Réponse à Jérémie Breaud et à sa lettre à #Ahmed8ans

Cher Jérémie. Vous souffrez, j’ai mal pour vous.

Il est indéniable que les faits que vous reprochez à Ahmed sont graves, mais je suis là pour vous aider.

Vous partez du principe, malgré l’usage du conditionnel, qu’Ahmed a tenu ces propos, qu’il n’a pu le faire que sous l’influence de parents dont l’adn contient des traces de jihadisme.

Votre présupposé est inacceptable, nauséabond. Culpabiliser les parents revient en fait à dire à Ahmed que ses parents sont de dangereux terroristes en puissance, qu’il est en danger avec eux. Une question ? Connaissez-vous Ahmed et sa famille ? Leur avez-vous parlé ? Ah ben non faut pas déconner, faudrait pas s’intéresser à sa vie non plus, il vaut mieux condamner d’emblée ses parents hein. D’ailleurs ils ne peuvent qu’être pétris de haine, leur gamin s’appelle Ahmed et les parents seraient semble-t-il musulmans, au moins d’apparence.

Encore une fois, étiez-vous présent lors de ces événements ? Non, pas plus que moi.

Le couplet sur les morts pour la France, c’est beau. Beau mais pas crédible. Oui beaucoup de gens sont morts pour la France, c’est vrai, notamment des gens dont on parle peu, des soldats venus des anciennes colonies, des anciens protectorats. Avec la reconnaissance que l’on sait, des chibanis aux harkis en passant par les foyers de migrants. Dont un paquet de musulmans, vous savez ces gens qui ont une religion incompatible avec les valeurs de la République.

Vous reprochez à Ahmed de se cacher derrière la liberté d’expression. C’est d’un courage et d’un haut niveau de réflexion… Ahmed a 8 ans, et vous lui parlez comme si c’était Dieudonné. Je vous recommande décrire directement à ce dernier, vous gagnerez du temps et un peu de crédibilité. Quant à la liberté d’expression, elle est vous le savez à géométrie variable, et on en reparlera quand l’islamophobie sera elle aussi un délit. Liberté, Egalité, Fraternité, c’est valable aussi pour les musulmans, non ?

Je ne suis pas d’accord avec vous sur un autre point. L’équipe éducative, en faisant appel aux autorités, n’est pas allée assez loin. A mon sens ils auraient dû attacher Ahmed à un radiateur et lui confisquer son pistolet à eau en attendant leur arrivée. Plus sérieusement, en appeler à la police, aux médias, pour ce qui aurait dû être réglé dans l’intelligence collective, montre que l’intelligence et le discernement ne sont pas l’apanage de tous. Si le gamin s’était appelé Hugues, ou tiens Jérémie, on aurait appelé ses parents et on aurait discuté.

Vous en venez à la fameuse caricature. Vous demandez à Ahmed de dire à son père que ce n’était pas méchant. Avec un ton moralisateur, paternaliste. Le papa d’Ahmed vous a-t-il présenté une carte de musulman ? Beaucoup ont vécu cette caricature comme une violente provocation qui plus est inutile contre les musulmans. Vous défendez la liberté d’expression, souffrez donc qu’on puisse dénoncer et combatte cette caricature, sans faire de ces gens-là des terroristes en puissance, la cinquième colonne.

Vous demandez ensuite à Ahmed d’aller à l’école de façon régulière et suivie. C’est charmant de vous préoccuper de son avenir, mais pour information, il a déjà des parents et nul besoin de tuteur moral.

Vous pensez qu’Ahmed vous a attendu pour aller à l’école assidûment, que ses parents sont trop stupides pour mesurer l’importance que revêt l’éducation, même si celle-ci est loin d’être nationale, en tous points du territoire ? Votre morale, votre ton paternaliste me font penser aux postures des colons : « tiens-toi bien et tout ira bien ».

Avant de faire la leçon aux autres, apprenez non pas à les mépriser mais à les respecter.

 

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