Halal à la cantine : faux problème, vrai écran de fumée.

Au moment où Marine Le Pen promet de mettre fin aux dispositions religieuses dans les cantines scolaires gérées par son parti, quelques rappels de bon sens sont nécessaires.

Rappeler d’abord qu’il n’existe pas de dispositions religieuses dans les écoles publiques, tout au plus des aménagements, comme nous allons le voir.

Le service public de restauration scolaire, comme tout autre service public, se doit d’assurer l’égal accès de toutes et tous à ce service.

Cet égal accès est aussi valable pour les musulmans (oui, oui).

Ce qui signifie que des enfants de parents musulmans ne sauraient être discriminés sur la base de leurs choix culturels, dont découlent des habitudes alimentaires.

La pause méridienne est un moment important dans la journée d’un enfant.

Parmi les centaines de parents croisés pendant la dernière campagne électorale, seul un parent m’a dit qu’il ne verrait pas d’un mauvais œil qu’on puisse manger halal à l’école.

Ce à quoi j’ai répondu qu’il n’en était pas question et qu’on était assez intelligent pour être capable de donner à tous les enfants français, y compris les musulmans, un repas complet et équilibré sans pour autant qu’il soit confectionné selon des rites religieux, ce qui contreviendrait aux dispositions de la Loi de 1905.

Entre le tout halal et la non prise en compte des différences culturelles, il y a un entre-deux, qui s’appelle le bon sens.

Le déjeuner est un moment de sociabilisation, il garantit aussi que l’enfant aura eu dans la journée au moins 1 repas équilibré, ce qui n’est pas un luxe, notamment et surtout ans les quartiers populaires.

Ce qui signifie que dans les limites fixée par la loi de 1905, les municipalités doivent garantir un repas équilivbré aux enfants, quels que soient leur religion (musulman, juif, bouddhiste) ou les choix alimentaires (végétarien…).

Aussi, si un enfant ne mange pas de viande, il faut qu’il puisse manger autre chose, il faut que l’apport calorique (protéines, lipides glucides) soit le même que celui d’un enfant qui mange de la viande.

Si l’enfant ne manque que halal ou casher, alors il faut là encore que le repas qui lui soit servi soit équilibré.

Même chose pour les végétariens…

Le jour où du porc est servi, les enfants doivent pouvoir faire un repas complet, et mangera du porc qui voudra.

Les parents français de confession musulmane ne demandent qu’une chose : que leurs enfants mangent correctement, comme tout autre enfant, et qu’on ne contrevienne pas à leurs préconisations culturelles ou à leurs choix alimentaires. On appelle ça le respect.

Le service public de restauration scolaire est facultatif. Il reste néanmoins un service public.

Marine Le Pen a tenté de lancer une fausse polémique. En effet le plat de substitution n’est pas une nouveauté, le porc est déjà servi dans l’immense majorité des communes, notamment celles amenées à être gérées par le FN…

Encore une tentative de salir les musulmans en les faisant passer pour des ennemis de l’intérieur.

Vous noterez que Marine Le Pen ne trouve rien à redire à la présence de poisson le vendredi dans de très nombreuses écoles.

La vigilance est de mise tant cette polémique aurait pu prendre à droite, comme à gauche.

 

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