier, à terme, la composition des populations en Seine Saint-Denis.

Valls et Hanotin ont des divergences, mais ils ont également au moins un point commun : chacun, à leur niveau respectif, contribue à ancrer le débat politique à droite et à disqualifier les valeurs constitutives de la gauche. C’est en cela que nos projets et nos orientations sont irréconciliables. C’est pour cela que nous avons bien des adversaires à gauche.

De ce fait, les vieux schémas ne fonctionnent plus. Sur Saint-Denis, 69% des habitants n’ont pas voté. Et ça dure depuis des années. Les logiques d’appareils en lieu et place d’une pratique démocratique de la politique, l’absence de discussion de fond sur l’alternative politique et de mise en pratique concrète, l’opposition souvent trop timorée aux politiques d’austérité, le non renouvellement des élus, le refus de faire une place à ceux qui ne sont pas membres d’un parti, à la jeunesse et aux habitantes et habitants des quartiers populaires, la non prise en charge de problèmes importants pour les Dionysiens comme les discriminations quelles qu’elles soient, la faiblesse des liens tissés avec les mouvements sociaux existants, minent la capacité de mobilisation du Front de Gauche. De surcroît, comment faire croire à la sincérité de nos engagements et à mobiliser avec nous, quand on appelle à battre le candidat du renoncement le mardi pour renoncer à l’affronter le dimanche ? Ceci nous rend peu crédibles et peu audibles. C’est pour toutes ces raisons qu’il fallait se maintenir au second tour des élections départementales et laisser les Dionysiennes et les Dionysiens choisir sur le canton Saint-Denis 1. C’est d’ailleurs l’esprit général qui s’était dégagé de l’Assemblée du Front de Gauche et des militant-e-s qui ont fait la campagne. C’est le chemin que Bally Bagayoko avait proposé dès le lendemain du 1er tour. Une autre voie a été imposée. Nous sommes en total désaccord avec ce choix, qui abandonne celles et ceux qui se battent pour construire une autre société. On ne construit rien en capitulant et en signant des accords avec le PS, dans le secret, sans même en informer les partenaires du Front de Gauche.

On a besoin d’un Front de Gauche qui rassemble, qui donne confiance et envie de faire du collectif pour se battre, résister et imposer d’autres choix au profit de notre camp social.

Au lendemain de ce scrutin départemental tronqué, la tâche qui s’impose à nous est de reconstruire le Front de Gauche à Saint-Denis, sur des bases qui tirent toutes les leçons de cet épisode dévastateur. Nous nous y emploierons de toutes nos forces.

Nous remercions une fois encore les électrices et les électeurs qui ont placé les candidats du Front de Gauche à seulement 126 voix de ceux du PS au 1er tour et nous les appelons au boycott de la mascarade du 2e tour dans le canton Saint-Denis 1. Surtout, nous appelons les Dionysiennes et les Dionysiens à prendre leur part dans les luttes qui nous attendent. Demain, les salarié-e-s de Pitney Bowes, à la Plaine, entameront une grève reconductible pour s’opposer au plan de licenciements de la direction qui prévoit la suppression de 76 emplois à Saint-Denis. Le 9 avril sera une journée nationale unitaire contre l’austérité et la loi Macron, pour l’augmentation des salaires et du pouvoir d’achat.

 

ENSEMBLE ! Saint-Denis,  le 25 mars 2015.

 

 

 

 

 

 

Canton de Saint-Denis 1. Où est passé le Front de Gauche ?

Dans le canton 1 à Saint-Denis,  Mathieu Hanotin sera finalement seul au second tour. Bally Bagayoko​ et Florence Haye​ se sont retirés.

Désistement républicain nous dit-on. Nous n’avions que 129 voix de retard. Ni la droite ni le FN n’ont pu se maintenir. Les Dionysiens avaient le choix entre deux projets, un de gauche et un social libéral.

Comment expliquer à celles et ceux qui ont mené campagne, qu’on se désiste pour celui dont le parti siège dans l’opposition municipale ? Comment expliquer à celles et ceux qui ont mené campagne, qu’on se retire au profit de celui qui pendant plus de deux mois n’a pas dit un mot sur les politiques d’austérité mais s’est acharné sur la mairie Front de Gauche et sur ses politiques de solidarité ?

Comment se retirer au profit de celui qui à peine élu qu conseil municipal, a décidé d’en démissionner ? Comment accepter de se retirer en faveur d’un député plusieurs fois épinglé pour ses absences répétées à l’Assemblée ?

Quel signal donnons-nous avec ce retrait ? Le Parti socialiste mène-t-il au département et dans le pays une politique telle que nous devons la soutenir au point de nous retirer sur la pointe des pieds ?

Je sais que la majorité des militants voulaient se maintenir, se souvenant notamment du maintien éhonté de la candidate soutenue par Hanotin lors des précédentes élections cantonales face à Florence Haye. Elle était pourtant arrivée derrière.

L’assemblée générale du FDG hier à Saint-Denis a fait entendre de nombreuses voix, notamment pour le maintien, pour préparer l’avenir.

Certaines voix se sont fait entendre pour dire qu’en se retirant on serait plus fort….

Les appareils, ou plutôt l’appareil a eu raison du terrain et des convictions, point de lutte des classes, mais vive la lutte des places.

Il fallait sauver tel copain ici, et tel copain là, pour avoir un max d’élus FDG. Quitte à gérer avec le PS qu’on dénonce partout comme la gauche de renoncement ?

Je suis écœuré, triste pour Bally et Florence, triste de donner un blanc seing au PS et à Hanotin, qui aujourd’hui parlent de désistement républicain pour mieux faire campagne contre nous demain.

Je n’oublie pas moi le mépris du PS à l’égard de la population, des plus fragiles, leur absence sur des combats essentiels : école, égalité des droits, Palestine, discriminations…

Je n’oublie pas et je n’oublierai jamais.

Il est plus que temps de construire cette alternative à gauche sur la ville, ce qui est sûr c’est qu’elle ne peut plus se faire avec les vieux schémas et les vieilles antiennes, mais avec les bonnes volontés, et les pépites qu’on a dans nos quartiers.

NB : Ensemble et le PG étaient pour le maintien.

L’égalité sinon rien : tous dans la rue contre tous les racismes samedi 21 mars

Parce-qu’aucune forme de racisme n’est tolérable. Parce-qu’on refuse de hiérarchiser les formes de discriminations. Parce-qu’il est urgent de faire le lien entre toutes les luttes et toutes celles et tous ceux qui sont victimes de ces mises à l’index, il faut être nombreux samedi 21 mars à 15 h à Barbes pour réclamer l’égalité, sinon rien ! A l’appel de dizaines de signataires.

Racisme: islamophobie, judéophobie, homophobie, racisme antiroms, négrophobie, sexisme…

On ne lâchera rien ! Toutes et tous ensemble !