Municipales : ne pas distinguer Paris de la banlieue

A lire la presse et les déclarations des uns et des autres, on a l’impression qu’il y a Paris, et le reste du monde. Le PCF parisien et le Front de gauche.

Bref, que ce qui se joue aux portes de Paris n’a aucune espèce d’importance et que seul compte le sort de Paris et du nombre d’élus communistes parisiens.

Evidemment, ceci est inacceptable autant qu’ incompréhensible.

Ce traitement différencié de Paris et de la proche banlieue à l’occasion des municipales ne peut que rappeler le mépris avec lequel Paris à longtemps traité cette banlieue et ces quartiers populaires.

Les camarades parisiens du Front de gauche et plus particulièrement le PCF et son secrétaire national Pierre Laurent sont bien placés pour savoir ce qui se joue par-delà le périphérique.

La mise en scène de la directions nationale du PCF par reportages interposés, dans lesquels les socialistes sont prêts à toutes les courbettes, a quelque chose d’indécent.

Quand le Parisien titre sur les propos de Pierre Laurent : « A Paris les socialistes nous entendent », j’ai envie de lui dire que le plus important serait qu’ils les écoutent.

Car enfin, il n’est pas possible de taire à ce point des divergences qui ne sont pas que nationales.

En effet comment ignorer la stratégie d’éradication totale des communistes orchestrée par Bartolone et Le Roux ? Comment ignorer l’agressivité et les moyens dépensés contre les communistes alors que le Parti socialiste permet par sa stratégie un enracinement plus important de la droite en Seine-Saint-Denis ?

Comment accepter ensuite que le PCF semble signer un chèque en blanc à l’équipe Hidalgo, en se contentant de vagues promesses sur le logement social ?

Comment concevoir que le nombre d’élus, qui sont aussi des grands électeurs, passe avant l’avenir de milliers de citoyens de Seine-Saint-Denis ?

Comment faire croire que le Parti socialiste est tellement vertueux à Paris qu’il ferait oublier sa politique désastreuse au gouvernement, politique soutenue par l’équipe d’Anne Hidalgo ?

Symboliquement, comment concevoir une alliance avec un parti qui ne présente aucune tête de liste dite « issue de la diversité », soit pire que ce que fait l’équipe de NKM ?

Le Parti socialiste a besoin du PCF pour espérer arriver en tête au premier tour.

Vous remarquerez le peu d’empressement du PS a faire rentrer EELV dans le rang, les écologistes ayant décidé de présenter une liste au premier tour.

Perdre Paris serait évidemment une catastrophe pour la rue de Solférino.

Comment accepter que le PCF fasse alliance sans broncher avec les socialistes à Paris quand à quelques mètres de là, une véritable guerre est déclarée au même Front de gauche, et donc, au PCF ?

Que dire des déclarations de Mahieu Hanotin sur les communistes ? Que dire sur la machine de guerre socialiste ? 

Il est possible de choisir entre la solidarité du Front de gauche et de ses dirigeants envers ses militants et élus où qu’ils soient et l’union à tout prix, pour quelques postes de plus et un peu plus de pouvoir, comme on peut le lire ici ou là.

Les militants vont voter. La consigne de vote de Pierre Laurent ressemble bel et bien, elle, à une pression, toute amicale qu’elle soit.

Il est encore temps de changer la donne, de démontrer que le PCF parisien n’est pas un supplétif du PS, pour ma part, je n’en doute pas un instant.

Il est temps de démontrer à cette occasion que le Front de gauche est un point d’appui pour les luttes à venir, pour résister, pour faire de la politique autrement.

Dans d’autres villes, les camarades ont eu le courage de faire ce choix, au vu des politiques menées au niveau national, mais aussi des stratégies des socialistes au niveau local.

La politique est affaire de rapports de force. Chiche

 

 

 

One comment

  1. Paker dit :

    Un jugement dont il faut se défier, me semble t il…
    La position des communistes parisiens incompréhensible ?

    Je rappelle qu’elle ne fait que découler de l’application des statuts du Parti et que les militants communistes se déterminent en fonction de ceux ci.

    Ils peuvent aussi revendiquer le droit à l’erreur, autant que le manque d’audace.

    Ceci dit, l’excellente Danielle Simonnet, aujourd’hui chef de file des candidats du PG et d’une partie des organisations du Front de Gauche (la GU, si je ne m’abuse, a choisi la même orientation que le PCF parisien), s’était aussi auto promue candidate chef de file de l’ensemble du Front de Gauche sur la capitale, sans demander, l’espace d’un instant, l’avis de ses partenaires du Front de Gauche.

    Et je crois qu’elle a attendu 2013 pour ne pas voter le budget de la Ville, contrairement aux autres années depuis 2008…

    Amitiés

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