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Quand Emmanuel Macron insulte les habitant.e.s de Saint-Denis.

Macron a beaucoup en commun avec l’immense majorité de ce qu’on appelle l’élite politique : le mépris des quartiers populaires.

Plutôt que de parler des vraies questions, des problèmes qui minent les quartiers : chômage, logement, transports, école, santé….. Macron préfère stigmatiser un peu plus ses habitant.e.s.

Après Le Figaro et Enquête exclusive et France 2, Macron relaie l’un des poncifs les plus stigmatisant et racistes : »les hommes des quartiers -entendre arabes musulmans toussa- empêcheraient les femmes de prendre un café sur les terrasses ».

Dans un entretien à Grazia, au détour d’une question sur la stigmatisation des femmes voilées, il répond qu’il faut la combattre mais que quand même attention quand même attention au salafisme qui gangrène les terrasses de café. Plus exactement il dénonce les « pressions au nom de la religion pour que les femmes ne s’assoient pas aux terrasses de café ».

Non, vous ne rêvez pas.

Saint-Denis Mossoul même combat.

Macron qui est pourtant récemment est venu à Saint-Denis, mais c’est vrai pas dans un quartier, mais à l’Usine, une ancienne usine reconvertie en lieu tendance pour séminaires et autres événements d’entreprises.

Il est donc venu à Saint-Denis le 26 mars en triant les inviter afin de leur demander ce qu’il faut pour les quartiers populaires.

Du respect ?

Non, il n’avait plus de respect en stock du coup il nous a servi du mépris.

Il lance même une accusation grave sur notre ville qui interdirait ses terrasses aux femmes : « allez vous balader à Saint-Denis et essayez de vous installer à une terrasse de café si vous êtes une fille ».

Comme ici au Khedive par exemple ?

Oser dire de tels propos dans une interview qui demandait à Emmanuel Macron comment il entendait lutter contre les stigmatisations contre les femmes voilées est somme toute assez éclairant.

Au-delà de la stupidité des propos, ils témoignent d’une porosité de ce que j’appelle le syndrome de Cologne, des hordes d’arabes avec et sans barbe, qui contrôleraient les tenues et les consommations des femmes aux terrasses des cafés.

Evidemment ça me fait penser à l’entreprise de manipulation initiée par l’Observatoire Local de la Laïcité de Saint-Denis (rien à voir avec l’Observatoire National) et le collectif Sacamain. Et que nous sommes plusieurs à avoir dénoncé.

Macron surfe sur la fausse affaire du PMU de Sevran alors que le Bondy Blog a démontré que tout était bidonné.

Ces propos sont gravissimes, insultants, pour les femmes et pour les hommes de Saint-Denis, qui au-delà des fantasmes et des préjugés, sans jamais nier la réalité refusent de jouer le jeu de la division et du rejet.

Je comprends encore moins que certaines personnes aient cru devoir faire de lui le sauveur des quartiers populaires.

On mérite d’être respecté, le mépris, on leur laisse volontiers.

A Saint-Denis, exigeons d’être respecté.e.s

Encore une fois Bernard de La Villardière nous fait l’honneur d’un reportage sur les quartiers populaires. Ces endroits qu’il fantasme, et où il ne va et vit surtout pas.

Dès le départ on le sait, tous les ingrédients sont réunis pour passer une bonne soirée anxiogène : musique, montage, invité.e.s trié.e.s sur le volet.

J’ai su que nous allions être passé.e.s au karcher lorsque l’une des journalistes demande dans un hôpital si les violences sont « propres à Saint-Denis ». Ça sent pas du tout la question orientée, et si on veut avoir des chiffres, on les demande à celles et ceux qui les fournissent. Non, là elle demande au médecin, qui répond que ce n’est pas « propre à Saint-Denis , mais que c’est très fréquent ». Il  laisse entendre que c’est plus souvent qu’ailleurs se basant sur son ressenti, la journaliste laisse passer.  C’est juste malhonnête.

En passant, demander à un médecin de nous éclairer sur l’insécurité ça revient à m’interroger si on veut connaitre le fonctionnement du système solaire.

Ensuite on a droit à quelques clichés – encore –  sur « le grand remplacement » qui serait opéré par les musulman.e.s de Saint-Denis, comme si  l’immense majorité d’entre eux n’étaient pas français. Comme s’il était interdit d’être français et manger halal ce qui semble déranger alors qu’on peut manger non halal dans d’autres commerces et surtout sur le marché, où s’entassent charcutiers, boucheries chevalines, fromagers, traiteurs etc…

Quand on connait et qu’on aime sa ville, on sait qu’on est loin du péril musulman décrit dans le reportage avec le concours de quelques habitant.e.s.

D’ailleurs, la séquence de la vinothèque semble bien orchestrée afin de démontrer qu’il y a d’un côté les vrais, les habitant.e.s de Saint-Denis les « de souche » et les autres qui sont là mais un peu en trop, et surtout trop nombreux, « on n’est plus dans l’équilibre » entend-on lors de cette séquence.  Faut-il instaurer un quota ? Combien d’arabes de noir.e.s, de rroms ?

J’étais à l’inauguration de la vinothèque, un bel endroit à 100m d’un lieu de culte musulman.  Il m’arrive d’y aller. Et Il m’arrive aussi d’aller chez des commerçants musulmans pour par exemple y acheter de la viande ou de la menthe.  Du coup je suis dans quelle catégorie ? Les bons ou les mauvais ? Je suis un bon dionysien ou un envahisseur ?

Quand il est question des entreprises, là encore c’est sous l’angle sécuritaire avec des salarié.e.s bunkérisé.e.s . Pas un mot sur la charte entreprise territoire signée par des dizaines d’entreprises et qui a permis l’embauche de plusieurs milliers de personnes sur le territoire de Plaine Commune.

Pas un mot sur les milliers de personnes qui réussissent dans leurs études, dans leurs vies professionnelles, dans  leurs différents projets, non rien de tout ça, une négation totale, un mépris incommensurable.

Ce reportage avait un angle clair. Non pas montrer  « les deux visages de Saint-Denis » mais bien un seul d’entre eux. Et déformé qui plus est. On y a parlé de délinquance, de laïcité attaquée, de commerces islamisés, de malheureux propriétaires spoliés par la municipalité…

L’autre visage était donc totalement était absent, celui du monde associatif et des solidarités, celui des politiques municipales en terme de santé, de culture, d’éducation, d’environnement…, celui des citoyen.ne.s et militant.e.s engagé.e.s et attaché.e.s à leur ville.

Non de tout ça il n’a pas été question parce-que dès le départ il n’a jamais été question de montrer Saint-Denis telle qu’elle est. Certes avec ses difficultés, mais aussi avec ses énergies, ses réussites, ce qui la rend à ce point attachante pour des milliers d’habitant.e.s.

Dans ce reportage, certain.e.s des intervenant.e.s qui apparaissent clairement en opposition à la ville telle qu’elle est, apparaissent comme des citoyens lambda. Or, comme l’a rappelé un journaliste de Buzzfeed, ces personnes sont connu.e.s pour être ou avoir été des opposant.e.s politiques notamment proches du PS, dans l’opposition municipale.

M6 a donc  présenté ces militant.e.s comme des citoyen.ne.s lambda. Ces personnes ont le droit de s’opposer à la municipalité, mais il aurait été honnête de préciser leur pedigree, et de ne pas avancer masqué.

Les réactions attristées de certaines personnes proches du PS local posent néanmoins question.

Quand on passe le plus clair de son temps à réduire la ville à un dépotoir et à un coupe-gorge à ciel ouvert, on ne vient pas feindre l’étonnement devant le traitement médiatique qui découle de l’image donnée de la ville.  Ce n’est pas cohérent, et surtout il est trop tard, et ils sont co-responsables de ce matraquage des médias. Le tout alors que le gouvernement, leurs ami.e.s ont sacrifié la ville et notamment ses services publics ; éducation, postes, sécurité…

Parce-que leur seul objectif est de prendre la ville, jamais ils ne la valorisent.

Ce reportage les arrange peut-être, car mis à part la tribune d’un militant PS, que le député a partagée, aucune déclaration des élu.e.s PS de Saint-Denis, ni du député, ni du PS local n’est venu condamner cet odieux reportage. Toujours rien 48h après.

Le communiqué du maire de Saint-Denis lui était connu dès le lendemain de l’émission.

Après ce qu’a vécu la ville, les attentats, l’assaut du Raid, la stigmatisation médiatique et politique… la ville aspirait tout simplement au respect, mais visiblement c’était trop demander.

 

Michael Warschawski : religions je persiste et signe

Je me permets de reproduire ici le texte de Michael Warshawski qu’il a publié sur Facebook. J’approuve évidemment. 

Même si j’ai porte la Kippa pendant les vingt premières années de ma vie et pratique tous les commandements de la Tora, y compris les plus futiles, je suis aujourd’hui un athée qui mange a Kippour et adore la cote de porc. A la synagogue je ne vais que pour des fêtes de famille, et mon enterrement se fera hors des rites et des cimetières juifs.

J’ai cependant développé une véritable allergie aux flicards français, Je spécifie français parce que c’est une maladie typiquement hexagonale, et je ne pense pas qu’en Grande Bretagne, par exemple, il y ait mois d’athées ou d’agnostiques qu’en France, mais ils sont, pour la plupart, exempts de cette haine du religieux.
Eh oui, même si je collabore a Sine Mensuel et aime beaucoup Bob, je suis loin de partager leur haine des religieux. Pourquoi cette clarification? Parce que Catherine m’a fait suivre un courrier me concernant ou on pouvait lire: « c’est quoi cet article de WARSCHAWSKI ? Certes, Valls est à vomir, mais est-ce une raison pour défendre les religion dans Siné ?!! La France sent mauvais. Difficile de contredire une tel titre. Cela-dit dans quel autre pays un canard comme Siné mensuel pourrait exister ? Si on élimine tous les pays où la religion est au pouvoir totalement ou partiellement ça fait pas lerche. Quant à considérer le voile comme un simple signe religieux, alors là je m’étrangle au point que j’aurai sans doute du mal à acheter le prochain numéro le mois prochain. Certes, combattre l’obscurantisme religieux est on ne peut plus délicat quand on est sans cesse parasité par des nuisibles qui en profitent pour y insérer du racisme, mais fait chier quand même. »

Je ne sais pas ce que « défendre les religions ». Je sais par contre ce que signifie la liberté, et le droit de chacun de vivre sa vie comme il/elle l’entend, tant que cela ne porte pas préjudice a l’autre. Préjudice n’inclut évidement pas « ce qui me dérange »: si, comme dit, j’aime la cote de porc (quand elle n’est pas trop cuite), je n’aime par contre la cuisine indienne et l’odeur des plats au curry m’importune. Pourtant je n’ai jamais envisage qu’on ferme pour cette raison les restos indiens.
Le port de la kippa ou du fez, du foulard ou de la perruque est une histoire de choix individuel… qui, comme tous les choix ou les goûts, est formaté par la culture ambiante, l’école, la famille, voire l’église.
Quand, en plus, une communauté est stigmatisée, le port de ses signes distinctifs est souvent un acte d’affirmation de soi et de mise en defi du racisme ambiant. Si l’on interdisait la kippa en France, je crois bien que je défierais la loi et mangerait ma cote de porc avec une kippa sur la tète.
La laïcité est faite de la séparation totale de l’Etat et des religions, et du droit de chacun de vivre ses croyances, philosophiques ou religieuses, comme il/elle l’entend. La France a été a l’avant-garde de la bataille historique pour cette laïcité, et ses valeurs ont rayonne a travers le monde entier.

Mais quand cette laïcité prend les accents de Madame Badinter, c’est de racisme qu’il s’agit, dans la droite ligne du « rôle civilisateur du colonialisme ». Car, mais faut-il le rappeler? la France laïque et républicaine a tente d’imposer sa civilisation aux peuples sauvages, au prix de millions de morts. Aujourd’hui, elle n’a aucun problème a faire des affaires juteuses avec l’Arabie Saoudite… ou le port du voile est obligatoire.
Et j’irai même un peu plus loin: un peuple qui a applaudi pendant pres de quatre ans le Maréchal et son régime, qui a collabore, activement ou passivement, a la déportation de ses citoyens juifs ou roms, se doit d’être modeste quand il critique les meurs civilisationnels des autres.

« Etat d’urgence : les parlementaires complices de la montée de l’islamophobie »

 
La réponse à la terreur de la part de nos gouvernants a été, hélas, de
maintenir un climat de …. terreur.

S’il fallait mobiliser les moyens de l’Etat pour sécuriser le pays, fallait-il pour autant maintenir les citoyens dans un tel climat ? A tout prix ?

Les parlementaires ont très vite et très clairement tranché le débat.

Le bon sens et le pragmatisme ont laissé place à l’émotion et à l’électoralisme.

Toutes formations politiques confondues, les députés et sénateurs ont très largement voté la prolongation de l’Etat d’urgence. Une belle union nationale.

Une poignées de parlementaires s’est risquée à voter contre et doit aujourd’hui rendre des comptes.
Après le 7 janvier, le pays avait connu un climat délétère, particulièrement à l’encontre des personnes de confession musulmane, françaises ou pas.

Rien ou presque n’a depuis été fait pour endiguer ces dérives, à savoir la montée de l’islamophobie. Pourtant du CFCM ou CCIF, beaucoup d’organisations voire même de personnalités ont alerté sur la montée de ce racisme qui vise les musulmans, souvent au nom
d’une laïcité dévoyée.

Aussi, on assiste depuis le 13 novembre à une mise au ban politique,policière et judiciaire des musulmans : perquisitions de mosquées, de restaurants halal, contrôles policiers…. Tout ça participe du climat antimusulman, ce même climat qui libère la parole raciste et le passage à l’acte, notamment contre les femmes voilées, les plus vulnérables.

Plus de 1000 perquisitions, plus de 200 assignations à résidence, presque autant de fermetures administratives. On le voit bien, tout cela a davantage à voir avec la communication et la politique du chiffre qu’avec la recherche de l’efficacité. Une offensive clairement ciblée contre les musulmans. Les musulmans potentiels ennemis de l’intérieur.

Tous  les parlementaires qui ont voté ou ne se sont pas opposés à l’état d’urgence sont complices de ce climat de suspicion, de peur, et responsables aussi de la généralisation de l’islamophobie.

Aujourd’hui c’est l’état d’urgence, et l’état d’urgence c’est tout sauf l’Etat de droit.

L’état d’urgence, en voulant interdire aux gens de se rencontrer de discuter de partager et d’échanger est fascisant.

Oui, fascisant. Maintenir toutes les manifestations commerciales, laisser ouverts tous les centres commerciaux et interdire les manifestations – beaucoup d’entre elles hostiles au pouvoir – relève d’une volonté de censurer et d’interdire, et ça c’est indigne d’un Etat démocratique.

Il faut refuser ces interdictions, et manifester pour les causes qui nous paraissent justes, rien ni personne ne doit nous en empêcher.

Musulmans et juifs de France : l’insupportable inégalité de traitement

 

 

Les récents propos de Roger Cukierman, Président du CRIF, sont la goutte d’eau, les mots de trop.

Il assume ses propos envers la communauté musulmane. Il a dit – entre autres –  que « toutes les violences, et il faut dire les choses, sont commises par des jeunes musulmans ».

Dans le même entretien, il encense Marine Le Pen « irréprochable personnellement », à ce point irréprochable que cette dernière n’a jamais condamné les propos de son père sur les chambres à gaz. Peut-être que ce qu’il apprécie chez elle, c’est surtout son rejet de l’islam et des musulmans, ce qui en effet peut faire d’elle, aux yeux de Cukierman, une personne impeccable.

Imaginons un instant qu’un responsable musulman ait dit la même chose sur Marine Le Pen ou déclaré que le problème en France, ce sont les juifs de France. Tout de suite, et à raison, on aurait dit que cette personne en plus d’être antisémite, soutenait les pires thèses négationnistes et révisionnistes…

C’est là qu’est l’inégalité de traitement, et elle est manifeste.

Les propos de Roger Cukierman auraient dû suscité une vive réprobation de tous les responsables politiques qui se prétendent républicains.

A commencer par le Président de la République et le Premier ministre.

Mais rien, rien dans les médias, ni sur leurs fils twitter respectifs.

A peine Hollande a-t-il balbutié que le racisme c’est pas beau, hier en marge du dîner du CRIF. Mais aucune condamnation ferme des propos de son hôte.

Même Dalil Boubekleur s’est senti obligé de sortir de sa légendaire réserve pour signifier sa consternation.

Même Nicolas Sarkozy a fustigé ces propos dangereux, même si sa réaction est tardive. Il lui fallait rattraper sa déclaration sur les femmes voilées.

C’est de ces absences de prises de position, que naissent frustration et incompréhension.

C’est de là aussi que naissent les fantasmes que certains entretiennent ces fantasmes nauséabonds du style : « y’en a que pour les juifs, quand un musulman est touché, personne ne bouge ».

Comment demander à des personnes du respect quand on ne leur témoigne que mépris ?

Enfin, il faut aussi que le CRIF éclaircisse son rôle. S’il dit représenter une partie des juifs de France, alors il ne peut pas appeler à soutenir Israël pendant que Gaza est sous les bombes et reprocher dans le même temps à certains d’importer le conflit en France…

Finalement, en laissant penser que les juifs contrôlent tout, et ont le pouvoir partout, en ne condamnant par les propos de personnalités juives parce-que juives, on alimente la judéophobie.

Finalement, Cukierman, ou le député pro-israélien Meyer Habib – et quelques autres – ne sont-ils pas à leur manière quelque peu antisémites ?

Imaginons un instant, au hasard, que le CFCM ait appelé à soutenir Gaza en appelant à un rassemblement devant l’Ambassade de Palestine…..

Il faut que cesse ce deux poids deux mesures, cette inégalité de traitement entre musulmans et juifs de France, c’est en instaurant l’égalité et la justice qu’on aura la solidarité et la fraternité.

Sans justice, pas de paix.

Meeting contre l’islamophobie le 6 mars à Saint-Denis

Le 6 mars prochain aura lieu un meeting à Saint-Denis, contre le climat de guerre sécuritaire et pour les libertés publiques.

L’appel au meeting a été publié sur Médiapart.

Dans le même esprit, cet appel contre l’union sacrée, que nous avons été plusieurs à signer.

Nous vous attendons nombreux et nombreuses le 6 mars prochain à Saint-Denis.

 

Réponse à Jérémie Breaud et à sa lettre à #Ahmed8ans

Cher Jérémie. Vous souffrez, j’ai mal pour vous.

Il est indéniable que les faits que vous reprochez à Ahmed sont graves, mais je suis là pour vous aider.

Vous partez du principe, malgré l’usage du conditionnel, qu’Ahmed a tenu ces propos, qu’il n’a pu le faire que sous l’influence de parents dont l’adn contient des traces de jihadisme.

Votre présupposé est inacceptable, nauséabond. Culpabiliser les parents revient en fait à dire à Ahmed que ses parents sont de dangereux terroristes en puissance, qu’il est en danger avec eux. Une question ? Connaissez-vous Ahmed et sa famille ? Leur avez-vous parlé ? Ah ben non faut pas déconner, faudrait pas s’intéresser à sa vie non plus, il vaut mieux condamner d’emblée ses parents hein. D’ailleurs ils ne peuvent qu’être pétris de haine, leur gamin s’appelle Ahmed et les parents seraient semble-t-il musulmans, au moins d’apparence.

Encore une fois, étiez-vous présent lors de ces événements ? Non, pas plus que moi.

Le couplet sur les morts pour la France, c’est beau. Beau mais pas crédible. Oui beaucoup de gens sont morts pour la France, c’est vrai, notamment des gens dont on parle peu, des soldats venus des anciennes colonies, des anciens protectorats. Avec la reconnaissance que l’on sait, des chibanis aux harkis en passant par les foyers de migrants. Dont un paquet de musulmans, vous savez ces gens qui ont une religion incompatible avec les valeurs de la République.

Vous reprochez à Ahmed de se cacher derrière la liberté d’expression. C’est d’un courage et d’un haut niveau de réflexion… Ahmed a 8 ans, et vous lui parlez comme si c’était Dieudonné. Je vous recommande décrire directement à ce dernier, vous gagnerez du temps et un peu de crédibilité. Quant à la liberté d’expression, elle est vous le savez à géométrie variable, et on en reparlera quand l’islamophobie sera elle aussi un délit. Liberté, Egalité, Fraternité, c’est valable aussi pour les musulmans, non ?

Je ne suis pas d’accord avec vous sur un autre point. L’équipe éducative, en faisant appel aux autorités, n’est pas allée assez loin. A mon sens ils auraient dû attacher Ahmed à un radiateur et lui confisquer son pistolet à eau en attendant leur arrivée. Plus sérieusement, en appeler à la police, aux médias, pour ce qui aurait dû être réglé dans l’intelligence collective, montre que l’intelligence et le discernement ne sont pas l’apanage de tous. Si le gamin s’était appelé Hugues, ou tiens Jérémie, on aurait appelé ses parents et on aurait discuté.

Vous en venez à la fameuse caricature. Vous demandez à Ahmed de dire à son père que ce n’était pas méchant. Avec un ton moralisateur, paternaliste. Le papa d’Ahmed vous a-t-il présenté une carte de musulman ? Beaucoup ont vécu cette caricature comme une violente provocation qui plus est inutile contre les musulmans. Vous défendez la liberté d’expression, souffrez donc qu’on puisse dénoncer et combatte cette caricature, sans faire de ces gens-là des terroristes en puissance, la cinquième colonne.

Vous demandez ensuite à Ahmed d’aller à l’école de façon régulière et suivie. C’est charmant de vous préoccuper de son avenir, mais pour information, il a déjà des parents et nul besoin de tuteur moral.

Vous pensez qu’Ahmed vous a attendu pour aller à l’école assidûment, que ses parents sont trop stupides pour mesurer l’importance que revêt l’éducation, même si celle-ci est loin d’être nationale, en tous points du territoire ? Votre morale, votre ton paternaliste me font penser aux postures des colons : « tiens-toi bien et tout ira bien ».

Avant de faire la leçon aux autres, apprenez non pas à les mépriser mais à les respecter.

 

Une Farce et à Trappes…..

Les policiers auteurs du contrôle à Trappes.

Tu la vois la nana là-bas ? 50 euros qu’elle refuse d’obtempérer, 100 euros qu’elle n’a pas ses papiers..
150 euros que son mari va vouloir se la raconter.
Non, les gars, venez, on va patrouiller, voir si y’a du deal, on s’en tape de son voile, c’est pas ce qui pourrit la vie du quartier.
Peut-être mais faut leur montrer qui commande non ? On est en France ici, pas en Afrique, où je ne sais où.
Tu as raison, mais pas la peine de céder à la provocation, en plus c’est le ramadan, on n’est pas obligé de leur infliger un contrôle inutile.
On va pas arrêter de bosser parce-que les musulmans ont décidé d’arrêter de boire ou manger. Ils n’ont qu’a faire comme nous, sauciflar et pinard.

Allez, on va se marrer, et puis je trouve que c’était un peu trop calme jusque-là, Trappes…..

Le Parti de Gauche et l’islam : chronique d’une haine ordinaire ?

Aux lecteurs et lectrices : je suis élu Front de gauche, même si ça se voit pas tout de suite. Je me suis demandé si je devais dénoncer des postures et des pratiques que je condamne, y compris quand elles émanent de mon propre camp. Je me suis posé la question 15 secondes. 

Le billet se compose en deux parties, parce-que le sujet est inépuisable, alors take your time.

Dans un précédent billet – je sais ça fait genre le mec qui écrit – je suis revenu sur le silence complice de nombreux responsables et militants du Front de gauche sur l’islamophobie larvée qui mine notre beau pays.

Je disais qu’il fallait débattre. Ne pas le faire c’est prendre le risque de céder – encore –  aux raccourcis chers à la droite, à l’extrême droite, mais aussi à une partie de la « gauche ».

Dernier épisode de la série « l’islamophobie primaire » :  la sortie du conseiller de Paris (PG) Alexis Corbières qui dénonce la construction de salles de prières dans le futur agrandissement de l’Institut des Cultures d’Islam, en plein quartier de la Goutte d’Or à Paris.

Un projet soutenu et financé par la ville de Paris.

Qui peut nier qu’un tel institut permet déjà de dévoiler au grand public la richesse culturelle de l’islam et plus largement des pays où cette religion est pratiquée ?

Qui peut nier qu’un tel équipement permet déjà d’ouvrir davantage ce quartier de la capitale au este de Paris et même au-delà ? Moi, banlieusard jure y être déjà allé plusieurs fois.

L’élu en question va pourtant déraper, en prenant la question du financement et la loi de 1905 comme prétextes.

Il combat ce projet en rejetant le financement des salles de prière par la ville. Or, si la ville va en effet construire ces salles, qui seront donc des locaux nus une fois achevés, il est prévu que celles-ci soient revendues, justement, aux fidèles qui en assureront la gestion.

Ainsi, ils seront les interlocuteurs privilégiés des pouvoirs publics. Plutôt une avancée.

Au final donc, la ville n’aura financé aucun culte puisqu’elle récupérera les deniers publics investis.

L’élu enfonce le clou en refusant que les lieux cultuels soient dans la même enceinte que les futurs lieux culturels. Ma première réaction était : « mais qu’est-ce que ça peut te f*** ? « .

Puis, je me suis dit qu’il avait raison. Imaginons en effet qu’un musulman transmette sa foi à un-e impie en serrant la main ou en claquant la bise ?!

Je suis transi d’effroi à cette simple pensée.

En effet, pourquoi pas des dialogues entre croyants et non-croyants ou pire des rencontres entre les différentes religions ?

Non, l’entre soi est une valeur bien plus progressiste et porteuse d’avenir.

A quoi bon vouloir s’ouvrir aux autres, à plus forte raison quand l’autre est musulman ?

Au final, cet élu s’oppose à ce que les musulmans aient – enfin – des lieux de culte décents pour justement mettre fin aux prières dans les locaux indignes et dans la rue dont les tous les musulmans, d’apparence ou non, sont les premières victimes.

Ces prises de position ne sont pas dignes d’un élu de gauche, qui ne sait plus comment manifester sa haine des religions et particulièrement de l’islam.

Un islam bien côté sur le marché du buzz, à condition qu’on tape dessus et ça, lui comme les autres, l’a bien compris.

En tenant ces propos, Alexis Corbière s’est fait malgré lui l’allié objectif de la droite et de l’extrême droite, comme des fascistes tendance Riposte Laïque.

J’y vois du rejet, j’y décèle de la haine, j’y trouve du mépris.

Voici comment Alexis Corbière concluait déjà son intervention au conseil de Paris du 12 juillet 2012 : « Le respect de la laïcité nous concerne tous. Il est un des enjeux majeurs du 21e siècle à Paris comme dans le reste du Monde ». 

Moi, benoîtement je ne pensais pas que c’était du même niveau que la spéculation financière, la pauvreté, le chômage et qu’à Paris les vrai problèmes, c’est la spéculation immobilière, le manque de logements sociaux….

Le 22 avril dernier, il a voté contre le projet de la ville. Il faut qu’il assume jusqu’au bout, ce vote lourd de significations.

Je vais maintenant vous faire une confidence, étant donné qu’on est seuls ici : mon article cité en début de billet a aussi été écrit en réaction à un communiqué du Parti de Gauche qui condamnait, tout comme Manuel Valls et Marine Le Pen, la décision de la Cour de Cassation dans l’affaire Babyloup.

Je continue donc de croire que beaucoup de responsables politiques et de pseudos intellectuels brandissent l’étendard de la laïcité pour dissimuler une haine de l’islam non assumée et donc, honteuse.

La laïcité est alors bien pratique, une sorte d’alibi pour éviter de se voire taxer de racisme anti-musulman.

On laisse subtilement entendre dans le discours ambiant bien relayé par les médias, que la cohésion nationale est menacée par l’islam et que les demandes de la communauté musulmane seraient à ce point exponentielles et dérogatoires du droit commun qu’elles seraient en passe de briser le pacte républicain.

De fait, montrer du doigt une et une seule communauté en raison de sa seule appartenance religieuse, c’est du racisme.

Je dis une seule, parce-qu’à gauche de la gauche – j’attends plus rien du PS depuis que je sais compter – peu de voix se font entendre quand d’autres religions font le siège de la République.

Aussi, personne ou presque n’a trouvé à redire sur les nombreuses prières de rue que l’on doit subir pendant le débat sur le mariage homo.

Le 21 avril dernier encore, place des Invalides au cœur de Paris, des centaines de catholiques intégristes ont pu prier contre le mariage pour tous et pour l’homophobie, avec la bénédiction de la police républicaine du ministre socialiste Manuel Valls.

Quand les catholiques prient, sur l »espace public, la République le tolère, voire l’encourage par un étrange silence, le tout relevé d’un soupçon de complicité.

Imaginez un instant que des musulmans se soient mis à prier au même endroit….

Je n’ose même pas imaginer le déferlement médiatique et raciste auquel on aurait eu droit. Tous les médias se seraient mis en mode pain au chocolat.

Le souci réside bel et bien dans le traitement différencié réservé à l’islam. C’est un peu la religion des pestiférés, de ceux qu’on montre du doigt pour mieux les châtier, les exclure.

Aussi, a force de marginaliser les musulmans, ils sont irrémédiablement poussés vers une radicalisation pourtant pourfendue par les ultralaïcards.  Ensuite, les UMP et FN n’auront qu’à se baisser pour ramasser le gros lot.

Avec la complicité active d’une partie de la gauche et de prétendus « camarades », qui ne se précipitent pas lorsque d’autres religions que l’islam prennent véritablement possession, elles, de l’espace public.

;tg

QUAND RADIO J FAIT LA PROMO DU F HAINE

Drôle d’idée que celle de Radio J, radio communautaire juive, d’inviter Marine LE PEN en période électorale et en période de dérapages quotidiens.

Ces dérapages quotidiens visent les arabes, les musulmans….

Inviter la présidente du partie de la haine de l’autre revient à lui décerner un brevet de respectabilité. Inespéré pour la Présidente d’un parti dont le père n’avait jamais eu, du temps de sa présidence, pareil honneur.

En ces temps de relents racistes et islamophobes, lui donner la parole sur une antenne communautaire juive peut être interprété comme legitimer ces propos envers les musulmans, par le biais d’une radio communautaire juive. En gros, faire passer un message par ricochet.

Finalement, l’inviter, sauf à faire grimper l’audimat, n’apportera rien à cette radio, ni à la communauté juive de France, que le FN déteste comme tout ce qui n’est pas catholique et blanc.

Peut-être que si les organisateurs n’entendent pas raison, il faudra aller leur dire ce 14 mars, sur place…..