Touche pas à mon Qatar

On parle beaucoup du Qatar, de son argent, de ses tours magistrales.

Tout ça me laisse songeur, et vous ?

Gigantisme et excentricité, sont souvent les mots utilisés par celles et ceux qui parlent du Qatar.

On en parle comme d’un modèle de développement économique, c’est un peu les USA du Moyen Orient, où tout est possible, ou chacune et chacun peut réussir.

Le Qatar a bien failli injecter des pétrodollars dans nos banlieues. Ils se sont consolés en achetant le PSG, Zlatan et Bekham.

Le Prince, Président du PSG, toujours classe en costard ou en habit traditionnel, ferait presque oublier que le Qatar est un régime autocratique où les libertés individuelles sont proportionnelles aux revenus.

La peine de mort, signe distinctif permettant d’identifier les démocraties est toujours en vigueur au Qatar.

Reporters sans frontières a classé le Qatar au 114 ème rang mondial pour la liberté de la presse.

Une démocratie on vous dit.

L’un des principaux mufti du Qatar, financé par les autorités de ce pays, n’est autre que Yûsuf Al-Qaradâwî.

Un mec génial qui condamne la séparation de l’Etat et de la religion, un mec qui n’hésite pas à dire que la charia ne saurait être discutée.

Un mec adorable qui à propos du divorce nous dit quel doit être le comportement de l’homme :  » après avoir tenté de rectifier de son mieux l’attitude de son épouse à l’aide de mots choisis, en usant de persuasion subtile et en raisonnant. En cas d’échec, il devra faire couche séparée, tachant ainsi d’éveiller son agréable nature féminine de façon à ce que la sérénité soit restaurée […]. Si cette approche échoue, il lui est permis de la battre légèrement, avec ses mains, en prenant soin d’éviter le visage ou d’autres parties sensibles. En aucun cas il ne pourra user d’une canne (stick) ou d’aucun autre instrument pouvant causer de la douleur ou la blesser. »

Je vous l’avais dit, trop sympa ce mec et pas misogyne pour un dollar.

Certaines personnes en France aveuglées par leur conception de la religion qui devrait tout régir  dans la société au Qatar, en Tunisie, en Egypte et ailleurs, vont jusqu’à qualifier – sans se tordre de rire – ce personnage de « libéral ».

J’ai hâte de savoir comment s’expriment les conservateurs.

L’image enjôleuse du Qatar ne devrait pas nous faire oublier, que même pleine de fric, une dictature reste une dictature, qu’elle soit religieuse ou non.

Rajout du 12/04/2013. Beaucoup parlent de la condamnation en appel à 15 ans de prison du poète qatari Mohammed Al-Ajami, alias Ibn Al-Dhib. Beaucoup en parlent mais peu condamnent ou exigent sa libération y compris parmi les spécialistes autoproclamés de cette chère dictature.

Lire cet excellent billet de Haoues Seniguer

One comment

  1. Ah ba j’avais pas osé citer le Qatar dans mon comm sur le post « Islamophobie » parce que j’avais pas assez d’éléments pour qualifier le régime politique. Bah voilà, ma jauge « culture G » a encore augmenté.

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