Expulser les roms, c’est de gauche ou de droite ?

Sous la Sarkozie, on entendait souvent le PS pester contre les expulsions des campements roms. Dans le même temps on apprenait que la Première secrétaire du PS, Martine Aubry, ordonnait l’expulsion de campements dans la collectivité qu’elle dirige.

Les roms, les associations, se disaient donc qu’avec un changement de gouvernement, quand même, ils auraient un peu de répit et qu’on arrêterait enfin de les traquer, de les pourchasser, en un mot de les stigmatiser.

C’était sans compter sur Manuel Valls, qui a toujours tenu un discours ultra-sécuritaire sur toutes les questions liées de près ou de loin avec les étrangers. Rappelez-vous qu’il estimait même que sa ville d’Evry manquait de blancs…

Les camps roms ne sont pas tous logés à la même enseigne. Tout dépend des terrains sur lesquels ils sont situés.

Si ce sont des terrains privés ou de l’Etat, alors les expulsions peuvent être « rapides »…

Si ce sont des terrains communaux, départements, régionaux… Alors les expulsions ne peuvent se faire sans l’aval de l’exécutif local.

Beaucoup de questions surviennent alors : ces terrains avaient-ils des projets en cours ? La ville ou la collectivité en question est-elle en règle au regard des terrains à mettre à dispositions de ces familles afin d’améliorer l’accueil et les conditions de vie  ?

Enfin, et c’est bien le souci, les expulser n’a jamais réglé la question : l’errance augmente la précarité, les risques de maladie, les problèmes d’hygiène, et rend toute scolarisation des enfants impossible.

Cette situation est intenable, d’autant que si toutes les villes jouaient le jeu – avec tout d’abord une prise de conscience de l’Etat qui sur ce sujet est inexistant – alors, la situation pourrait être réglée rapidement, surtout en Ile de France, la région qui compte le plus de roms.

Il faut des solutions pérennes, respectant ces familles et les populations environnantes.

Il est plus facile de les chasser, et souvent plus côuteux de les expulser, eux citoyens européens qui on le sait feront tout pour revenir.

Manuel Valls, dit « assumer » ces expulsions, ça les rend d’autant plus condamnables.

La politique du chiffre et l’étranger comme épouvantail, voici le cocktail choisi par ce gouvernement au détriment des droits fondamentaux de centaines de familles.

En expulsant ces campements, l’Etat poursuit honteusement la politique nauséabonde des Hortefeux, Besson et Guéant, et se rend complice de la montée inexorable de la xénophobie en France.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *