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Issy-Les-Moulineaux, foyer du communautarisme ?

 

Pas un jour sans qu’on nous parle d’islam ou des musulmans dans le pays. A tel point qu’une sénatrice centriste propose un hashtag #UnJourSansParlerDeLIslam. Chiche !

On peut effectivement toujours rêver. Dans cette France aux dizaines de nationalités, le mot « communautarisme » est toujours lié aux musulmans. Deux musulmans qui prennent un verre, c’est un repli communautaire.

Concernant le rapport entre élus et citoyens, on entend encore beaucoup de choses à propos des « Molenbeek » français. Notamment sur le clientélisme supposé avec la communauté musulmane, pour acheter la paix sociale en finançant des associations de musulmans intégristes dans les quartiers.

Maintenant scénario fiction : imaginons un instant que je sois moi élu délégué à la communauté musulmane de Saint-Denis. On aurait droit à un tollé, à des pétitions, à des appels à la démission, et à des dénonciations d’un clientélisme municipal.
C’est pourtant le cas à Issy-Les-Moulineaux, mais rassurons nos concitoyens, la communauté musulmane de cette ville n’est en aucun cas choyée. L’inénarrable André Santini, Député-Maire de cette ville depuis trop d’années pour que je puisse compter, a désigné deux adjoints en charge de deux communautés : l’un en charge de la communauté juive l’autre en charge de la communauté arménienne. L’une sur la base religieuse, l’autre sur la base de l’origine.

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Conclusion : soit la République est Une et Indivisible et alors il faut que toutes les communautés soient traitées à égalité – à moins que les musulmans, les maghrébins, les portugais etc… aient déserté la ville – soit on ne différencie pas les gens selon leur origine ou religion et à ce moment-là ces délégations sont nulles et non avenues.

Il est évident qu’un élu en charge des musulmans n’aurait pas fait long feu, en cohérence et toute logique avec le racisme et l’islamophobie qui rongent la République.

 

« Etat d’urgence : les parlementaires complices de la montée de l’islamophobie »

 
La réponse à la terreur de la part de nos gouvernants a été, hélas, de
maintenir un climat de …. terreur.

S’il fallait mobiliser les moyens de l’Etat pour sécuriser le pays, fallait-il pour autant maintenir les citoyens dans un tel climat ? A tout prix ?

Les parlementaires ont très vite et très clairement tranché le débat.

Le bon sens et le pragmatisme ont laissé place à l’émotion et à l’électoralisme.

Toutes formations politiques confondues, les députés et sénateurs ont très largement voté la prolongation de l’Etat d’urgence. Une belle union nationale.

Une poignées de parlementaires s’est risquée à voter contre et doit aujourd’hui rendre des comptes.
Après le 7 janvier, le pays avait connu un climat délétère, particulièrement à l’encontre des personnes de confession musulmane, françaises ou pas.

Rien ou presque n’a depuis été fait pour endiguer ces dérives, à savoir la montée de l’islamophobie. Pourtant du CFCM ou CCIF, beaucoup d’organisations voire même de personnalités ont alerté sur la montée de ce racisme qui vise les musulmans, souvent au nom
d’une laïcité dévoyée.

Aussi, on assiste depuis le 13 novembre à une mise au ban politique,policière et judiciaire des musulmans : perquisitions de mosquées, de restaurants halal, contrôles policiers…. Tout ça participe du climat antimusulman, ce même climat qui libère la parole raciste et le passage à l’acte, notamment contre les femmes voilées, les plus vulnérables.

Plus de 1000 perquisitions, plus de 200 assignations à résidence, presque autant de fermetures administratives. On le voit bien, tout cela a davantage à voir avec la communication et la politique du chiffre qu’avec la recherche de l’efficacité. Une offensive clairement ciblée contre les musulmans. Les musulmans potentiels ennemis de l’intérieur.

Tous  les parlementaires qui ont voté ou ne se sont pas opposés à l’état d’urgence sont complices de ce climat de suspicion, de peur, et responsables aussi de la généralisation de l’islamophobie.

Aujourd’hui c’est l’état d’urgence, et l’état d’urgence c’est tout sauf l’Etat de droit.

L’état d’urgence, en voulant interdire aux gens de se rencontrer de discuter de partager et d’échanger est fascisant.

Oui, fascisant. Maintenir toutes les manifestations commerciales, laisser ouverts tous les centres commerciaux et interdire les manifestations – beaucoup d’entre elles hostiles au pouvoir – relève d’une volonté de censurer et d’interdire, et ça c’est indigne d’un Etat démocratique.

Il faut refuser ces interdictions, et manifester pour les causes qui nous paraissent justes, rien ni personne ne doit nous en empêcher.

Cantines de Chalons-Sur-Saone : un vote islamophobe

 

 

Après le collier avec une grosse pastille rouge pour ceux qui ne mangent pas de porc et jaune pour les végétariens, la croisade islamophobe continue.

Le maire Les Républicains de Chalons-Sur-Saône a donc fait voter hier une délibération supprimant purement et simplement les repas de substitution les jours de menus avec porc.

Cette décision est loin d’être anecdotique.

Elle vise évidemment à montrer du doigt une communauté en particulier et à réaffirmer que l’islam n’est pas compatible avec la République.

Si les végétariens sont également concernés par ce texte, le public cible reste les familles musulmanes.

Ce que met en exergue cette décision, c’est l’inégalité de traitement de l’usager devant le service public, ici le service public municipal.

Il n’est en effet pas acceptable qu’en fonction de la ville où l’on habite, le service public puisse être assuré totalement ou partiellement.

N’y a-t-il pas rupture d’égalité quand, inscrits dans le même service de restauration scolaire, des enfants ne mangeront pas à leur faim parce-que de religion différente ou d’habitude alimentaire différente ? Que fait-on des enfants qui ne toléreraient pas le porc ou tout autre aliment ?

La ville ne doit-elle pas assurer un service public de qualité, un repas à tous les enfants, sans aucune distinction ou discrimination ?

Le problème c’est que pour scandaleuse qu’elle soit, la décision de la ville de Chalons-Sur-Saône est légale.

Elle signifie donc que les enfants devront soit renoncer à la cantine, soit manger un repas non équilibré car incomplet.

Pour les familles populaires, le repas à la cantine est une garantie de repas équilibré, à Chalons-Sur-Saône, on interdit aux familles musulmanes d’y avoir accès.

La loi doit imposer aux communes de tenir compte des différences culturelles et alimentaires.

En 2002, le Conseil d’Etat a ainsi tranché que l’absence de repas de substitution ne méconnaissait pas la liberté religieuse. Les cantines doivent simplement permettre aux enfants d’apporter un panier-repas s’ils le souhaitent (et s’arranger pour les conserver dans de bonnes conditions d’hygiène).

Cette décision inique dédouane le service public de l’adaptabilité dont il doit à l’évidence faire preuve.

La décision de la ville de Chalons-Sur-Saône est une honte, un véritable scandale.

Féministe ou islamophobe, il faut choisir

 

 

Je dois avouer que ça fait un moment que je me dis qu’il faut écrire ce billet.

Puis on passe à autre chose, on oublie, on écrit sur autre chose et vlan, ça vous revient en pleine tronche.

Faut dire qu’il n’y a pas un jour qui passe sans que l’islam est les musulmans en prennent pour leur grade.

On va même arrêter de prendre le train.

D’aucuns vous diront qu’il n’y a pas de fumée sans feu.

Comme les abrutis qui vous disent que si une femme est violée c’est qu’elle l’a cherché.

Donc attardons-nous – un peu – sur la question du voile et de la liberté de la femme.

On assiste a une mise au ban des musulman-e-s, y compris de ceux qui sont considérés comme modérés – 2 prières et demi par jour – .

Cette déferlante islamophobe a ses relais politiques et médiatiques.

Jusque-là tout est « normal ».

Les musulmans, avec les musulmans d’apparence, ne sont plus les seuls à prendre la défense des musulmans.

Cet été nous avons assisté à une attaque venue de l’intérieur, une cinquième colonne comme la qualifierait Christian Estrosi.

En effet, cet été nous avons assisté à une offensive antivoile.

Pas antivoile à l’école, au travail, à la fac, à la piscine, à Auchan.

Non, antivoile tout court.

Cette attaque est venue d’un collectif d’Aubervilliers, ville populaire, il se nomme les Femmes sans voile.

Ces femmes, revendiquent dans le même temps avec fierté leurs origines maghrébines, leur culture musulmane, dénoncent pour certaines le racisme antimusulman…

Mais voilà. Le collectif se bat donc contre le voile, qu’il soit porté de plein gré ou pas. Partant du principe qu’il n’y a aucune bonne raison de le porter.

Ce collectif – répétons-le – de féministes, se bat donc pour les droits des femmes, sauf pour celui de porter le voile.

Ce collectif ne souhaite pas qu’une femme puisse témoigner de sa confession en se voilant, même si c’est son choix.

Ceci est de l’islamophobie, sous teinté de féminisme, je vous le concède, mais ça reste de l’islamophobie.

Avec d’autres on avait le racisme, sous couvert de laïcité. Cette variante nous change un peu.

Comment peut-on prétendre se battre pour les droits des femmes et écrire ceci dans un appel à manifester pour une journée mondiale des femmes sans voile ?

« Nous, femmes sans voile d’Aubervilliers (France), adhérons totalement à l’action lancée par des femmes sans voile au Québec, qui appellent, le 10 Juillet 2014, à une journée sans voile, afin de dénoncer la condition des femmes qui sont voilées, peu importe où elles sont, qui elles sont, ou la raison pour laquelle elles portent le hijab, le niqab, la burqa, le tchador etc. »

Dans une déclaration plus détaillée, elles affirment tranquillement : « le voile est une discrimination ».

Oui, vous avez bien lu.

Toutes les femmes voilées que je connais ou fréquente, à commencer par mes soeurs seraient de parfaites femmes soumises, incapable d’autonomie et d’émancipation ?

Les femmes de ce collectif, n’ont-elle rencontré aucune femme voilée à Aubervilliers qui porte le voile de manière volontaire et assumée ? Non. Evidemment. Uniquement des femmes soumises aux fourneaux qui préparent de quoi satisfaire leurs barbus de maris.

Quel mépris ! Elles dénoncent à juste titre le patriarcat mais infantilisent elles aussi des milliers de femmes qui ont fait des choix différents des leurs.

Si des femmes sont bafouées dans leurs droits élémentaires, et ça ne concerne pas que les femmes musulmanes, alors oui il faut le dénoncer et les aider, mais ceci mérite mieux qu’un amalgame rance permettant aux plus racistes et islamophobes de s’exprimer comme l’UFAL ou Ni Putes Ni Soumises associations signataires de cette manifestation et qui ne sont pas suspectes d’empathie envers l’islam et les musulmans.

Féministe ou islamophobe, il faut choisir.

 

 

 

Meeting contre l’islamophobie le 6 mars à Saint-Denis

Le 6 mars prochain aura lieu un meeting à Saint-Denis, contre le climat de guerre sécuritaire et pour les libertés publiques.

L’appel au meeting a été publié sur Médiapart.

Dans le même esprit, cet appel contre l’union sacrée, que nous avons été plusieurs à signer.

Nous vous attendons nombreux et nombreuses le 6 mars prochain à Saint-Denis.

 

Réponse à Jérémie Breaud et à sa lettre à #Ahmed8ans

Cher Jérémie. Vous souffrez, j’ai mal pour vous.

Il est indéniable que les faits que vous reprochez à Ahmed sont graves, mais je suis là pour vous aider.

Vous partez du principe, malgré l’usage du conditionnel, qu’Ahmed a tenu ces propos, qu’il n’a pu le faire que sous l’influence de parents dont l’adn contient des traces de jihadisme.

Votre présupposé est inacceptable, nauséabond. Culpabiliser les parents revient en fait à dire à Ahmed que ses parents sont de dangereux terroristes en puissance, qu’il est en danger avec eux. Une question ? Connaissez-vous Ahmed et sa famille ? Leur avez-vous parlé ? Ah ben non faut pas déconner, faudrait pas s’intéresser à sa vie non plus, il vaut mieux condamner d’emblée ses parents hein. D’ailleurs ils ne peuvent qu’être pétris de haine, leur gamin s’appelle Ahmed et les parents seraient semble-t-il musulmans, au moins d’apparence.

Encore une fois, étiez-vous présent lors de ces événements ? Non, pas plus que moi.

Le couplet sur les morts pour la France, c’est beau. Beau mais pas crédible. Oui beaucoup de gens sont morts pour la France, c’est vrai, notamment des gens dont on parle peu, des soldats venus des anciennes colonies, des anciens protectorats. Avec la reconnaissance que l’on sait, des chibanis aux harkis en passant par les foyers de migrants. Dont un paquet de musulmans, vous savez ces gens qui ont une religion incompatible avec les valeurs de la République.

Vous reprochez à Ahmed de se cacher derrière la liberté d’expression. C’est d’un courage et d’un haut niveau de réflexion… Ahmed a 8 ans, et vous lui parlez comme si c’était Dieudonné. Je vous recommande décrire directement à ce dernier, vous gagnerez du temps et un peu de crédibilité. Quant à la liberté d’expression, elle est vous le savez à géométrie variable, et on en reparlera quand l’islamophobie sera elle aussi un délit. Liberté, Egalité, Fraternité, c’est valable aussi pour les musulmans, non ?

Je ne suis pas d’accord avec vous sur un autre point. L’équipe éducative, en faisant appel aux autorités, n’est pas allée assez loin. A mon sens ils auraient dû attacher Ahmed à un radiateur et lui confisquer son pistolet à eau en attendant leur arrivée. Plus sérieusement, en appeler à la police, aux médias, pour ce qui aurait dû être réglé dans l’intelligence collective, montre que l’intelligence et le discernement ne sont pas l’apanage de tous. Si le gamin s’était appelé Hugues, ou tiens Jérémie, on aurait appelé ses parents et on aurait discuté.

Vous en venez à la fameuse caricature. Vous demandez à Ahmed de dire à son père que ce n’était pas méchant. Avec un ton moralisateur, paternaliste. Le papa d’Ahmed vous a-t-il présenté une carte de musulman ? Beaucoup ont vécu cette caricature comme une violente provocation qui plus est inutile contre les musulmans. Vous défendez la liberté d’expression, souffrez donc qu’on puisse dénoncer et combatte cette caricature, sans faire de ces gens-là des terroristes en puissance, la cinquième colonne.

Vous demandez ensuite à Ahmed d’aller à l’école de façon régulière et suivie. C’est charmant de vous préoccuper de son avenir, mais pour information, il a déjà des parents et nul besoin de tuteur moral.

Vous pensez qu’Ahmed vous a attendu pour aller à l’école assidûment, que ses parents sont trop stupides pour mesurer l’importance que revêt l’éducation, même si celle-ci est loin d’être nationale, en tous points du territoire ? Votre morale, votre ton paternaliste me font penser aux postures des colons : « tiens-toi bien et tout ira bien ».

Avant de faire la leçon aux autres, apprenez non pas à les mépriser mais à les respecter.

 

Les restos du coeur sans pitié avec les femmes voilées

Les restos du cœur refusent les bénévoles portant le voile. Il m’avait échappé que cette asso était un service public ou une officine du FN, voire de l’UMP, ou en ces temps troublés, du PS.

Les raisons ? Je m’en tape, aucune n’est acceptable, quand il s’agit de refuser l’aide bénévole d’une femme dans une association caritative.

Ils ont peur de quoi, que les femmes voilées mettent un Coran dans le sac en ajoutant en chuchotant : « tiens, juste après avoir mangé le cassoulet, fais des ablutions, lis ça tu m’en diras des nouvelles inchallah ».

Déjà, on connaissait l’exclusion des femmes voilées lors des sorties scolaires. Ce scandale avait donné naissance au collectif mamans toutes égales.

Les femmes musulmanes, voilées ou non, ont le droit de cotiser à la coopérative, faire des gâteaux, de préférence des makrout, c’est tellement exotique, mais pas de participer à la vie éducative de leurs enfants ? C’est quoi ce pays ?

Du coup, les restos du cœur, par leur ostracisme envers les musulmanes, vont décourager ces femmes qui voulaient donner de leur temps ailleurs que dans des associations communautaires.

Quand elles iront toutes bosser au secours islamique, on ira dire que ces associations ne sont pas très ouvertes, quand bien même elles servent des repas à tous, musulmans ou pas.

Coluche, à coup sûr, en aurait gros sur la patate et aurait mis une grosse patate au président des restos du cœur, tenant de cette ligne raciste.

En attendant, il va falloir se battre pour que ces femmes voilées puissent être vues comme autre chose que des femmes soumises, arriérées et dangereuses.

Bienvenue en Rance.

 

 

Estivales du Front de gauche : retour sur l’atelier ‘racisme anti-musulman’

Les Estivales du Front de gauche (FDG) se sont tenues du 23 au 25 août près de Grenoble.

De nombreux ateliers étaient organisés, réunissant des centaines de personnes, élus, militants, sympathisants.

Un atelier a retenu toute mon attention. Son intitulé : « Un nouveau racisme, le racisme anti-musulmans ? « . Outre que le point d’interrogation me parait superflu, il me tardait d’écouter les intervenants, surtout dans un contexte marqué par une recrudescence des actes de violence visant les musulmans de France.

Pour ce qui me concerne, j’avais déjà exprimé mon malaise à mes camarades du FDG, via un billet qui m’a valu félicitations et remontrances. En fait non, via deux billets, le second visait plus précisément le positionnement d’Alexis Corbière, Secrétaire national du Parti de gauche, et conseiller de Paris, qui n’avait pas manqué de me répondre. Il était l’un des intervenants à cet atelier.

C’est donc dans ce contexte que se déroulait cette rencontre. Une salle bondée, peuplée majoritairement de non-musulmans d’apparence. A l’image des formations politiques de France.

Les intervenants se sont succédés afin de donner leurs points de vue. Tous ont répondu à la question posée dans l’intitulé de l’atelier. Tous ont répondu positivement.

Personne donc, n’a nié l’existence d’un racisme visant particulièrement les musulmans.

C’est sur la conception de la laïcité que les débats ont achoppé.

Beaucoup en ont une définition étriquée qui revient à faire de la laïcité la lutte contre les religions, quelles qu’elle soient.

D’autres la définissent comme un cadre dans lequel chacun peut faire valoir ou non sa liberté de conscience. Sa croyance, ou sa non-croyance.

Une chose est sûre, les avis divergent énormément, et on a encore du boulot.

Les contradictions sont énormes.

Un exemple. Le Parti de gauche a condamné la décision de la Cour de cassation concernant l’affaire de la crèche Baby Loup.

Cette décision allait dans le sens de la nounou à qui l’on souhaitait empêcher de porter le voile sur son lieu de travail, à savoir une crèche privée.

Dans nos quartiers, beaucoup de femmes travaillent dans le secteur de la petite enfance, notamment à domicile, mais aussi dans des structures de garde privées.

Les empêcher de porter le voile les exclura tout bonnement du marché du travail, de la société.

Elles seront alors contraintes de rester chez elle, dépendantes à 100 % de leurs conjoints.

Sans compter qu’elles seront privées des liens qu’elles pouvaient nouer dans le cadre professionnel.

Dans le même temps, celles et ceux qui se seront battus pour que ces femmes enlèvent leurs voiles, nous feront des discours sur la nécessaire émancipation de la femme dans les quartiers et blablabla et blablabla.

Eléments importants qu’est venue préciser une militante de l’association « Mamans toutes égales », rappelant que des mamans sont encore exclues des sorties à l’école pour le seul fait de porter le voile, mais qu’on les appelle systématiquement pour faire des gâteaux lors des kermesses.

Il en va de même pour les lieux de culte. Je ne comprends toujours pas qu’on ait pu s’opposer au projet d’agrandissement de l’Institut des Cultures d’Islam à Paris, qui prévoyait que deux salles soient vendues à des associations cultuelles.

D’un côté on vote contre un projet permettant de fournir des lieux de culte décents, et de l’autre côté, on se plaint des nuisances occasionnées par des prières de rue.

L’absence de foncier sur Paris est telle que cette opération de la ville de Paris est juste du bon sens.

Le positionnement de Charlie Hebdo s’est invité à de nombreuses reprises dans le débat.

Tous ont défendu la liberté d’expression. Charlie Hebdo a en effet le droit de faire des unes clairement anti-musulmanes.

Cette liberté d’expression doit aussi nous autoriser à dire que ces unes puent, et que dans le contexte de montée croissante de la haine contre les arabes et les musulmans, Charlie Hebdo aurait été bien inspiré de se montrer intelligent.

La plus grande tension a été palpable au moment où certains ont dit que la laïcité servait de voile à certains pour masquer leur haine de l’islam. Y compris à gauche.

Comme si être de gauche immunisait contre le racisme ou la haine de l’autre.

Je suis convaincu que la laïcité a été dévoyée, permettant à certains d’avancer leurs pions pour tenter de rendre invisible la religion musulmane dans l’espace public.

C’est peine perdue. Une double peine. Non seulement c’est impossible, mais en plus, dangereux, car ça incitera nos amis musulmans à plus de repli et d’entre soi.

J’ai une proposition à vous faire camarades : et si on leur lâchait la grappe aux musulmans ?

 

 

 

 

Nabil Ennasri: histoire d’une imposture.

Nabil Ennasri : histoire d’une imposture.

 

Nabil Ennasri a la trentaine bien assumée, la barbe bien taillée.

Il se définit comme chercheur et spécialiste du Qatar. Ce pays est au cœur du livre qu’il a récemment publié, L’énigme du Qatar.

Il s’est d’abord fait connaitre auprès de la communauté musulmane pour ses prises de position en faveur de ses « frères palestiniens » à travers le Collectif des Musulmans de France (CMF).

Il s’est vite rendu compte que la concurrence était rude sur le « marché » du soutien à la Palestine.

En quête de reconnaissance, notre homme opte alors pour la diversification et son choix se porte sur un pays particulièrement porteur : ce pays n’est autre que la Qatar.

Derrière son sourire et ses allures d’homme moderne, se cache en réalité une personnalité des plus conservatrices. Porteur d’une vision sectaire et caricaturale de l’islam.

A son actif : des propos violemment homophobes, la question de la Palestine réduite à une querelle de clochers, et des ambitions politiques avec comme objectif de draguer l’électorat musulman.

Histoire d’une imposture.

 

Nabil Ennasri, le « Qatarologue »

Plantons le décor. Si Nabil Ennasri se présente comme un spécialiste du Qatar, un « Qatarologue », il n’en est rien. Comme le rappelle un article paru dans Libération, « s’il a bien étudié les relations internationales à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, Ennasri est avant tout un Frère musulman, et un disciple de Youssef Al Qaradaoui ».  Son mentor dont on reparlera un peu plus loin dans cet article.

Al Qaradaoui fut il y a quelques années « l’invité de prestige de l’Institut européen des sciences humaines de Château-Chinon ». On y forme les imams de l’UOIF et Nabil Ennasri y a étudié  de 2008 à 2010. Mettons ça sur le compte du hasard.

Sa « spécialisation » sur le Qatar lui a permis de lier business et religion.

Pour s’assurer une notoriété, Nabil Ennasri, comme beaucoup, s’est appuyé sur le monde associatif.

Le CMF n’a été qu’un tremplin, une étape. Ce collectif  « fondé en 1992, avait pour vocation de libérer la communauté musulmane française de la tutelle des puissances étrangères ».

Nabil Ennasri ne fait plus l’unanimité au CMF. Selon certains, «Ennasri a fait du CMF un organe ultralibéral et complaisant à l’égard du Qatar. Il ramène le CMF dans le giron de l’UOIF. C’est toute l’histoire de cette association qui disparaît peu à peu.»

Malgré tous les efforts qu’il déployait pour y parvenir, vous n’aviez pas encore entendu parler de Nabil Ennasri ? Tout ça devait changer…

Quelle meilleure arme qu’un livre pour asseoir une notoriété et s’acheter une crédibilité ?

C’est chose faite avec un livre préfacé par Pascal Boniface.  Une préface qui se veut un gage de respectabilité, un signe de reconnaissance.

Ce livre, c’est L’énigme du Qatar. II y dresse un portrait habile de cette dictature pétrolière. Pas assez pour ne pas voir que Nabil Ennasri  voue une admiration sans bornes à ce petit paradis pour tortionnaires et milliardaires.

Voilà comment il présente son livre sur son blog : « Ni éloge, ni pamphlet, juste un regard objectif et dépassionné sur ce petit pays qui veut faire partie des grands. Si vous voulez tout savoir sur le Qatar, c’est ici. »

Assurément, ce n’est ni un pamphlet, ni un pamphlet ! Ce livre est une succession de constats, qui feignent l’objectivité. On y lit l’histoire des clans, le « miracle économique » (rien de miraculeux au vu des abondantes ressources naturelles), un peu la politique étrangère, ou ce qui veut se faire passer pour une politique étrangère, et puis….. Khalass (rien d’autre en arabe).

En gros, ce livre pourrait être un rapport commandé par le régime Qatari lui-même. Il n’est en effet question dans ce livre d’aucune condamnation ferme de ce régime autoritaire. Pire, l’auteur du livre s’est exprimé pour dire que ce pays est « l’un des pays du Golfe où la parole publique, voire contestataire, peut s’exprimer de la manière la plus libre ». Message reçu cinq sur cinq par les organisations de défense des droits de l’Homme.

Pour se convaincre de ce que nous dit notre « Qatarologue », il suffit de consulter les baromètres consacrés à ce délicieux pays pour se convaincre de l’attention toute particulière que porte sa Majesté aux libertés.

Une telle mansuétude de la part de notre auteur à l’égard de ce régime laisse pour le moins perplexe.

Aussi, n’est-il pas légitime de s’interroger sur les raisons qui font que ce dernier soit si mielleux avec ce régime?

N’est-il pas légitime de se demander dans quelles conditions il se rend au Qatar ? S’il y rencontre les ONG et la société civile en dehors des structures inféodées au régime ?

Comment et par qui sont financés ses séjours ? Est-il un énième invité du régime, un autre de leurs laquais ?

Ce que l’on sait d’ores et déjà, c’est qu’en mai dernier il a produit un rapport pour le Al Jazeera Center for Studies. Un think-tank qui se définit comme une extension du réseau Al Jazeera. Un rapport sur les liens entre le Qatar et l’Ethiopie.

Précisons qu’en 2008 l’Ethiopie a rompu ses relations diplomatiques avec le Qatar qui déjà à l’époque finançait les rebelles « islamistes » dans ce pays d’Afrique.

 

Nabil Ennasri, les arabes et l’islam

Comme je l’ai précisé au début de cet article, Nabil Ennasri est fan du Cheikh Al Qaradaoui.

Youssef, de son prénom, est un célèbre télé-évangéliste – ou imam cathodique –  qui sévit sur la chaîne Al Jazeera.

Une chaine qui appartient donc à l’Emir du Qatar. Mettez-moi ça encore une fois sur le compte du Qatar, pardon du hasard.

Détail important et éclairant, ce cher Cheikh (dit à haute voix, c’est pas facile) est réfugié au Qatar. A ce compte-là c’est plus le hasard, c’est la providence !

Nabil Ennasri boit littéralement les paroles de son mentor : « dès le début de la révolution du Jasmin, il a apporté sa caution religieuse à ce mouvement qui allait balayer la dictature  tunisienne…»

Les révolutions arabes ont été une occasion en or pour Al Qaradaoui et ses proches de se débarrasser de régimes liberticides pour instaurer d’autres régimes tout autant attentatoires aux libertés mais cette fois basés sur une interprétation ascétique de l’islam.

La seule motivation dans cette histoire était la possibilité – enfin – de donner à la religion une place centrale dans ces pays, place jusque-là niée par les régimes autoritaires égyptien et tunisien.

Bien qu’ayant grandi et étudié en France – pays aux dizaines de nationalités et au foisonnement culturel inégalé – il ne parle pour ainsi dire que des arabes et des musulmans.

Je n’ai aucun problème avec la religion. Bien que non-croyant, j’assume parfaitement le fait d’être vu, perçu, comme un musulman (d’apparence dira Sarkozy).

Cependant, j’ai vraiment du mal avec les personnages publics qui ne parlent que de religion alors qu’officiellement ce n’est pas leur vocation.

Souvent, quand je lis Nabil Ennasri, je crois avoir affaire à un imam.

Il est mono-obsessionnel, comme en témoigne sa page Facebook. Un peu comme s’il se sentait investi d’une mission de droit divin.

C’est terrible de se dire qu’on ne peut probablement pas compter sur lui si d’autres communautés sont attaquées, discriminées ou insultées. Qu’on ne le verra jamais donner son avis sur la dette, la pollution ou l’élevage des saumons en batterie.

Récemment, il a tout de même appelé à manifester en soutien à Clément Meric, ce militant antifasciste assassiné par un néonazi. Je me suis dit qu’enfin il cessait d’avoir l’indignation sélective. Mais j’ai vite compris que c’était une stratégie. Il était question d’apparaitre solidaire pour mieux dénoncer la disproportion dans la mobilisation quand il s’agit d’une agression visant la communauté musulmane. Tout est calculé. Je m’autorise cette digression : il a dit qu’il y serait avec des « frères ».  Entre ces « frères » – ci et ses « frères » palestiniens j’espère qu’il a au moins la carte famille nombreuse.

J’expliquais dans ce billet que Clément avait effectivement du monde pour le soutenir. Ce qui n’est pas le cas des musulmans agressés, par la faute notamment des musulmans eux-mêmes, trop occupés à savoir qui va diriger le mouvement contre l’islamophobie – bien réelle – en France. Un mouvement qui gagnerait à s’élargir et à ne pas être la chasse gardée des seuls musulmans.

Car rappelons-le : on n’a jamais atteint un tel niveau de haine contre les arabes et les musulmans dans ce pays !

Alors pour être franc, j’en ai un peu assez de ces représentants autoproclamés qui pensent parler au nom des musulmans, quand ils n’en représentent qu’une infime minorité.

D’une part, ils ne le font bien souvent qu’à des fins personnelles, et d’autre part ils le font de manière tellement caricaturale qu’ils prêtent le flanc à des attaques islamophobes, comme on a pu le voir avec Véronique Genest et Caroline Fourest, à qui l’islam file de l’urticaire.

L’écrasante majorité des musulmans de France – et c’est heureux – ne ressemble ni à Hassan Chalghoumi, ni à Nabil Ennasri.

Chers lecteurs, si vous n’êtes pas arabe ou musulman, vous n’intéresserez pas notre auteur.

Si vous avez le malheur d’être homosexuels, vous risquez de provoquer chez lui un irrépressible rejet.

 

Nabil Ennasri, ou l’homophobie comme étendard

On a pu le vérifier récemment lors du débat sur le mariage pour tous. Beaucoup de musulmans se disent hostiles à ce mariage car leur foi proscrirait l’homosexualité. Il parait aussi que le Coran proscrit l’alcool.

Ce même alcool qui coule à flots dans les suites présidentielles qataris des amis d’Ennasri. Je m’égare du droit chemin. Pardonnez-moi.

Récemment, Tariq Ramadan, très écouté dans la communauté musulmane, affirmait qu’on pouvait être homosexuel et musulman.

Donc, au cours du débat sur le mariage pour tous, beaucoup de musulmans ont eu la sagesse et l’intelligence de ne pas prendre position contre ce projet de loi, en se plaçant au-dessus de tout jugement moral. En refusant également d’aller manifester contre une loi qui accordait plus de droits à une communauté sans en enlever à qui que ce soit.

L’intelligence n’étant pas contagieuse, Nabil Ennasri a publié une tribune signée par certains de ses coreligionnaires dans laquelle il assimile homosexualité, pédophilie et inceste. Trois mots comptent triple.

Ledit article est illustré par une photo où l’on peut lire « un papa et une maman y’a pas mieux pour un enfant ». J’ai envie de rajouter : « un cerveau pour deux, ce n’est pas forcément mieux ».

Ce texte, qui stigmatise les homosexuels, n’a suscité aucune réelle critique.

Ainsi, quelques jours après avoir publiquement œuvré pour la stigmatisation des homosexuels, il signe une tribune où il demande l’arrêt de la stigmatisation ….  des musulmans. Nabil Ennasri ne brille donc pas non plus par sa cohérence.

Sur sa lancée, il allait lyncher plus globalement les soutiens au mariage pour tous dans un tel fourre-tout que je ne suis pas sûr qu’il puisse en assurer la transcription.

Accrochez-vous c’est du très très lourd (dans tous les sens du terme).

Alors que le mariage pour tous est voté voilà ce qu’il publie sur sa page Facebook«  je profite du vote de la loi dite du « mariage pr tous » pr exposer cette réflexion. Voici ce vers quoi on somme la communauté musulmane de se diriger : une acceptation de l’homosexualité et une validation du discours de légitimation d’Israël et de son occupation des territoires palestiniens. »

Pas la peine de relire, j’ai relu 20 fois, il n’y a rien à faire. Cette publication est débile. Pire, il est dangereux. Il avalise la thèse selon laquelle si tu es ouvert d’esprit, contre l’homophobie, t’es forcément du côté des colons israéliens, un soutien à l’occupation. Je cherche encore le lien…

Il ne vaut guère mieux que ceux qu’il dit dénoncer.

Plus récemment, le 26 mai, décidément très en forme, il écrivait ceci : « Comme toutes les traditions monothéistes, l’islam condamne l’homosexualité. De même que le bouddhisme. Et je n’ai pas besoin, pour être « dans le mouv' », d’affirmer le contraire. Ma dignité ne dépend pas du regard des autres. Elle s’évalue dans la fidélité que je porte à ma croyance. Oui, le progrès c’est aussi d’avoir le courage de dire non quand il le faut. Et qu’on ne vienne pas ns dire qu’on est homophobe. De la même façon, on rejettera toute violence contre les homosexuels. »

Que c’est mignon. La tribune citée plus haut n’était-elle pas d’une rare violence ? Un appel à la haine et au rejet des homosexuels ?

Vous aurez noté vous aussi le : « Et qu’on ne vienne pas ns dire qu’on est homophobe ». La version homophobe des racistes qui te disent qu’ils ne sont justement pas racistes, vu qu’ils côtoient des arabes dans leur épicerie….

Nabil Ennasri, le Qatar, la démocratie et la banlieue

Le Qatar, comme Nabil Ennasri, a opté pour la diversification. Ce pays  cherche à parfaire son image, y compris dans les banlieues.

Pour cela, une seule solution, toujours la même : arroser de pétrodollars.

Arroser les jeunes de banlieue pour les aider à monter leur boîte n’a pas été possible. Du coup, le Qatar s’est tourné vers l’associatif, qui très souvent peine à trouver des fonds à la hauteur des ambitions. Mais pas n’importe quelles associations : les associations qui se revendiquent de l’islam.

Après s’être rapproché du CMF, le Qatar aurait jeté son dévolu sur le Comité contre l’islamophobie en France (CCIF) mais surtout sur le centre culturel Tawhid, à Saint-Denis.

Le 31 mai dernier, le centre Tawhid a annoncé sur sa page Facebook avoir exclu Nabil Ennasri de sa direction. Ce centre est un lieu culturel et cultuel très fréquenté, où l’on peut apprendre l’arabe et/ou le coran. C’est aussi un lieu de culte.

Ce centre aurait donc un temps été financé par les plus rigoristes des musulmans :  les sunnites qataris.

Il a accueilli entre autres progressistes, Rached Ghannouchi, fondateur du parti tunisien Ennahda, au pouvoir en Tunisie. Un homme qui avait pensé, un temps, inscrire la charia dans la Constitution. Charmant.

Jusque récemment, le centre Tawhid où Nabil Ennasri avait donc ses habitudes, levait des fonds dans le Golfe et notamment au Qatar.

La question est : où sont allés ces fonds ?  A qui ont-ils servi ? Ont-ils servi d’autres desseins que la simple pratique religieuse, comme les ambitions politiques de Nabil Ennasri dont on parlera plus tard ?

Se prétendre démocratique et se faire financer par des autocrates ne répond pas à la plus élémentaire des logiques.

Le Qatar passe en effet son temps à donner des leçons de démocratie tout en jetant en prison le moindre opposant.

Rappelons à toutes fins utiles que ce pays s’applique tellement à lui-même ses recettes démocratiques que dans cet îlot de 150000 habitants, l’une des seules libertés demeure celle de subir des châtiments corporels ou la détention arbitraire.

Les associations, partis politiques et syndicats y sont bannis.

Dans le classement des Etats via l’indice de démocratie, « le Qatar est 138e sur 167 États,  derrière le Bélarusse ».

Par ailleurs, plus d’un million et demi de travailleurs vivent et travaillent dans des conditions déplorables que les ONG qualifient d’esclavage moderne, privés de leurs papiers, sous-payés…..

Concernant la justice rappelons que pour avoir publié sur Internet une plaisanterie sur l’Emir Al-Thani, un poète qatari (Mohammed Al-Ajami, alias Ibn Al-Dhib) a été condamné à 15 ans de prison.

A ce sujet, Nabil Ennasri n’a formulé aucune demande de libération immédiate, lui qui a pourtant ses entrées chez l’Emir.

Le mot démocratie est prononcé – à défaut de se voir appliqué – une fois par an au Qatar, à l’occasion du pompeux  «New or restaured democracy» où se pressent beaucoup d’intellectuels, pour le coup assez faussaires.

Un pays qui a si peu à faire chez lui qu’il préfère s’occuper des affaires intérieures des autres, en Egypte, en Tunisie, en Syrie, avec un seul fil rouge, l’islam politique.

 

Nabil Ennasri et l’engagement politique

Je vous ai gardé le meilleur pour la fin. Nabil Ennasri habite Saint-Denis.  Tout comme moi.

En plus de son irrésistible envie de passer à la télé, il rêve d’embrasser une carrière politique.

Pour ce faire, il a contribué à créer le RCI (Rassemblement Citoyen Indépendant) à Epinay-Sur-Seine en janvier 2012 et a animé de nombreuses conférences sur le thème de l’engagement et de la citoyenneté, au centre Tawhid.

Ce parti a été lancé publiquement avec Nabil Ennasri. S’appeler Rassemblement Citoyen Indépendant et être représenté par le président du CMF, on a déjà connu plus indépendant comme démarche.

Nabil Ennasri ne cache pas ses velléités pour les municipales Saint-Denis. Des tracts du RCI ont déjà été distribués à cet effet. Sur sa page Facebook, des publications des 26 et 31 janvier 2013 le confirment.

Il est allé en délégation au conseil municipal de Saint-Denis. Il s’est d’ailleurs vanté d’y être venu avec une femme voilée.

Hélas je n’y étais pas cette fois-là. Je lui aurais dit qu’un conseil municipal, par définition, est public. Les femmes peuvent y assister, voilées ou non. Nous ne sommes pas au Qatar. Je lui aurais dit qu’on ne l’a pas attendu pour voir que les musulmans sont stigmatisés, et qu’on ne l’a pas attendu non plus pour travailler en bonne intelligence avec certains de leurs représentants.

Du coup, je me pose véritablement la question : qui financera cette campagne ? Les adhérents ? L’Emir du Qatar ?

L’hostilité manifeste qu’il dégage à l’égard de cette municipalité progressiste fait craindre le pire. Une offre électorale en direction des seuls musulmans.

La réponse au rejet des arabo-musulmans par la classe politique ne peut en aucun cas avoir pour base un quelconque entre soi.

Saint-Denis et la République méritent mieux que ça.

Le maire de la ville et les communistes sont donc la cible de Nabil Ennasri. Il a raison. D’ailleurs, le maire déteste tellement les musulmans qu’il a permis la construction d’une grande mosquée en mettant à disposition un terrain près de l’Université Paris 8.

Autre argument de haute tenue de la part de notre «  Qatarologue » : la ville de Saint-Denis ferait le jeu de la colonisation et de la spoliation des Palestiniens. Rien que ça !

Le 23 janvier 2013 sur sa page Facebook, il écrivait : « on assistera au Conseil municipal. On interpellera les élus sur cet accord de jumelage signé avec une ville israélienne. Pas question que nos impôts servent à promouvoir une politique de spoliation d’un Etat hors-la-loi ».

Je vous l’annonce ici : Il n’a jamais interpellé la ville à ce sujet. La seule interpellation dont j’ai le souvenir est la suivante : il a demandé à la ville d’acheter son livre et d’organiser des rencontres littéraires afin d’en débattre. Pas de cohérence, mais un sacré culot.

Pour en revenir à ses attaques sur la Palestine, force est de constater qu’Il semble aussi objectif quand il s’agit de la question palestinienne que lorsqu’il nous parle du Qatar.

Oui, Saint-Denis a signé un accord de coopération avec une ville Israélienne. Cette ville s’appelle Nazareth, la plus grande ville arabe située dans le nord d’Israël. Cette ville est donc peuplée de ceux qu’on appelle les Palestiniens de 48. Ceux qui ont pu rester, résister au moment de la Nakba, quand les Israéliens forçaient les Palestiniens à quitter terres, familles et maisons.

Mais Nabil Ennasri vaut probablement mieux que les Palestiniens de 48 qui vivent, eux, en Israël.

Les habitants de Nazareth en sont les descendants, les héritiers, la mémoire. Cette ville, peuplée exclusivement d’arabes, a peut-être deux torts pour Nabil Ennasri, être sur territoire israélien et avoir un maire arabe, mais communiste et chrétien.

La lutte pour les droits des Palestiniens, Nabil Ennasri, comme beaucoup en France, semble en faire une question de musulmans.

Il n’entrevoit la question éminemment politique de l’occupation en Palestine que sous le seul prisme religieux.

C’est sûrement pour cela que ses destinations favorites quand il se rend en Palestine sont Al Aqsa (annexée par Israël) et Gaza. Vision réductrice, vision destructrice.

Dans quelles autres villes palestiniennes s’est-il rendu ? A-t-il rencontré des ONG arabes ou israéliennes ? Si oui, lesquelles ?

Concernant Israël, je ne peux résister au plaisir de partager avec vous les délicieux propos de son mentor Al Qaradaoui, qui érige la haine du juif comme principe. Ses propos lui ont valu d’être interdit de territoire français.

Nabil Ennasri, quant à lui, n’a jamais condamné publiquement ces propos.

Sur cette question enfin, notons que le Qatar a clairement choisi le camp israélien en soutenant le Hamas et en encourageant la division inter-palestinienne. Le Qatar finance le Hamas et l’a mis sous la coupe des Frères musulmans.

Le chef du Hamas Khaled Mechaal est lui est aussi exilé au Qatar. Encore une coïncidence…  Le Qatar, encore lui, a négocié avec Israël la récente visite de Mechaal à Gaza.

 

Les relations des pays sunnites avec Israël ne semblent pas poser de problèmes à notre « Qatarologue ». Si Israël est bien un Etat hors-la-loi, le Qatar a attendu 2009 pour rompre ses relations diplomatiques avec Israël avant de vite les renouer secrètement comme l’ont rapporté des sources publiées par wikileaks.

Ce même Qatar qui s’apprêterait à confier la sécurité du Mondial de foot de 2022 à Israël.

Pour refermer le chapitre sur Nabil Ennasri, que dire ? Cet homme milite, quoi qu’il dise, pour le repli communautaire, en alimentant à terme les tensions entre communautés.

Il semble prêt à tout, à condition d’assurer son petit confort, et ses passages radio et TV. Il se détermine uniquement en fonction de sa foi. On en revient toujours au même point : une vision du monde arabe, de l’islam et du Qatar qu’il veut objective alors que tout est vu et apprécié sous le prisme religieux, inévitablement subjectif.

Pour Nabil Ennasri, pas de place pour la mixité et le mélange, l’ouverture et la tolérance. Priorité à l’entre soi, quitte à engendrer une consanguinité intellectuelle et morale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les musulmans, éternels coupables

Mérah, Londres, La Défense, Toulouse, Montauban… Point commun ? Les musulmans.

Quand une personne dite de confession musulmane commet un acte répréhensible soi-disant au nom de l’islam, alors tous les musulmans deviennent co-responsables de cet acte.

Même moi, qui n’a de musulman que l’apparence – merci Nicolas Sarkozy- je suis enrôlé de force, pris dans cette spirale anti-musulmane.

Y’a quand même au moins deux trucs qui clochent.

D’abord, toute personne censée devrait se dire que quelqu’un qui agresse ou tue une ou plusieurs personnes cesse de fait d’appartenir à la communauté des croyants. Et ce, musulman ou pas.

Que de fait, cet individu entre à pieds joints dans la communauté des malades mentaux, des déséquilibrés  et que ces gens là ne sont pas plus croyants ou pratiquants que Nabilla est intelligente.

Ensuite, le traitement de la chose musulmane dans ce pays a quand même de quoi surprendre. Dès qu’un musulman ou quelqu’un présenté comme tel fait une connerie, tout le monde se met en branle pour exiger que tous les musulmans de France et de Navarre s’excusent séance tenante et se désolidarisent du ou des fautifs.

Quand des prêtres ou des évêques sont reconnus coupables d’attouchements sur des enfants, je n’ai pas le souvenir qu’on demande à tous les chrétiens de présenter des excuses officielles et d’endosser une part de responsabilité.

Il en est de même pour les juifs, ce traitement de faveur étant réservé aux seuls musulmans.

C’est surtout révélateur d’un état d’esprit : demander aux musulmans de condamner des actes violents revient à penser que cette religion est intrinsèquement destinée à reproduire la violence à travers des croyants potentiellement dangereux pour la société.

Du coup, ça n’aura pour seul effet que de ressouder les plus extrémistes chez ceux qui se proclament musulmans, et ça fera les beaux jours du Parisien et de BFMTV.

Et si ça c’est pas du racisme….