Déclaration d’Ensemble Saint-Denis : Pourquoi il fallait se maintenir et affronter le candidat du gouvernement

DÉCLARATION D’ENSEMBLE ! SAINT-DENIS

à la veille du second tour des élections départementales

Pourquoi il fallait se maintenir et affronter le candidat du gouvernement.

Pourquoi il va falloir reconstruire le Front de Gauche

 

Le résultat des élections départementales est sans ambiguïté et l’enfumage médiatique du PS n’y fera rien : dimanche prochain la gauche gouvernementale sera très amplement défaite. La droite et le FN seront les grands gagnants. Dimanche dernier, le peuple de gauche est majoritairement resté chez lui. L’écroulement de la gauche est profond et l’installation durable du FN dans le paysage politique également. Cette situation est en très grande partie le résultat de la politique actuelle menée par le gouvernement Hollande-Valls. Côté face, une politique d’austérité et de régression sociale, inédite pour un gouvernement à majorité socialiste. Depuis 2012, aucune mesure de progrès social et écologique substantielle ; c’est une accentuation des politiques menées par Sarkozy. Pire, une bonne partie des mesures prises, la droite en rêvait : pacte de responsabilité, loi Macron, cadeaux sans contreparties aux entreprises, etc. Côté pile, une politique stigmatisante et agressive contre les immigrés, contre les musulmans, contre les Rroms. Et là aussi, il n’y a pas de rupture perceptible avec la politique raciste que menait la droite. C’est une politique de droite, parce qu’elle est dans sa globalité dirigée contre les droits et les intérêts des classes populaires et moyennes et qu’en revanche elle sert ceux des classes dominantes. Le gouvernement a abandonné le camp de la gauche et il plonge celle-ci dans une crise profonde.

Certes, Troussel et Hanotin ne sont pas Valls et Hollande Toutefois, nous avons vu et nous l’avons dit pendant la campagne : au mieux, la majorité Troussel-Hanotin accompagne la politique d’austérité décidée par Hollande, qui n’a rien négocié auprès de l’Europe, sans s’y opposer fermement. Au pire, elle s’est faite le relais des mesures de régression sociale en direction des jeunes, des séniors, etc. Le non vote du budget du CG 93 par les élus du FG s’explique par ces orientations. Pire, la campagne menée par Hanotin et le PS local contre la municipalité à majorité Front de Gauche n’a rien à envier à un discours de droite. Les écoles sont en difficultés ? C’est la faute de la mairie et pas de l’absence de recrutements d’enseignants au niveau des besoins. Il y a trop de chômage ? C’est encore la faute de la mairie et pas des politiques de cadeaux aux patrons qui ne créent pas d’emplois. Vous avez des soucis liés à la sécurité ? C’est toujours la faute de la mairie et pas du manque criant de moyens pour les politiques de prévention et pour la police nationale. Les élections municipales l’avaient déjà montré : ce PS là est prêt à tout, même à tenter, sans résultat, de faire invalider l’inscription sur les listes électorales des Rroms, pour aller chercher les voix du FN.

Sans oublier leur soutien au projet de Central Park à La Courneuve, qui prévoit de livrer une partie de notre parc Georges Valbon aux promoteurs immobiliers et donc de modifier, à terme, la composition des populations en Seine Saint-Denis.

Valls et Hanotin ont des divergences, mais ils ont également au moins un point commun : chacun, à leur niveau respectif, contribue à ancrer le débat politique à droite et à disqualifier les valeurs constitutives de la gauche. C’est en cela que nos projets et nos orientations sont irréconciliables. C’est pour cela que nous avons bien des adversaires à gauche.

De ce fait, les vieux schémas ne fonctionnent plus. Sur Saint-Denis, 69% des habitants n’ont pas voté. Et ça dure depuis des années. Les logiques d’appareils en lieu et place d’une pratique démocratique de la politique, l’absence de discussion de fond sur l’alternative politique et de mise en pratique concrète, l’opposition souvent trop timorée aux politiques d’austérité, le non renouvellement des élus, le refus de faire une place à ceux qui ne sont pas membres d’un parti, à la jeunesse et aux habitantes et habitants des quartiers populaires, la non prise en charge de problèmes importants pour les Dionysiens comme les discriminations quelles qu’elles soient, la faiblesse des liens tissés avec les mouvements sociaux existants, minent la capacité de mobilisation du Front de Gauche. De surcroît, comment faire croire à la sincérité de nos engagements et à mobiliser avec nous, quand on appelle à battre le candidat du renoncement le mardi pour renoncer à l’affronter le dimanche ? Ceci nous rend peu crédibles et peu audibles. C’est pour toutes ces raisons qu’il fallait se maintenir au second tour des élections départementales et laisser les Dionysiennes et les Dionysiens choisir sur le canton Saint-Denis 1. C’est d’ailleurs l’esprit général qui s’était dégagé de l’Assemblée du Front de Gauche et des militant-e-s qui ont fait la campagne. C’est le chemin que Bally Bagayoko avait proposé dès le lendemain du 1er tour. Une autre voie a été imposée. Nous sommes en total désaccord avec ce choix, qui abandonne celles et ceux qui se battent pour construire une autre société. On ne construit rien en capitulant et en signant des accords avec le PS, dans le secret, sans même en informer les partenaires du Front de Gauche.

On a besoin d’un Front de Gauche qui rassemble, qui donne confiance et envie de faire du collectif pour se battre, résister et imposer d’autres choix au profit de notre camp social.

Au lendemain de ce scrutin départemental tronqué, la tâche qui s’impose à nous est de reconstruire le Front de Gauche à Saint-Denis, sur des bases qui tirent toutes les leçons de cet épisode dévastateur. Nous nous y emploierons de toutes nos forces.

Nous remercions une fois encore les électrices et les électeurs qui ont placé les candidats du Front de Gauche à seulement 126 voix de ceux du PS au 1er tour et nous les appelons au boycott de la mascarade du 2e tour dans le canton Saint-Denis 1. Surtout, nous appelons les Dionysiennes et les Dionysiens à prendre leur part dans les luttes qui nous attendent. Demain, les salarié-e-s de Pitney Bowes, à la Plaine, entameront une grève reconductible pour s’opposer au plan de licenciements de la direction qui prévoit la suppression de 76 emplois à Saint-Denis. Le 9 avril sera une journée nationale unitaire contre l’austérité et la loi Macron, pour l’augmentation des salaires et du pouvoir d’achat.

 

ENSEMBLE ! Saint-Denis,  le 25 mars 2015.

 

 

 

 

 

 

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