Florange ou comment le PS a (encore) oublié d’être de gauche

L’affaire de Florange est sur toutes les lèvres. Pendant qu’on parle de ça, les musulmans respirent un peu.

Les salariés, de cette usine, qui produit encore et qui est donc rentable, ont demandé à pouvoir bénéficier de l’aide de l’Etat, afin qu’une nationalisation temporaire leur permette de trouver un autre repreneur que Mittal qui passe son temps à se foutre de la gueule des salariés.

Arnaud Montebourg, le plus à gauche du gouvernement (c’est dire) a pris le dossier en mains. Rencontres avec les syndicats, déclarations tonitruantes à la mode PSA, rien ne semblait pouvoir arrêter le tribun de Saône et-Loire. Rien sauf Jean-Marc Ayrault qui, entre nous a infligé à son ministre une correction politique d’une rare violence.

A l’Assemblée, en présence des salariés, Montebourg annoncé aux députés qu’un repreneur avait été trouvé, fiable et capable d’injecter de quoi relancer et faire tourner l’usine.

24h avant il disait publiquement que Mittal était désormais persona non grata en France, ce qui a valu à Laurence Parisot et à Elie Cohen, un début de dépression

Entre temps, Hollande, tremblotant et fiévreux, recevait celui qui avait déjà enfumé les salariés à Gandrange, le patron d’Arcelor Mittal.

Résultat des « négociations' » : plus de nationalisation, plus de plan social. Mittal reste propriétaire, et les effectifs baisseront à terme à Florange.

On apprend dans le week-end qu’Ayrault s’est payé la crédibilité de son ministre afin d’obtenir des assurances de Mittal sur la pérennité d’un site situé sur la circonscription de ….. Ayrault himself.

Bingo. Pour sauver sa tête de député, qu’il redeviendra probablement bientôt, il n’a pas hésité à sacrifier les engagements pris devant les salariés sur l’autel de ses ambitions personnelles.

Après la TVA « socialiste », PSA, le droit de vote et d’éligibilité des étrangers, les sans-papiers, les roms, les cadeaux aux patrons, le PS avait une occasion pour une fois de donner des gages, même pas à gauche, mais à sa gauche.

Traîtrise, déception, voilà les mots qui resteront pour les salariés de Florange, qui après ceux de Gandrange, enfumés par Sarkozy, viennent bel et bien, eux, de se faire enfumer par Hollande.

 

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